les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

Les statues meurent aussi

Collection Daniel Cordier
Du 9 novembre 2018 au 25 août 2019
 
les Abattoirs
Collections Daniel Cordier. Donation au Mnam-CCi, dépôt aux Abattoirs © photogr. Sylvie Leonard

Cette exposition s’attache à montrer le lien entre le film documentaire Les statues meurent aussi et la collection Daniel Cordier, donnée au musée national d'art moderne - Georges Pompidou (Paris), en dépôt aux Abattoirs depuis l’ouverture en 2000.

Ancien secrétaire de Jean Moulin pendant la Seconde guerre mondiale, Daniel Cordier (né en 1920), marchand de tableaux et collectionneur, est à l’origine d’une des plus grandes donations d’œuvres d’art à l’Etat français, dont la grande majorité est en dépôt à Toulouse, aux Abattoirs.

Les statues meurent aussi est un documentaire français réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953. Il s’agit d’une demande du collectif Présence Africaine qui voulait un film traitant de l’art appelé "nègre" depuis le début du siècle. Le documentaire questionne le fait que l’art africain était présenté dans les collections du  Musée de l’Homme comme des objets ethnographiques alors que l’art grec était présenté au sein du temple des beaux-arts, le Musée du Louvre.

En ce début des années 1950 et dans le contexte des guerres de décolonisation (guerre d'Indochine, guerre d’Algérie), il était encore impensable de considérer que les peuples africains pouvaient réaliser de l’art au sens occidental du terme. Resnais et Marker en donnant un sens anticolonial à leur film ont subi dix ans de censure.

Dans cette collection, il s’est efforcé de mettre en place un principe d’équivalence entre des objets extra-occidentaux et les œuvres d’art occidentale. En la débutant dans les années 1950, puis en entremêlant l’art de toutes les origines, Daniel Cordier se place en rupture avec la pensée coloniale et rejoint l’appel des surréalistes qui, dès l’entre-deux-guerres, avaient lancé "ne visitez pas l’expo coloniale" et organisé une contre-exposition à l’exposition coloniale de 1931. C’est cette volonté humaniste que l’on retrouve chez Daniel Cordier et dans cet accrochage de sa collection, accompagnée d'œuvres contemporaines, qui fait écho au titre fondateur de ce film.