les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

Artiste en Midi-Pyrénées

Daniel Gerhardt | Artistes

Daniel Gerhardt

La musique a bercé mon enfance par ma mère qui était pianiste ; à partir de l’age de 15-16 ans est venu s’adjoindre un intérêt pour la peinture : des photos et des tableaux d’un parent galeriste à Paris entre 1880 et 1920, les musées de peintures, et les tableaux sur les murs d’un de mes oncles peintre et architecte. Entre 19 et 27 ans, un bourrage de crâne non dénué d’intérêt, d’études scientifiques n’a servi, à cette époque-là, qu’à me donner envie de m’évader de ce milieu, d’autant plus que pendant mes 2 dernières années de spécialisation scientifique , je prenais des cours de dessin par correspondance.

Ces études terminées, j’ai eu la chance d’être accepté dans l’atelier du peintre Bergougnan durant 2 années aux beaux-arts de Toulouse ; avec acharnement et beaucoup de candeur, sous l’œil amusé du vénéré professeur, j’ai tordu le cou systématiquement à notre réalité visuelle en essayant superficiellement les principaux courants picturaux de la fin du 19è. et du 20è. siècle. Ne pouvant subvenir à mes besoins vitaux de base par la peinture, je décidais d’ouvrir un laboratoire d’analyses médicales en 1970 ; après 3 ans de mise en route de celui-ci, je décidais de reprendre plus régulièrement la peinture et m’inscrivais aux cours du soir aux beaux-arts de Toulouse ; cependant, dès les années 70, à la moindre occasion, je plantais mon chevalet à l’extérieur pour peindre des paysages. Lorsque mes yeux ont commencé à rester collés sur la toile en structuration et déstructuration du paysage, le motif ne servant plus que de motivation, je suis de nouveau resté à l’atelier ; les nus dessinés (massacrés) aux beaux-arts, se confrontant aux nouvelles structures particulières de mes paysages ainsi que ma découverte de la peinture expressionniste américaine des années 1940 à 1960, m’ont amené à quadriller systématiquement mes supports et utiliser divers mediums, noirs essentiellement ; cette période en blanc et noir dans une recherche d’écriture a été nécessaire dans l’approfondissement de mes sensations de base face à la forme qui devenait ainsi plus un symbole qu’un essai de report de réalité visuelle sur un plan. C’est ainsi qu’a pu naître un monde au bout de mon bras, mais ce monde-là n’existerait pas si certains grands maîtres de la peinture ne m’avaient pas imprégné de la force de leur regard, de l’esprit et de la qualité (cohérence) de leur démarche tout au long leur vie. 

De ces influences marquantes, a pu naître au cours de mes années de pratiques expérimentales de toiles en toiles une peinture qui ressemble de plus en plus à ce que je pressens être intérieurement ; en fait, je vis en elle et elle vit en moi ; de cette façon, je ne peux pas avoir un soupçon de pensée mercantile ; j’ai bien été présent pendant une vingtaine d’année chez quelques marchands d’art, mais il a toujours été plus important pour moi de voir mes toiles sur d’autres murs que les miens pour les confronter à d’autres espaces et à d’autres regards ( il faut être au moins deux pour comprendre et utiliser un langage  symbolique particulier ), que d’en faire un produit commercial d'ornement.
Avec cette réserve de luxe, qui éloigne d’un investissement pictural toute approche de modes, je m’isole quelque peu ; notons que toute béatitude d’un être devant un spectacle ineffable convainc celui-ci de l’aura incontestable et universelle de la chose présentée et l’homme qui en est responsable ne peut qu’être rare ; c’est ce côté religieux qui m’attire dans l’art, même si, humblement, malgré une ferveur certaine, le manque de talent et de travail ne m’a que très faiblement approché de l’indicible. Ma nature profonde d’artiste est ainsi « pure », et je suis très fier de cela.

