Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Terminal temporaire #5 - Fernand Léger

Du 1 septembre au 31 décembre 2017
 
Aéroport de Toulouse - Blagnac, Hall C, niveau départ
Fernand Léger, Les Constructeurs, 1950, tapisserie, 295 x 210 cm, Coll. privée © Adagp, Paris, 2017

Cette nouvelle séquence Fernand léger au Terminal temporaire, organisée par les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie Toulouse en collaboration avec l’aéroport Toulouse-Blagnac, rassemble des céramiques et une tapisserie qui entrent en résonnance avec l’ensemble monumental exceptionnel de céramiques et de mosaïques qui jalonnent les cours publiques des Abattoirs à Toulouse.

Figure marquante de l’art moderne et des avant-gardes, Fernand Léger (1881-1954) n’a cessé de vouloir représenter la vie moderne. Du cubisme et de l’abstraction des années 1910 aux grandes peintures du travail et des loisirs des années 1950, il a cherché à rendre le quotidien et l’innovation en peinture, et à décloisonner la peinture de son cadre traditionnel. Cette nouvelle séquence Fernand Léger organisée par les Abattoirs au Terminal temporaire de L’aéroport Toulouse-Blagnac rassemble ainsi des céramiques et une tapisserie qui entrent en résonnance avec l’ensemble monumental exceptionnel de céramiques et de mosaïques qui jalonnent les cours publiques des Abattoirs. Son architecture industrielle y dialogue harmonieusement avec les œuvres de Fernand Léger pour qui offrir un art accessible à tous traduit un véritable engagement social.

Sans jamais cesser d’être peintre, Fernand Léger a exploré tous les domaines de la création. Il a collaboré avec des poètes, des chorégraphes, des architectes, des cinéastes, etc. Il s’est nourri de la vitalité de son époque qu’il a traduit par une œuvre visible sur scène, à l’écran et sur les murs de la ville.

Dès les années 1920, Fernand Léger s’enthousiasme pour un art "hors cadre", un art qu’il s’agit de faire descendre dans la rue. Il affirme alors l’importance d’un art "mural" et envisage une collaboration entre peintres et architectes. Cette coopération le lie aux personnalités les plus influentes de son époque : Robert   Mallet-Stevens, René Herbst, Pierre Chareau, Charlotte Perriand… et surtout Le Corbusier. Pour ce dernier, la peinture de Léger est sœur de l’architecture et ses tableaux eux-mêmes "appellent  une  nouvelle  architecture". Dans l’après-guerre, Léger poursuit cet idéal d’un art mural, collectif et populaire. Aux Etats-Unis durant la Seconde guerre
mondiale, il a été marqué par la construction des gratte-ciels. Il poursuit désormais l’étude de la force spatiale de la couleur entamée avec les Contrastes de formes quarante ans plus tôt, par le biais de la céramique, de la mosaïque, du vitrail et de la tapisserie.

"J’ai voulu marquer un retour à la simplicité par un art direct, compréhensible pour tous, sans subtilité", affirme Fernand Léger à son retour d’exil. La multiplicité des supports, afin de faciliter la diffusion de ses œuvres, exprime son désir de populariser la peinture moderne. Engagé en faveur du progrès social et de l’éducation, Fernand Léger a toujours défendu des valeurs humanistes. Sa conscience politique et son engagement sont nés dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, et se sont exprimées avec le Front populaire en 1936. Exilé en 1940 aux Etats-Unis pour fuir le nazisme, Fernand Léger adhère en 1945 au parti communiste, juste avant son retour en France.

Fernand Léger a voulu être le peintre du progrès, social comme mécanique. Il a peint aussi bien le monde des loisirs que les ouvriers au travail, ou l’industrie : "J’aime les formes imposées par l’industrie moderne, je m’en sers, les aciers aux mille reflets colorés plus subtils et plus fermes que les sujets dits classiques" écrit Fernand Léger à son marchand Léonce Rosenberg. Les motifs emblématiques de son œuvre tels les hélices, les engrenages, les éléments architecturaux, rappellent combien l’avant-garde a été fascinée par le progrès technologique. Lors d’une visite au Salon de l’Aviation, accompagné par les artistes Constantin Brancusi et Marcel  Duchamp,  Fernand  léger  s’était  exclamé  : "C’est  fini  la  peinture !  Qui  fera  mieux  que  cette hélice ?"

L’exposition au Terminal temporaire réactive l’œuvre de Fernand Léger hors des murs du musée, hors des territoires habituels de l’art, dans un aéroport. Bonne visite de l’exposition d’un des artistes de la modernité qui, comme son ami Robert Delaunay, voyait le beau dans l’avion et le futur du beau dans la conquête de l’air.