Museum of Modern and Contemporary Art in Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Artiste en Midi-Pyrénées

Christian Poquet | Artistes

Christian Poquet

  • 10 Avenue de Lyon
    31500 Toulouse
    • Tél. 06 52 12 97 03
    • Tél. 05 61 58 26 16
  • hch.poquet@free.fr

 

Né à Versailles en 1945, Christian Poquet intégre l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris. Il s’installe à Toulouse en 1966.

En 1990, Christian Poquet entame un premier travail de type sériel sur le thème de la Grottesque.
En 1994, il reçoit une bourse d’aide à la création du Conseil Régional Midi-Pyrénées pour son travail "Miroirs aux alouettes" (1993-1995), qui sera présenté dans la friche industrielle du Centre Bradford à Aussillon (81). Il participe également à l’exposition collective les nourritures terrestres à l’Espace Ecureuil à Toulouse, organisée par le Frac Midi-Pyrénées.
De 1996 à 1998, il expose sur le thème "Des jours sans gloire" (Forum des Cordeliers, Galerie l’Art en Stalles, Espace Apollo, Gare aux Artistes…) et fait deux rencontres importantes, avec Marc Marin, Directeur de l’Espace Apollo de Mazamet (exposition en 1996 et 1999),  l’autre avec Jean-Claude Bastos, Metteur en scène.

En 1997, il exporte ses œuvres en Ukraine, invité à Kiev dans le cadre du Jumelage Toulouse – Kiev. La même année, il rencontre Serge Rolland, Directeur de la Galerie Le Rire Bleu à Figeac qui visite son atelier et, enthousiaste, décide de l’inscrire aux côtés des artistes déjà exposés dans sa galerie (expositions personnelles en 1999 et 2002).

C’est en 1998, qu’il débute son travail sur "Numance" (1998-2000) autour du Siège de Numance de Cervantès. L’année suivante, il entame une collaboration avec Jean Claude Bastos sur ce même thème (performances, lectures), une expérience qui se révèle très enrichissante pour les deux artistes. Jusqu’en 2001, il réalise de nombreuses expositions autour de cette thématique (Espace Apollo, Gare aux artistes, lycée des Arènes, Galerie le Rire Bleu, Abbaye-Château de Camon).

En 2002, il expose pour la première fois, à la Galerie le Rire Bleu à Figeac, sa nouvelle série "Les Veilleurs" (1999-2004). Le Musée/Centre d’art contemporain les Abattoirs de Toulouse, est le premier à faire l’acquisition d’œuvres appartenant à cette série pour sa collection.

En 2004, Ch. Poquet met en avant, au Centre Cégétel Service de Toulouse, une centaine d’œuvres retraçant 10 ans de carrière (de 1993 à 2003), sous le titre "On avance…on avance !"
La Galerie Croix-Baragnon (galerie municipale de la Ville de Toulouse) montre ses derniers travaux "Les Veilleurs. Suite et fin !" Pour cette exposition il réalise un ensemble de dessins noir & blanc qui viennent conclure la série les Veilleurs.

En 2005, Christian Poquet revient à Paris pour une première exposition personnelle à la galerie Sycomore Art où il présente "la Suite des Anges", un ensemble de dessins N&B et une intallation in situ réalisée sur mur au graphite et à la pierre noire; quelques dessins sont également montrés à la galerie Sycomore Art Sao Paolo au Brésil.

En mars 2006, il est invité à participer au festival Traverse Vidéo. Répondant au propos sur " l’état du monde " il investit le Forum des Cordeliers à Toulouse avec " l’atelier trans-porté " et durant un mois il travaille dans cet atelier déplacé, en présence du public.