Pour en revenir à des propos plus terre à terre, parlons du châssis nu par lequel débute l’aventure de l’élaboration de toute nouvelle toile ; ma ferveur se manifeste à partir de cette étape ; je ressemble, à ce moment là, à l’artisan du bois et (ou) du tissus qui prépare amoureusement un objet pour le rendre beau dans son utilité future ; participer à la naissance et aux premiers balbutiements d’une surface plane pour essayer de donner à son état futur sa propre identité, permet au peintre de respecter toutes les étapes de l’élaboration (je dirais : de l’éducation) qui fait que nous pouvons la regarder en comparant son parcours au notre ; nous nous mirons mutuellement en sachant que l'image aboutie n'est qu'un passage dans le temps et que sa présence a quelque chose à voir avec nos vanités illusoires cérébrales ; personnellement , je ne me sens plus peintre à ce moment là, et,  tout en regardant avec candeur (et un étonnement passif) ce que nous proposent les extensions de l'art vers les nouvelles technologie, je suis prêt à délirer de nouveau sur une nouvelle surface dans mon propre monde       ( une formation de base dans la biologie peut se ressentir dans ma peinture, mais certainement pas les technologies de pointe adaptées aux analyses que j'ai dues subir pour ne pas me noyer à contre-courant ) . 
La célèbre phrase de Nietzsche : " Dans toute morale ascétique, l'homme adresse sa pensée à une partie de lui-même divinisée et il lui est dès lors nécessaire de diaboliser l'autre partie".....est la bienvenue pour modérer mes propos sur les nouvelles technologies scientifiques ou artistiques.

Pour reprendre le fil de mon parcours artistique, entre 1985 et 1995, je suis passé sur ma toile d'une image issue d'un expressionisme dynamique (sorte de combat avec la toile, utilisant autant de larges spatules d'étalement que de larges pinceaux  emmanchés, ainsi que des couleurs industrielles glycérophtaliques), à une image plus tranquille ( mes pinceaux n'étant plus des armes, mais des des brosse plus ou moins caressantes) maîtrisant davantage les gestes de la période précédente. J'ai essayé alors de donner plus de sens en introduisant quelques éléments symboliques de mon propre langage ; ceux-ci proviennent d'élans célestes  (arrondis, cercles ) et terrestres (cube, quadrillage, plinthes vissées ou occulées....) intimement liés que j'aimerais plus primitifs (disons pré-renaissants), comme si j'apprenais ce que je cherche lors de toute inscription, loin d'un savant savoir .
Je suis attiré par une sorte d'équivalent pictural de ce qui se passe à l'intérieur d'un corps dans son organo-fonctionnalité en laissant de côté l'enveloppe de celui-ci, couplé à une sorte de bâti structurant le tout. Dans l'espoir d'unifier l'objet et le sujet de chaque toile, le côté figural ne s'inscrit que par les aléas de plasticité de l'ensemble. Puisque mon attirance actuelle vers un équivalent pictural à la bio-physiologie du corps animal se manifeste, les échanges entre les milieux intra et extra-cellulaires et (ou) entre les différents organes et en particulier le coeur se retrouvent très naturellement dans mes préoccupations d'incription sur la toile ; la musique m'est nécessaire en débutant un nouvelle aventure picturale et sa pulsation  en phase avec celle d'un rythme ou d'une arythmie cardiaque, se manifeste en influençant mes premiers gestes ; c'est la vie qui s'introduit plus ou moins consciemment et les échanges entre les différentes parties déjà inscrites amènent de la densité à l'ensemble.
Donner une image trés lisible malgré l'ambiguité de sa représentation (sans ambivalence cependant), a été probablement, dans  mon action picturale, l'occupation essentielle de mes dix dernières années de peinture.

