Museum of Modern and Contemporary Art in Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

The statues also die

The Daniel Cordier collection
From 9 november 2018 to 10 february 2019
 
les Abattoirs
Façade de la galerie Daniel Cordier, 8 rue de Miromesnil à Paris

This exhibition aims to show the link between the documentary film The statues also die and the collection Daniel Cordier, in deposit to les Abattoirs since the opening in the year 2000.

Les statues meurent aussi est un documentaire français réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953. Il s’agit d’une demande du collectif Présence Africaine qui voulait un film traitant de l’art appelé "nègre" depuis le début du siècle. Le documentaire questionne le fait que l’art africain était présenté dans les collections du  Musée de l’Homme comme des objets ethnographiques alors que l’art grec était présenté au sein du temple des beaux-arts, le Musée du Louvre.

En ce début des années 1950 et dans le contexte des guerres de décolonisation (guerre d'Indochine, guerre d’Algérie), il était encore impensable de considérer que les peuples africains pouvaient réaliser de l’art au sens occidental du terme. Resnais et Marker en donnant un sens anticolonial à leur film ont subi dix ans de censure.

Cette exposition s’attache à montrer le lien entre ce film et la collection Daniel Cordier, en dépôt aux Abattoirs depuis l’ouverture en l’an 2000. Dans cette collection, il s’est efforcé de mettre en place un principe d’équivalence entre des objets extra-occidentaux et les œuvres d’art occidentale. En débutant cette collection dans les années 1950, puis en entremêlant l’art de toutes les origines,

Daniel Cordier se place en rupture avec la pensée coloniale et rejoint l’appel des surréalistes qui, dès l’entre-deux-guerres, avaient lancé "ne visitez pas l’expo coloniale" et organisé une contre exposition à l’exposition coloniale de 1931. C’est cette volonté humaniste que l’on retrouve chez Daniel Cordier et dans cet accrochage qui fait écho au titre fondateur de ce film.