Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Au plus près du réel

Du 8 décembre 2016 au 25 février 2017
 
Le Majorat, Villeneuve Tolosane (31)
Gaël Bonnefon, Sans titre

Entre témoignage et nouvelle perception du réel, cette exposition aborde les questions de l’histoire, de l’archive, du document et de la mémoire dans la création contemporaine. Elle réunit des artistes qui s’emparent d’une actualité ou d’une vision saisissante, collective ou intime, inscrivant ainsi leur travail dans une forme de récit critique de l’histoire.

Avec les œuvres de la Collection les Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées : Gaël Bonnefon, Matthias Bruggmann, Anne Deguelle, Alfredo Jaar, Gil Joseph Wolman.

Gaël Bonnefon
Né à Foix en 1982, vit et travaille à Toulouse
www.gaelbonnefon.org

"sur le fil d’un réel qui menace de se rompre"
les Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées possède un ensemble important d’œuvres du jeune artiste d’origine ariégeoise. Elles sont présentées dans leur intégralité et de façon inédite.
"Parti prenant du mécanisme de la chute, le geste photographique de Gaël Bonnefon fige avec ténacité l’éreintement de nuits désœuvrées. "Les yeux s’ouvrent sur le vacillement d’une course […] Des regards nous interpellent, sauvages, absorbés dans la contemplation de leurs propres vides, des gestes imparfaits s’amorcent, des cris s’étouffent dans l’opacité d’un monde sourd. Happé par ce tumulte incessant, Gaël Bonnefon participe à ce cycle où tout n’arrête pas de mourir et de renaître. […] Il fouille avec insolence le quotidien pour en dévoiler son irréversibilité, en pointer les rouages et les règles." Mickaël Soyez

 

Matthias Bruggmann
Suisse né à Aix-en-Provence en 1978, vit et travaille à Paris et à Lausanne
www.boring.ch/matt

"au cœur du conflit"
Matthias Bruggmann développe un travail proche du reportage, témoignant de situations tendues et de paysages dévastés par la guerre. Les territoires qu'il photographie sont notamment la Libye, l’Égypte, la Somalie, l'Afghanistan, l'Irak ou encore Haïti. Son travail photographique va au-delà de la valeur informative attribuée à l’image de guerre. Les scènes qu’il capte semblent témoigner de la tension et du chaos provoqués par la guerre sans pour autant situer explicitement le théâtre du conflit, pour mieux interroger les systèmes de représentation de celui-ci. Les deux photographies acquises récemment par le musée participent pleinement à ce questionnement du traitement du réel.

 

Anne Deguelle
Née à Paris en 1943, vit et travaille à Paris
www.annedeguelle.com

"le réel approché"
Anne Deguelle est une artiste inclassable qui recourt à des médiums différents : la photographie, la vidéo, l’installation, les projections lumineuses ou encore les créations sonores avec une prédilection pour la lumière ; elle mobilise tous les moyens possibles pour explorer les signes du réel qu’elle tente de décrypter en réinvestissant l’histoire, en jetant le trouble dans la perception de l’information et de notre mémoire. L’œuvre vidéo présentée dans l’exposition "Au plus près du réel" montre une captation d’un journal télévisé du 11 septembre présentant en boucle les images devenues emblématiques de la mémoire collective. Filmées au ralenti, sur un fond sonore de ressac, elles témoignent de l’endormissement médiatique particulièrement lisible sur l’expression du visage du présentateur.

 

Alfredo Jaar
Né à Santiago du Chili en 1956, vit et travaille à New York
www.alfredojaar.net

"une vision du monde"
Artiste, architecte et réalisateur, Alfredo Jaar crée des installations complexes à travers lesquelles il interroge la nature des images et leur réception. Son travail se concentre ainsi sur la photographie en tant que témoin politique. Son œuvre, conduite à partir d’investigations personnelles, s’intéresse plus particulièrement aux relations nord-sud contemporaines, en empruntant à la tradition documentaire ses préoccupations politiques et sociales. Cependant, il opère un glissement des stratégies visuelles du journalisme vers des scénographies élaborées, acquises aux domaines de l’art, de la publicité, du cinéma ou encore de l’architecture. La présentation vient remettre en question les moyens de représenter le réel et d’en faire le commentaire. Les démonstrations sont souvent d'une simplicité brutale et débordent largement l'événement historique. A l’occasion de cette exposition, Alfredo Jaar réactive l’œuvre monumentale "Paysage" avec de nouvelles images extraites de l’actualité, celle de la "jungle" de Calais.

 

Gil Joseph Wolman
Né à Paris en 1929, décédé à Paris en 1995

"l’art et la vie"
C’est le langage qui guide l’œuvre de Gil Wolman ;  il fonde avec Guy Debord l’Internationale lettriste en 1952, dont il sera exclu 5 années plus tard. Il développe alors une œuvre personnelle à l’écart de toutes les écoles et cherche à créer un nouvel art entre poésie, musique et art visuel. Prolongeant certaines positions des avant-gardes du début du siècle, en particulier celles des dadaïstes, il défend un art en mouvement permanent, sans distinction avec la vie. L’œuvre présentée impose une distance poétique avec le réel, des mots qui cheminent comme sur un  tableau d’écolier entre mémoire et oubli.