H.P. Koultacheff

Christian Poquet
Né  à Versailles en 1945
Etudes : ENSBA Paris

Inscrit à la Maison des Artistes

Adresses :

Atelier :
10, avenue de Lyon                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               31500 Toulouse
tél.: 06 52 12 97 03

sites :

www.lesabattoirs.org (la collection)
 

Expositions personnelles / Evénements

2013 - Dépasser la surface des choses. CIAM, La Fabrique, Université Jean-Jaurés, Toulouse

2013 - En Vrac, La Cantine, Toulouse

2011- Des Anges, Centre Culturel Bellegarde, Toulouse (31)

2006 -Evénement/présentation du portfolio-« des anges », Galerie le confort des étranges - Toulouse (31)
2006 -Traverse Vidéo, L'état du monde - l'atelier trans-porté, Forum des Cordeliers, Toulouse
2005 -la Suite des Anges, Sycomore Art, Paris (75009)
2004 -Les Veilleurs, suite et fin !, Espace Croix-Baragnon, Toulouse (31)
-On avance…on avance !, Centre Cégétel Service, Toulouse (31)
2002 -Les Veilleurs, Galerie Le rire bleu, Figeac (46)
2001 -Numance, Abbaye-Château de Camon, Camon (09)
1999 -Numance, Galerie Le rire bleu, Figeac (46)
-Numance, Galerie du Lycée des Arènes, Toulouse (31)
-Numance, exposition, performance-lecture autour de l’œuvre Le siège de Numance de Cervantes,
mise en scène Jean-Claude Bastos, Gare aux artistes, Montrabé (31)
-Numance, exposition, performance-lecture autour de l’œuvre Le siège de Numance de Cervantes,
mise en scène Jean-Claude Bastos, Espace Apollo, Mazamet (81)
1997 -Des jours sans gloire, Gare aux artistes, Montrabé (31)
1996 -Des jours sans gloire, Espace Apollo, Mazamet (81)
-Des jours sans gloire sur papier libre, Université Toulouse-Le-Mirail, Forum des Cordeliers, Toulouse (31)
1994 -Miroirs aux alouettes, Centre Bradford, Aussillon (81)

Expositions de groupe

2015 - Noir et Blanc. Christian Poquet, Bistra Lechevalier. Espace muséographique Georges Baccrabère, Institut Catholique de Toulouse, Toulouse

2010 -Filicophytes, Halogénures, échinodermes et autres artistes. Gianni Burattoni, Eunji Peignard-Kim, Jürgen Schilling, Christain Poquet. Fondation Caisse d'Epargne pour l'art contemporain,  Museum d'Histoire Naturelle, Toulouse                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            2010 - Naturel(ment), Gianni Burattoni, Eunji Peignard-Kim, Jürgen Schilling, Christian Poquet. En partenariat avec la  Fondation Caisse d'Epargne pour l'art contemporain. Atelier Blanc, Villefranche de Rouergue (12)
2005- 2007 Galerie Sycomore Art Sao Paulo, Brésil
2004-2006 -Galerie Le rire bleu, Figeac (46
2004 -Le geste et le signe (collection Musée les Abattoirs), partenariat les Abattoirs, Ville d’Albi, Inspection Académique du Tarn, Hôtel Rochegude, Albi (81)
1999-2004 -Galerie Le rire bleu, Figeac (46)
1997 -Le printemps de Kiev, 4 artistes de Toulouse invités par la Ville de Kiev ,
exposition dans le cadre du jumelage Toulouse / Kiev, Kiev (Ukraine)
-Galerie Le rire bleu, Figeac (46)
-Garonne le festival, Toulouse (31)
1994 -Les nourritures terrestres, Frac Midi-Pyrénées/Espace Ecureuil, Toulouse (31)

Collections publiques et privées
Commandes publiques / Bourses

2014- Collection municipale, Villeneuve-Tolosane

2009 -Collection Bibliothèque d'Etude et du Patrimoine, Toulouse                                                                                                                                                                                                                                                             2006-Collection municipale, Villeneuve-Tolosane (31)                                                                                                                                                                                                                                                                                                2004 -Collection SFR Midi-Pyrénées
2003 -Collection les Abattoirs, Musée/Centre d’art contemporain, Toulouse