A la satisfaction troublée d'une toile surprenante qui vient de se terminer s'ajoute le pur bonheur de ressentir qu'une partie de soi-même se dissémine ou se disperse dans la nature ; il n'est alors plus question de sagesse par un repli sur soi-même mais de son propre approfondissement dans la réalité de tout ce qui nous entoure.

P.S. : Vidéo de trente minutes de commentaires et d'images de mon  parcours pictural sur : http://dai.ly/hqOS8G

   

 

 

 

 

 

Daniel GERHARDT
Né le 15 juin 1939 à Périgueux
Études scientifiques puis artistiques à Toulouse de 1959 à 1970

EXPOSITIONS COLLECTIVES

1969 Galerie Chappe-Lautier, Toulouse
1976 ENAC, Toulouse
1977 Centre Culturel de l’Aérospatiale, Toulouse
1979 « Nouvelle Abstraction et (ou) Figuration » Université du Mirail, Toulouse
1980 « Accrochage Rive Gauche », Centre Maheu, Toulouse
         « Travaux sur papier », Centre Culturel Baragnon de la ville de Toulouse
         « Format 80 figure » ENAC, Toulouse
         « Signes et traces », Galerie Foch, Rodez
1981 « Rencontre régionale pour la création », Toulouse
         « CAPT et + », Palais des Arts, Toulouse
           Centre Culturel de Foix
1982 « Lieux d’artistes » CNAC, centre G.Pompidou (Biennale de Paris)
           Espace d’art contemporain, Le Parvis à Tarbes
           Musée Goya, Castres.
1983 « DIN 21x29,7 », galerie de Tanneurs à Tours
1984 « Pinxerunt », Centre Culturel de l’Albigeois, Albi.
1985 Galerie Jacques Girard, Toulouse
         « Pinxerunt », Palais des Beaux–Arts, Toulouse
1986 « Préfiguration du Musée d’Art Contemporain », les Jacobins, Toulouse
1987 « Feria de Mostra » (collection J.J.Lesgourgues) à Saragosse (Espagne)
1992 Galerie Montenay, Paris.
1993 Foire de Bâle (Editions de la Galerie Sollertis)
         SAGA (Editions de la Galerie Sollertis), Paris.
         Galerie Sollertis, Toulouse.
1995 « Regard d’un collectionneur » Espace Ecureuil, Toulouse.
1996 Galerie Art Connexion, Bordeaux.
         Château Pech Celeyran (Aude).
1998 Château de Poudéous (Lavaur -31)
2001 Galerie Kandler, Toulouse.
2005 Eglise des Cordeliers "septembre des arts" à Gourdon (46)
2006 "Promenade de mémoire" à Anduze (Gard)

EXPOSITIONS PERSONNELLES

1986 Galerie P.J.Meurisse, Toulouse.
        « Dessins » Centre Culturel de la Daurade, Toulouse.
1988 Galerie Acte Sud, Arles.
         Bibliothèque de l’Université du Mirail, Toulouse (édition d’un catalogue « D.G. 1986-1988 »)
         « PARCO », Préfiguration au musée de Carcassonne
         « PARCO », à Villerouge-Termenes (Aude)
1989 « Papiers noirs et blancs », Galerie Traces (M.Servet), Toulouse
1990 Galerie Sollertis, Toulouse (1ère du livre « ENCRES »de D.Gerhardt et M.Pleynet)
         Centre culturel de Foix (catalogue avec texte de P.Rodrigo « L’acte de peindre »)
1991 Salle Balène et salle de réunion des écrivains francophones, Figeac
1992 Institut français à Berlin
         Galerie Sollertis à Toulouse
1994 Galerie Sollertis à Toulouse
1995 « Pièce unique et son fard à l’entour » (toile de 3100x200 cm) ENAC, Toulouse.
1996 Galerie Kandler, Toulouse.
1997 Château Pech Celeyran (Aude), proposition Ch.Kandler et M.Servet.
2000 Galerie Kandler, Toulouse.
2003 Galerie d’art contemporain "le Carré" du Musée L.Bonnat à Bayonne : "C'est l'élé" (Trés grands formats).
2004 Eglise des Cordeliers à Gourdon « Septembre des arts ».
2006 Galerie Eponyme à Bordeaux
2007 Galerie Saint Pierre à Limoges
         Galerie "Le confort des étranges" à Toulouse
         Galerie Eponyme à Bordeaux
2008 S.C.CAVIAR : "25 ans de peintures et oeuvres récentes" à Peyrehorade (64) / Espace J.J.Lesgourgues.
2009 Espace le Clos des cimaises à Surgères (Charente).
2010 Centre culturel Bellegarde à Toulouse et
         Galerie "le confort des étranges" à Toulouse (aux mêmes dates)
         C.A.C de Portet / Garonne (31120)
         Musée de Borda et chapelle des carmes à Dax (40100).

