les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

Sismographie des luttes

Les revues non-européennes du 18e au 20e siècle, vers une histoire globale.
Du 24 janvier au 24 février 2019
les Abattoirs
Vernissage jeudi 24 janvier 2019 à 18h30

Après sa présentation à l’INHA (Institut national d’histoire de l’art, Paris) et à la Biennale de Dakar, les Abattoirs exposent Sismographie des luttes. Les revues non-européennes du 18e au 20e siècle, vers une histoire globale, une installation vidéo-sonore réunissant près de 900 documents.

Résultat d’un travail de recherche mené à l'INHA, cette installation vidéo-sonore réunit près de 900 documents (couvertures, textes, portraits, manifestes) issus de revues produites en dehors de l’Europe par des populations autochtones ou diasporiques, depuis les courants révolutionnaires de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au basculement de l'année 1989 marqué par la chute du mur du Berlin. Cette date signe la fin des deux blocs et l’avènement d’un monde multipolaire. C’est aussi à cette période que la revue papier passe progressivement au format numérique.

Au fil de ces documents historiques et militants, parfois interdits de diffusion, apparaissent des figures majeures de femmes et d’hommes de lettres, d’intellectuels, de militants, d’artistes. Ce sont des voix singulières et volontaires, qui défendent des perspectives politiques et culturelles émancipées, et restées pour beaucoup mal-connues. Parmi elles : Zitkala-Ša, Carlos Montezuma, Ramananda Chatterjee, Hiratsuka Raicho, W.E.B. Du Bois, Mohandas Karamchand Gandhi, Marcus Garvey, Lu Xun, Rabindranath Tagore, Paulette Nardal, Chen Duxiu, Oswald de Andrade, René Ménil, Aimé Césaire, Doria Chafik, Abdellatif Laâbi, Zakia Daoud…

Fruit d’une recherche collective, multilingue et décentrée conduite à l’INHA dans le cadre du programme "Histoire de l’art mondialisée" (dirigé par Zahia Rahmani) et de son projet "Art global et périodiques culturels", les Abattoirs sont heureux de s’associer à cette exposition qui témoigne d’enjeux intellectuels, artistiques et politiques exprimés au cœur des empires coloniaux, et démontre ainsi l’importance d’une histoire globale de l’art et de la pensée.

Des vidéos d'artistes mettant en scène la recherche ou le chercheur seront également diffusées.

 

Dans le cadre du vernissage de l’exposition, une rencontre avec Zahia Rahmani, commissaire de l’exposition, est organisée au sous-sol du musée, ainsi qu’un set musical.

 

Installation produite par l'INHA, commissariat de Zahia Rahmani
Conception graphique : Thierry Crombet (RelativDesign)
Composition musicale originale : Jean-Jacques Palix
Chargée de projet : Diane Turquety

 

Les Abattoirs, qui rassemblent aussi bien des collections d’art moderne et contemporain que des collections extra-occidentales avec le dépôt de la collection Daniel Cordier (donnée au musée national d'art moderne - Georges Pompidou (Paris), en dépôt aux Abattoirs depuis l’ouverture en 2000), ont entamé depuis plusieurs années une réflexion sur ses collections sous forme de journées d’études avec l’Université Jean Jaurès de Toulouse et l’INHA. Cette exposition s’inscrit pleinement dans cette démarche.