les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

La Déconniatrie

Art, exil et psychiatrie autour de François Tosquelles
A partir du 14 octobre 2021
les Abattoirs
Auguste Forestier, "La bête du Gévaudan", 1935-1949, bois, métal, dent, 33,5 x 60 x 33 cm

Cette exposition prend pour point de départ le parcours du psychiatre catalan François Tosquelles, le rôle qu’il a tenu dans l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban-sur-Limagnole, en Lozère, et ses héritages artistiques et intellectuels encore forts aujourd’hui. Les Abattoirs accueillent la première étape de ce projet inédit et d’envergure internationale, qui rassemble près de 100 œuvres.

"Ce qui caractérise la psychanalyse, c’est qu’il faut l’inventer. L’individu ne se rappelle de rien. On l’autorise à déconner. On lui dit : ‘’Déconne, déconne mon petit ! Ça s’appelle associer. Ici personne ne te juge, tu peux déconner à ton aise.’’ Moi, la psychiatrie, je l’appelle la déconniatrie. Mais, pendant que le patient déconne, qu’est-ce que je fais ? Dans le silence ou en intervenant – mais surtout dans le silence –, je déconne à mon tour."
(François Tosquelles, dans "François Tosquelles. Une politique de la folie", réalisé par François Pain, Danièle Sivadon et Jean-Claude Polack, 1989)

A partir du parcours de François Tosquelles (1912-1944), fil rouge de l’exposition, sont questionnés les rapports entre art, exil et psychiatre, et la notion de création dans le contexte de l’exclusion, de l’enfermement ou de l’hospitalisation. Il s’agit donc de conjuguer une histoire de l’art moderne à une histoire de l’art brut et de l’art contemporain, ainsi qu’à celle de la psychiatrie, de l’ethnopsychiatrie et de la décolonialité.

A travers l’exposition La Déconniatrie : art, exil et psychiatrie autour de François Tosquelles, c’est l’engagement des Abattoirs à l’égard des différentes formes de l’exil qui est prolongé. Après Picasso et l’exil. Une histoire de l’art espagnol en résistance, la Retirada se retrouve à l’origine d’un nouveau projet orienté vers l’ "autre" ; autre comme individu, menaçant ou accueillant – parfois issu de la décolonialisation à laquelle l’établissement a consacré plusieurs colloques ces dernières années en partenariat avec l’Université Toulouse II – Jean Jaurès et l’Institut National de l’Histoire de l’Art – ou autre comme malade, impropre à la vie en société. C’est aussi la volonté de mettre en valeur des histoires de l’art considérées comme secondaires, notamment celle de l’art des "indésirables", qui prend forme à travers une mise en perspective historique.

Commissariat :
Joana Masó, Professeure de littérature française à l’Université de Barcelone et chercheuse à la Chaire UNESCO Femmes, Développement et Cultures
Carles Guerra, Professeur à l’Université Pompeu Fabra et commissaire indépendant
Annabelle Ténèze, Directrice des Abattoirs
Julien Michel, Attaché de conservation

Partenaires :
Centre de Cultura Contemporània de Barcelona, Barcelone
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid
American Folk Art Museum, New York