PUBLICATIONS

1988 Livre-catalogue « D.G. / Peintures 1986-1988 » Dialogues D.G./Himoff
         Edité par le centre de promo.culturel universitaire de Tlse-Mirail.
1990 Catalogue « L’acte de peindre » Texte de P.Rodrigo ; expo.au CDC de Foix.
         Edité par le centre de développement culturel de Foix /Ariège.
         Livre « ENCRES » par D.Gerhardt et M.Pleynet ; impr.Arte-Maeght ;Paris
1991 Livre « Carnet de l’été / tel quel » Réal D.Gerhardt /SEIL-Loubet ;Drémil-L.
2003 Catalogue « C’est l’été » Expo.Bayonne / Choix des artistes : JJ.Lesgourgues
         Texte de D. Arnaudet / Photos et édition: Presse-papier (Bruneau /Génier)
2005 Livre « Noir et dérive d’errance »Texte I.Zimmermann / Réalis.: D.Gerhardt
2008-2009 :  Trois livres :"Format 200x180" extraits 1 / "portraits" / méandres et jeux d'encre sur socle"
2011 : Deux livres : "Petits formats" (texte de Jacques Lalanne) / "Formats 200x180 Extraits II"

                            

  • Le ciel coule, les formes s'effilochent.....
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2004
  • Essais constructivistes par maître d'oeuvre robotique jaune
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2010
  • Transmission de regard sur ancêtre totémisé
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180cm. / 2009
  • Méandres et imprévisions d'atelier
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2009-2010
  • Formes noires prégnantes et apport rouge d'orchestration
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2011
  • Confrontation d'une nature immanente et d'un air riche en hélium
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180cm. / 2011
  • Dossier cannelé sur trois losanges et masses noires suspendues
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2010
  • Apports aux sons monkiens et à leur silences extensifs
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2011
  • Croyance naturelle du triangle en un dieu à trois côtés.
    Huile et glycéro. sur toile / 200x180 cm. / 2011
  • La vie s'émancipe, se fait cercle, se regarde en train de naître......
    Huile et glycéro. sur toile / 97x130 cm. / 2011
  • Noirâtres, Ils se lovent et s'imbriquent sur un soupçon rosé.
    Huile et glycéro. sur toile / 97x130 cm. / 2011
  • Regards fixes sur "U.V." irradié de jaune et clôturé.
    Huile et glycéro. sur toile / 97x130 cm. / 2011
  • Sans titre (juin 2012)
    Huile et glycéro. sur toile / 2012 / 90x200 cm.
  • Sans titre (décembre 2013 )
    Huile et glycéro. sur toile / 2013 / 90x200 cm.
  • Sans titre (mai 2014 )
    Huile et glycéro. sur toile / 2014 / 90x200 cm.
  • 2016 (octobre 2016 )
    Huile et glycéro. sur toile /2016 / 90x200 cm.
  • 2016 ( Deux 90x200 cm. accolés )
    Huile et glycéro. sur toile / 2016 / 180x200 cm.( deux 90x200 )

