Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Suspended Animation

À corps perdu dans l'espace numérique
Du 24 juin au 26 novembre 2017
 
les Abattoirs
Vernissage le samedi 24 juin à 11h30
Agnieszka Polska, "I Am the Mouth", 2014, vidéo HD, couleur, son. Courtesy de ŽAK | BRANICKA, Berlin

Cette exposition présente des artistes qui utilisent l’animation comme outil, défiant nos conceptions de la réalité : Ed Atkins, Antoine Catala, Ian Cheng, Kate Cooper, Josh Kline, Helen Marten, Agnieszka Polska, Jon Rafman, Avery Singer explorent les réalités de l’ère de l’information, telles que l’impact des mondes virtuels sur l’expérience physique tangible ou la numérisation de l’identité.

Depuis plusieurs années, le nombre croissant d’images générées par la technologie a profondément modifié nos vies, et l’usage que les artistes font aujourd’hui de l’animation numérique reflète ce bouleversement.

L'exposition présente des artistes qui explorent les nouvelles réalités de l’ère de l’information continue et de la virtualité sous un angle humaniste : quel est l’impact des mondes virtuels sur l’expérience physique tangible ? Quelles sont les conséquences de la dématérialisation de l’identité ? Cet être virtuel devient-il plus réel que nous ? Elle tente de répondre à ces questions en présentant des œuvres d’artistes internationaux parmi les plus innovants sur le sujet. Transformant le 1er étage des Abattoirs en environnement immersif, ces artistes prennent en compte que la réalité n’est plus définissable selon les mêmes critères et mettent au défi notre perception de cette nouvelle humanité virtuelle.

Suspended Animation, à corps perdu dans l’espace numérique organisée par le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, avec la collaboration des Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées, est l’unique étape en Europe de l’exposition présentée à Washington (10 février 2016 - 26 mars 2017), enrichie à Toulouse de trois artistes.

Dans la science-fiction et la médecine, le terme "Suspended Animation" (animation suspendue) se réfère au ralentissement des processus vitaux afin de prolonger la vie en mettant le corps sur "pause". Appliquée à l’animation réalisée par ordinateur, la notion se réfère au remplacement du corps physique par le corps virtuel. Une partie importante de l’expérience humaine d’aujourd’hui se fait sur les écrans : ce phénomène conduit les artistes dans cette exposition à repenser le corps en relation à la technologie. Plutôt que d’imiter le réel, leurs œuvres recherchent comment peut s’incarner la réalité dans un monde numérique. L’animation fournit, en effet, les moyens d’étudier la relation entre la réalité et la fiction, le réel et sa simulation, les êtres humains et leurs avatars. Tout au long de l’exposition, nous rencontrons des personnages intriguant qui reflètent les mutations de ce nouvel être humain généré par la technologie. Ces travaux interrogent ainsi l’idée que le corps virtuel pourrait marquer la fin du corps réel, ou bien sa réincarnation sous une forme nouvelle. 

Ces dernières années, plusieurs expositions se sont intéressées à l’impact des nouvelles technologies sur l’art et sur la société. Citons récemment en Europe CO-WORKERS, l’artiste en réseau (2015-2016) au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, ou la 9e Biennale de Berlin organisée par DIS. Pensée par Gianni Jetzer pour le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, avec la collaboration des Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées, Toulouse, Suspended Animation, à corps perdu dans l’espace numérique envisage ici cette question sous l’angle de l’humanisme.

 

A propos des Artistes

Ed Atkins
(Britannique, né en 1982 à Oxford, vit et travaille à Berlin)
Ed Atkins développe grâce à la technologie numérique un travail d’animation hyperréaliste et poétique. Sa pratique se fonde aussi sur le texte et une écriture poétique, dits avec mélancolie par des personnages monologuant face à nous, et que lui-même peut interpréter. Son travail a été l’objet de nombreuses expositions notamment au MoMA PS1 (New-York), à la Serpentine Gallery (Londres), au MMK à Francfort, à la Tate Britain à Londres, etc.

Antoine Catala
(Français, né à Toulouse en 1975, vit et travaille à New York)
S’inspirant de la télévision et d’Internet, Antoine Catala joue avec l’accident technologique et les imperfections du langage. Il associe notamment animation avec sculptures pneumatiques et hologrammes. Aux Abattoirs, son œuvre aide, dans un monde où la tristesse aurait été bannie, les hommes déréglés à pleurer de nouveau ; son travail a récemment fait l’objet d’expositions personnelles au Musée d’Art Contemporain de Lyon et au Carnegie Museum of Art (Pittsburgh).

