Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Terminal Temporaire #4 : "À table"

Du 1 mars au 31 août 2017
 
Aéroport Toulouse - Blagnac (31) - Hall C
Philippe Hortala, "loukoum", © François Deladerrière - adagp

En lien avec l’exposition "Daniel Spoerri, les dadas des deux Daniel", dans le cadre des 40 ans du Centre Georges Pompidou, des œuvres de Daniel Spoerri et des peintures de Philippe Hortala sont présentées autour du thème de la nourriture et du repas. 

En écho à l’exposition Autour du Nouveau réalisme aux Abattoirs à Toulouse, l’exposition au Terminal Temporaire de l’Aéroport Toulouse-Blagnac propose A Table, une présentation en duo de Daniel Spoerri et Philippe Hortala, deux artistes qui ont fait de l’aliment une source de leur œuvre. La représentation du repas est un des thèmes classiques de l’histoire de la peinture, de la Cène et du Repas d’Emmaüs, en passant par le genre de la nature morte. Les "Tableaux-pièges" de Daniel Spoerri, comme les peintures de Philippe Hortala, interrogent différemment ce lieu de présentation de la nourriture et de la dégustation qu’est la table, comme le temps symbolique du repas, commun à tous, mais dont le rituel diffère tant d’une culture à l’autre.

Daniel Spoerri (né en 1930), artiste fondateur en 1960 du mouvement du Nouveau réalisme, fut également l’inventeur de l’Eat Art. Pour cet artiste collectionneur, galeriste, restaurateur, le fait de manger devient la matière même de son œuvre. Au début des années 1960, il organise des dîners dont les restes sont fixés verticalement sur un support mural. Avec ses "tableaux-pièges", il fixe pour l’éternité les éléments d’une situation à un moment donné. Il fait d’un moment éphémère une nature morte éternelle, comme un archéologue du moment présent. Pour Daniel Spoerri, qui s'intéresse au partage et au collectif, les "natures mortes vivantes" qui sont présentées ici, se placent sous la bienveillance de Sainte Marthe, la patronne des cuisiniers.

Figure marquante de la scène artistique toulousaine des années 1980 et 1990, Philippe Hortala (né en 1960) a construit une œuvre forte et combative, qui participe au grand mouvement de retour à la peinture opéré à la fin des années 1970. Semblant parfois proches de l’abstraction avec la répétition des motifs, ses peintures jouent sur les effets de gros plan et de cadrage pour tromper le regard. S’inspirant de la manière dont les artistes pop représentaient les aliments dits décoratifs comme les pâtisseries pour renouveler la peinture figurative dans les années 1960, il fait des loukoums, madeleines, fraisiers, la matière faussement banale du retour à la peinture.

Cette présentation, en écho à l’exposition "Autour du Nouveau Réalisme", qui célèbre les 40 ans du Centre Pompidou aux Abattoirs du 2 février au 28 août, où sont réunis des artistes emblématiques de ce mouvement : Arman, César, Jean Tinguely, Yves Klein, Niki de Saint Phalle, Jacques Villeglé, Christo, Daniel Spoerri…