Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Nouvelles acquisitions : Lola Gonzàlez, Vivien Roubaud

Du 14 décembre 2017 au 4 mars 2018
 
les Abattoirs
Vernissage le jeudi 14 décembre à 18h
Vivien Roubaud, "Gonflable, contrepoids, transmission scooter électrique, lustres à pampilles, collecteur tournant, chaîne de moto, vingt-quatre volts", 2015 -  © Adagp, Paris, 2017

Deux jeunes artistes ont rejoint les nouvelles acquisitions des Abattoirs : Lola Gonzàlez qui développe depuis plusieurs années un travail artistique à la croisée du cinéma et de la performance et Vivien Roubaud, artiste-scientifique, aussi bien inventeur que bricoleur.

Lola Gonzàlez

Reconnue rapidement sur la scène française, lauréate du Prix Meurice 2016, Lola Gonzàlez (née à Angoulême en 1988) crée depuis plusieurs années une œuvre faite de récits filmiques entre réalisme, idéalisme et étrangeté. La cohérence de son travail naît de la récurrence de lieux faussement familiers ou hostiles (une demeure familiale, des bords de mer bretons). De même, dans ses films, les comédiens qui interprètent ses personnages sont toujours identiques. Cette troupe est en effet composée par ses proches et amis. Ainsi, son travail se laisse voir comme le résultat d’un processus collectif dans lequel son rôle apparaît plutôt comme celui du témoin, du transcripteur de la vie, voire du délire de la troupe. Depuis 2013, ses films, nous téléportent dans un univers incertain, à la limite entre nostalgie et oubli, documentaire et utopie.

Les Abattoirs ont fait cette année l’acquisition du film Rappelle-toi de la couleur des fraises, qui questionne à travers le sauvetage d’un jeune couple la perte du regard. Ce film s’ouvre sur un plan d’ensemble montrant un paysage maritime dont l’immensité n’est compréhensible que lorsque trois figures font irruption dans le cadre. Ce n’est qu’à ce moment-là que le spectateur découvre que les deux tâches au centre du cadre sont en fait nos futurs héros. Par terre, totalement mouillés ces deux corps presque inanimés, sont potentiellement issus d’un naufrage et sont ramassés par les trois figurants. A fur et à mesure, et par un intelligent agencement des plans subjectifs, nous comprenons que la vue de ces deux personnages est affectée. La raison en sera-t-elle connue ? Sont-ils sauvés ou retenus prisonniers ?

L’œuvre de Lola Gonzalez a fait l’objet de plusieurs expositions récentes en France et à l’étranger (citons les présentations monographiques de l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne et du CREDAC).
Pour son dernier film en préparation, elle a été en résidence à la FLAX Résidence de Los Angeles.

Vivien Roubaud

Vivien Roubaud (née en 1986) propose aux Abattoirs ave un ensemble de "gonflables" une expérience totale à la fois visuelle et sonore. S’appropriant des objets qu’il glane dans les déchetteries ou directement dans la rue, il explore les formes et les techniques de la production mécanique. Lustres, câbles, tuyaux de plomberie, vielle imprimante ou scie à ruban sont autant de matériaux qu’il place au cœur de son travail. Ces ruines du monde moderne ne font pas seulement l’objet d’une récupération, mais d’une réflexion sur le cycle de création et de recyclage. Ses autres travaux explorent ainsi les possibilités d’allonger ou de figer le temps, comme avec  ses œuvres stalactites dont la réalisation finale, goutte à goutte, prendra des centaines d’années.

L’installation Gonflables, contrepoids, transmission scooter électrique, lustres à pampilles, collecteur tournant, chaine de moto, vingt-quatre volts prend la forme de sphères gonflables de différentes dimensions. Alors que les bulles évoquent un jeu enfantin ou les productions industrielles des années 1960, le lustre à pampilles placé à l’intérieur, mis en rotation par un moteur de scooter électrique, tourne indéfiniment sur lui-même. Détourné de sa fonction, l’objet produit une nouvelle énergie ainsi que des formes inédites, dessinées par le mouvement des lumières dans les airs. Le son produit par le mouvement des pampilles est aussi amplifié par celui de leur frottement contre la sphère en plastique. Mues par un mouvement d’ensemble, les parties de ce lustre ancien sont amenées à se briser mutuellement. Dotées d’un mouvement proche d’une respiration, les sculptures se laissent parfois aller à un rythme effréné. Fabriquant des systèmes à la mouvance absurde et répétitive, l’artiste fait naître un appareil présentant des caractéristiques organiques. Dans un monde où les machines sont vouées à une obsolescence programmée, l’artiste leur insuffle ainsi un nouveau souffle de vie.

Lauréat du prix Révélations EMERIGE 2014, Vivien Roubaud vit et travaille à Bruxelles.
Le travail de Vivien Roubaud a notamment été exposé au Palais de Tokyo ou, plus récemment, au MAMAC de Nice.
C’est sa première entrée en collection publique française.