Ian Cheng
(Américain, né en 1984 à Los Angeles, vit et travaille à New York)
Ian Cheng a étudié la science cognitive à l’Université de Californie à Berkeley. Il fait dialoguer dans son travail nouvelles technologies et neurosciences. Ses œuvres peuvent prendre la forme de simulations informatiques qu’il programme : l’œuvre génère ainsi sa propre histoire et sa propre vie. Il réalisa des expositions individuelles à la Kunsthalle Düsseldorf et à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo (Turin).

Kate Cooper
(Britanique, née en 1984 à Liverpool, vit et travaille à Londres)
Kate Cooper met en scène les corps de modèles féminins générés par ordinateur. Ses récentes recherches se concentrent sur le pouvoir de l'esthétique capitaliste et sur sa relation à la notion de genre. Son travail a fait l’objet d’une exposition personnelle au KW Institut for Contemporary Art à Berlin.

Josh Kline
(Américain, né en 1979 à Philadelphie, vit et travaille à New York)
Cet artiste s’inspire de la publicité, des médias sociaux et des dernières innovations technologiques. Il questionne le jeu du pouvoir, l’utopie et leurs réalités, comme à partir de l’avatar de Barack Obama. Il a récemment fait l’objet d’expositions personnelles au Modern Art Oxford, au Portland Art Museum et à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (Turin).

Helen Marten
(Britannique, 1985, née à Macclesfield, vit et travaille à Londres)
Lauréate du Turner Prize en 2016, Helen Marten s’est fait connaître par son étonnant travail de sculpture fait de matériaux déconcertants et pour ses vidéos d’animation digitale. Elle crée ainsi des objets d’animation et des intérieurs dont les surfaces artificielles leur donnent une présence étrange. Helen Marten a participé à la Biennale de Venise en 2015, et son travail a fait l’objet de plusieurs expositions individuelles notamment au Palais de Tokyo, à Paris, à la Kunsthalle Zürich, au CCS Bard-Hessel Museum à New York et au Fridericianum à Kassel.

Agnieszka Polska
(Polonaise, 1985, née à Lublin, Pologne, vit et travaille à Berlin)
Agnieszka Polska crée des animations hallucinatoires et oniriques dans lesquelles elle explore les archives et les histoires oubliées qu’elle considère comme des "organismes vivants", tout en exploitant les ambiguïtés de l’imagerie visuelle. Son travail a fait l’objet d’expositions individuelles au Nottingham Contemporary, à la Kunstverein de Salzburg en Autriche et au Centre d’art contemporain le Château Ujazdowski à Varsovie. 
Elle a été sélectionnée pour le Preis der Nationalgalerie 2017 (Berlin).

Jon Rafman
(Canadien, né en 1981 à Montréal, où il vit et travaille à Montréal)
Jon Rafman s'intéresse principalement à l'impact de la technologie sur la conscience et la perception contemporaine. Il a notamment été remarqué pour son travail d’exploration et de détournement de Google Earth, Second Life et des vidéos postées sur Internet. En 2015, il a participé à la Biennale d'art contemporain de Lyon et a exposé de manière individuelle récemment au Musée d’art contemporain de Montréal, à la Zabludowicz collection à Londres et au Stedelijk Museum à Amsterdam.

Avery Singer
(Américaine, née en 1987 à New York, où elle vit et travaille)
Avery Singer questionne ce que peut être la forme classique de la peinture à l’ère du numérique. Elle modélise ses tableaux à partir d’un logiciel 3D puis projette le croquis obtenu sur une toile qu’elle reproduit ensuite sous forme de peinture.
Avery Singer a récemment exposé à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo (Turin), à la Kunsthalle Zürich, ainsi qu’au New Museum (New York), ainsi qu’au Hammer Museum (Los Angeles).

 

A propos du Commissaire d'exposition Gianni Jetzer

Gianni Jetzer est un commissaire d’expositions et un critique d’art suisse basé à New York. Il est également conservateur au Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington. Il a été le directeur de la Kunst Halle St-Gall (2001-2006) et directeur de l’Institut culturel suisse à New York (2006-2013). Il est actuellement le commissaire d’Unlimited, la plate-forme d’exposition pionnière d’Art Basel pour des projets de grands formats qui transcendent les limites de l’exposition classique.

 

Musée partenaire : le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden

Le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, situé à Washington, est un musée consacré à l’art contemporain et à l’art moderne. Il fait partie de la Smithsonian Institution. Il présente tous les médias et expose des artistes majeurs des XXe et XXIe siècles. Ce musée ouvert au public en 1974 dispose d’une collection de plus de 12 000 œuvres.

 

L’exposition Suspended Animation est organisée par le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, Washington, DC, avec la collaboration des Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées.

 

Ed Atkins, Warm, Warm, Warm Spring Mouths, 2013, film HD, couleur, son.
Courtesy de l’artiste; Cabinet, Londres; Gavin Brown’s Enterprise, New York; Isabella Bortolozzi Galerie, Berlin