 

Texte de Didier Arnaudet sur l'exposition de trés grands formats au " Carré" du musée Bonnat.
   (Titre de Exposition : . « C’est l’été »  /  Bayonne été 2003)

De toute évidence, cette peinture est d’abord un geste et donc un faisceau de possibles. Le risque est de céder à la force de l’engagement. Sans recherche ni réflexion. Daniel Gerhardt connaît les dangers de l’exercice. Son geste est avant tout un choix et un accomplissement. Mais il n’est pas question par là d’en connaître tous les ressorts, d’en calculer tous les impacts pour gérer au mieux sa densité et son éclat. Le geste répond à un désir de peinture et ce désir décide de sa signification. Nous sommes en présence de formes et de tensions, de couleurs et de circulations, de traits et de points, de signes de figuration et de recours à l’abstraction. Ce qui se développe, c’est une énergie qui doit garder son dynamisme initial. Cette peinture ne veut compter que sur elle-même pour s’imposer et pour agir. Elle doit avoir autant de force que les autres réalités entre lesquelles elle s’insère. Elle doit se construire dans une constante exigence et assurer sa cohérence dans des liens ininterrompus entre les éléments qu’elle convoque et auxquels elle assigne une place. Daniel Gerhardt n’en fait pas un accès à une connaissance supérieure ni un processus d’ouverture vers l’invisible. Il la donne simplement mais fermement pour ce qu’elle est : une activité ayant pour objet une expression pleinement prise en charge et pour résultat une plus claire conscience de l’acte de vivre. Car, en dépit de la résonance très physique de la démarche, c’est finalement une expérience sensible que Daniel Gerhardt poursuit depuis tant d’années, faisant aussi bien participer sa condition d’homme que le monde qui l’environne. L’aridité qu’on pourrait craindre est donc circonscrite par une sensualité parfaitement équilibrée.

Didier Arnaudet, mai 2003

                                                                                                                                               
 

Texte de Chouky Garrigues sur une toile de 97x130 cm. peinte en 2011.
 
(Titre parmi les oeuvres présentées : "La vie s'émancipe , se fait cercle, se regarde en train de naître". 
 

  Au commencement était le rose, le rose du cœur, le rose « Heart », celui de Daniel Gerhardt, le rose « du passé lumineux », le rose vibrant qui « recueille tout vestige ». Ces vestiges incandescents investissent la toile éblouie et scandent la mécanique ondulatoire de particules colorées.
Le rose du commencement est apparu au firmament de la toile, par lui toutes les autres sonorités tonales ont pu exister, se mouvoir, s’ordonner. Des profondeurs du rose surgissent des corps flottant d’un vert de mousse attendrie et s’élèvent, par degré, vers des espaces hors champ. Le rose se renforce et devient grave, il tente de barrer l’avancée des propositions végétales par force méandres impérieux. Enfin la Lumière lumine, d’une blancheur glacée, contrôlée par l’évidence de rouages mathématiques très subtils. Le rose pactise avec le blanc, dévoilant ainsi les noirs profonds qui sommeillaient. La Vie s’émancipe et se fait cercle, se regarde en train de naître, des yeux apotropaïques se dissimulent sous des masques en forme de chevrons venus du fond des âges des premières écritures.  
Au commencement était l’écriture picturale de Daniel Gerhardt, écriture flamboyante et incisive. Point de rature ni de scorie, tout est calibré et précis, la pensée est affûtée et l’émotion contrôlée. Pourtant, par des trouées de rose laissées libres, la ferveur émerge, par effraction, elle gagne toute la toile et cloue sur place le spectateur. Le rose nous monte aux joues, et irradie tout l’espace, l’espace de la Peinture, celle que l’on aime, celle qui nous fait sortir de nous même, celle qui nous rend meilleur, celle qui abolit la médiocrité, celle du Grand Art.

                                                                                                                                          Chouky