les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

Picasso et l’exil

Une histoire de l'art espagnol en résistance.
Du 15 mars au 25 août 2019
 
les Abattoirs
Dora Maar, Picasso sur un escabeau devant "Guernica", dans l’atelier des Grands -Augustin, Paris, en mai-juin 1937, collection musée national Picasso Paris, photogr. NB © Adagp, Paris, 2018 © Succession Picasso, 2018 ; photogr. RMN / Grand Palais (musée national Picasso Paris)

Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse proposent une exposition consacrée pour la première fois aux rapports entre Picasso et l'exil espagnol. Déployée sur deux étages des Abattoirs, elle explore comment le bouleversement historique et personnel de l’exil a touché Picasso, et aussi nombres d'artistes qui lui étaient contemporains.

En 1937, un an après le début de la guerre civile espagnole, alors qu’il travaille à la commande d'une peinture pour le Pavillon de la République espagnole de l’Exposition internationale à Paris, Picasso apprend le bombardement de Guernica et bouleverse son thème initial.
En 1939, après trois ans de guerre, 500 000 espagnols traversent la frontière franco-espagnole avant de transiter par des camps de réfugiés aux conditions de vie effroyables. Suite à la Retirada, de nombreux Espagnols résidant à l’étranger, tel Picasso installé à Paris depuis 1900, deviennent de fait des exilés politiques.

La situation espagnole renforce l’engagement politique de Picasso contre le franquisme et pour la paix, tant dans son art que dans son soutien aux exilés espagnols, en particulier les artistes. Ils sont exposés ici à ses côtés, tels Óscar Domínguez, Apel.les Fenosa, Luis Fernández, Pedro Flores, Carles Fontserè, Julio González, Roberta González, Hans Hartung, Antonio Rodríguez Luna, Joan Miró, Manuel Ángeles Ortiz, Remedios Varo, etc. Créer alors qu'on est retenu dans un camp de réfugiés espagnols, comme pour Antoni Clavé ou les artistes J.Fín (Josefin Vilató) et Javier Vilató, neveux de Picasso, est aussi évoqué.

L'exposition aborde ensuite le thème de la résistance culturelle, artistique et humaniste qui se poursuit dans l'après Seconde Guerre mondiale, alors que s'organisent des expositions militantes d'artistes exilés et des comités de soutien, toujours en lutte contre le régime de Franco. Ainsi, faisant le vœu de ne revenir que dans une Espagne libérée du franquisme, Picasso meurt en 1973 sans avoir revu sa terre natale.
Existe-t-il alors une culture littéraire et picturale spécifique chez un artiste émigré par choix devenu un exilé malgré lui ?
Picasso, nostalgique de l’Espagne, et qui a depuis longtemps compris son poids médiatique, met en scène son hispanité et puise dans l’histoire de l’art comme la tradition espagnole. Le débat sur le retour de Guernica en Espagne, dans les années 1970 et 1980, souligne combien cette œuvre est devenue et demeure, un symbole politique, qui en fait jusqu’à aujourd’hui une des œuvres les plus reproduites, filmées et réinterprétées.

Un volet contemporain, comprenant des appropriations de Guernica comme œuvre de paix, des interventions artistiques sur l'exil, ainsi que des invitations à des commissaires et des artistes espagnols, complète cette thématique sur le site des Abattoirs. Dans le cadre d’un ensemble pensé à l’échelle du territoire, des expositions d’art contemporain sur les thèmes de l’histoire et de l’exil seront également développés dans d’autres sites toulousains et dans toute la région Occitanie, sous l'intitulé Je suis né étranger.

Picasso et l'exil prend la suite de l'exposition Guernica présentée au Musée national Picasso à Paris, qu’elle prolonge avec un nouveau volet. Elle a été initiée dans le cadre du programme Picasso Méditerranée lancé par le Musée national Picasso-Paris, et prend place à l’occasion du 80e anniversaire de la Retirada.


Dans le cadre de PICASSO - MÉDITERRANÉE 2017 / 2019 et RETIRADA 2019.
Une exposition des Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse avec le soutien et la collaboration du Musée national Picasso-Paris

   

Avec le soutien également de Mazars.