les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

"L'utopie artisanale", discussion avec Suzanne Husky, Mai-Thu Perret et Thomas Golsenne

Jeudi 13 janvier à 18h30
Auditorium des Abattoirs - entrée libre
© Mai-Thu Perret, "New From Nowhere I", 2019, tapisserie en laine de haute lisse faite à la main, 215 x 147 cm, courtesy the artist and Simon Lee Gallery, photo Kitmin Lee.

Le fait-main, l'artisanat, font depuis quelques années leur grand retour dans l'art contemporain, ainsi que des médiums comme la céramique ou le textile. Ce mouvement correspond à une tendance de fond dans la société, la critique du technologisme, de la dématérialisation des objets et des rapports sociaux. Cette critique n'est pas nouvelle. À la fin du XIXe siècle, l'artisanat paraissait un recours contre l'industrialisation moderne. On associait alors artisanat, Moyen Âge et utopie socialiste. Qu'en est-il aujourd'hui ? L'artisanat vu et pratiqué par les artistes est-il porteur du même imaginaire ? Discussion avec deux artistes, Suzanne Husky et Mai-Thu Perret, dont le travail fournit des réponses inspirantes à ces questions.

La production pluridisciplinaire de Mai-Thu Perret, artiste suisse d'origine franco-vietnamienne née en 1976 à Genève, se déploie à travers différents médiums aussi variés que la sculpture, la peinture, la vidéo, le son, mais aussi le texte ou même encore la céramique. Marquée par les mouvements avant-gardistes du XXe siècle et par les philosophies orientales, l'œuvre de Mai-Thu Perret comporte de nombreuses références culturelles, historiques et littéraires. Mai-Thu Perret a remporté le Zurich Art Prize ainsi que le Manor Art Award Geneva.

Suzanne Husky est une artiste franco-américaine, formée en art et paysagisme qui vit et travaille en France et à San Francisco. Sa pratique est pluri-disciplinaire et va de la conception de jardins, à la céramique en passant par la sculpture et la vidéo. Elle explore des problématiques liées à la relation complexe entre les hommes et la nature. Ses réalisations prennent la forme de portraits photographiés ou filmés de personnes ayant développé des relations singulières et intenses avec les plantes, les animaux et la terre. Parfois ce sont les matériaux qu’elle choisit, qui évoquent une histoire du paysage, en lien avec l’exploitation de territoires comme des pots en boue de forage, des faïences en terre locale ou des sculptures en matériaux trouvés. Ses pièces engagent des rencontres et des collaborations variées avec des historiens, habitants et artisans de chaque lieu.

Maître de conférence en histoire de l’art et études visuelles à l’Université de Lille, ancien directeur de l’unité de recherche Bricologie à la Villa Arson à Nice, Thomas Golsenne a publié Carlo Crivelli et le matérialisme mystique du Quattrocento (2017).
Professeur·e d’histoire et théorie des arts à l’école supérieure d’art et de design d’Angers et à la Haute école d’art et de design de Genève, Clovis Maillet est aussi artiste performeur·euse en duo avec Louise Hervé et médiéviste, iel est l’auteur·ice du livre Les genres fluides : de Jeanne d'Arc aux saintes trans (2020).

 

Dans le cadre de "Le Moyen Âge serait-il émancipateur ?"
Une programmation culturelle conçue par Clovis Maillet et Thomas Golsenne autour de la Dame à la licorne.

Qu’en est-il aujourd’hui des dialogues entre l’art médiéval et l’art contemporain ? Depuis quelques années, dans les écoles d’art et de design des étudiant·es affirment que l’artisanat est l’avenir de l’art et que les sorcières détruiront le patriarcat, s’appropriant un imaginaire composite mêlant fantasy et moines copistes, herboristerie médiévale et luttes paysannes. Dans les arts visuels, mais aussi en littérature, en danse ou au cinéma, le Moyen Âge suscite un intérêt croissant, alors que les artistes portent sur le monde contemporain un regard de plus en plus critique.
Le monde médiéval apparaît comme une source inépuisable d’images, de récits et de personnages qui permettent aux artistes de penser un autre monde. Dans la lignée des utopies révolutionnaires et médiévalistes du XIXe siècle, les artistes qui s’inspirent aujourd’hui du Moyen Âge y trouvent des échos avec les causes actuelles du féminisme et de l’écologie. Le Moyen Âge serait-il émancipateur ?
A l’occasion de la confrontation réelle entre la tapisserie de La Dame à la Licorne et des œuvres contemporaines, des artistes seront invité·es à présenter leur travail et à discuter de l’imaginaire médiéval dont se nourrit leur inspiration.

Programme :

- Samedi 30 octobre à 16h
La tenture de la Dame à la licorne du musée de Cluny : démarches d’approche par Béatrice de Chancel-Bardelot, conservatrice générale au musée de Cluny, musée national du Moyen Âge.
Auditorium des Abattoirs.
Plus d'infos

- Jeudi 18 novembre à 18h30
Gossiping is not (just) bitching, lecture performative par Auriane Preud’homme.
Présentation de la revue Phylactère par Clovis Maillet.
Plus d'infos

Jeudi 2 décembre à 18h30
Projection du film d’Hubert Viel Les Filles au Moyen Âge en présence de Pierre-Olivier Dittmar et Annabelle Ténèze.
Auditorium des Abattoirs
Plus d'infos

Jeudi 9 décembre à 18h30
Un Moyen Âge émancipateur, conférence par Clovis Maillet et Thomas Golsenne à l’occasion de la parution de leur dernier essai aux éditions Même pas l’hiver.
Auditorium des Abattoirs
Plus d'infos

Jeudi 16 décembre à 18h30
Le cœur du cœur de l’écrin, Lecture-performance d’Anne Kawala, en présence de Clovis Maillet et Thomas Golsenne.
Salle Picasso
Plus d'infos

Jeudi 13 janvier à 18h30
L'utopie artisanale, discussion avec Suzanne Husky, Mai-Thu Perret et Thomas Golsenne.
Auditorium des Abattoirs, discussion en visio-conférence avec Suzanne Husky et Mai-Thu Perret.
Plus d'infos