1994 -Bourse d’aide à la création du Conseil Régional Midi-Pyrénées
1993 -lauréat du concours d’affiches ; Midi-Pyrénées vue par les artistes, Conseil Régional Midi-Pyrénées
1990 -1% mur peint, cantine scolaire, Ecole Maternelle de Lagardelle/Léze (31)
1988 -1% fresque murale, Ecole Primaire de Lagardelle/Léze (31)
1983 -Fresques murales, CHS de Lannemezan-65

Résidence d’artiste

1999/00 Artam ! l’art et l’enfant. Artiste associé auprès des services culturels de la Ville de Colomiers, en partenariat avec l’Education Nationale et la Drac Midi-Pyrénées dans le cadre des Contrats de ville. Colomiers (31)

Bibliographie / Audiovisuel / Edition

-« des Anges » , édition d'un portfolio de 7 lithographies originales N&B (25 exemplaires), atelier de lithographie Philippe Parage, 2006
-Catalogue de l’exposition « l’état du monde », Traverse Vidéo, 2006
-« Pourtant artiste !», vidéo 17’, Réalisation Simone Dompeyre, production Lycée des Arènes, Toulouse, 2005
-OC-TV.net, oct. 2004
-Parcours des arts, 2004
-« le bbb reste ouvert pendant l’inventaire , une création contemporaine en Midi-Pyrénées », DVD, 2004
-« les Veilleurs » au Rire Bleu, Toulouse-Mag, 2002
-Christian Poquet : « la peinture obstinée », Itinéraire des arts Midi-Pyrénées Juillet / octobre 2001 N° 11
-Brigit Bosch, « Christian Poquet, Numance », Flash N° 1014, Mai 1999
-catalogue de l’exposition « le printemps de Kiev », Kiev, Ukraine, 1997
-H.P. Koultacheff, « Miroir aux alouettes », Centre Bradford Aussillon 1994
-Henry Beulay, « Annuaire de la création contemporaine, Art contemporain en France », p.103, Ed Tétraed,
Stasbourg 1988
-FR3 Tarn, « Le miroir aux alouettes » Aussillon, 1994

  • Les Veilleurs
    2003 Acrylique sur papier marouflé sur toile, 89x116 cm
  • La Suite des Anges
    2005 Dessin graphite et pierre noire sur papier marouflé sur mur. Galerie Sycomore Art, Paris
  • La Suite des Anges
    2005 Dessin graphite et pierre noire sur papier marouflé sur mur. Galerie Sycomore Art, Paris
  • Filicophytes, halogénures, échinodermes et autres artistes.
    2010 Vue de l'exposition Filicophytes, halogénures, échinodermes et autres artistes. Fondation Caisse d'Epargne pour l'art contemporainn
  • Filicophytes, halogénures, échinodermes et autres artistes.
    2010 Dessin graphite et pierre noire sur papier marouflé sur toile, 80 x 80 cm
  • Filicophytes, halogénures, échinodermes et autres artistes.
    2010 Mural (détail) : dessin graphite et pierre noire sur papier marouflé sur toile et sur mur. Fondation Caisse d'Epargne pour l'art contemporain
  • Des Anges
    2012 Acrylique sur papier marouflé sur toile, 60 x 60 cm
  • Des Anges
    2011 Pierre noire sur papier imprimé marouflé sur toile, 60 x 60 cm
  • Des Anges
    2011 Pierre noire et collages sur papier imprimé marouflé sur toile, 60 x 60 cm
  • Des Anges
    2012 Acrylique sur papier marouflé sur toile, 60 x 60 cm
  • Des Anges
    2011 Pierre noire sur papier marouflé sur toile (détail)
  • Des Anges
    2011 Pierre noire sur papier marouflé sur toile 80 x 80 cm

Des Miroirs aux alouettes
1993-1995
Miroir aux alouettes : Petit Robert : Engin composé d’une planchette mobile munie de petits miroirs que l’on fait tourner et scintiller au soleil pour attirer les oiseaux. Fig. : ce qui trompe, ce qui fascine : leurre, piège ; par extension : duperie, illusion, imposture, tromperie. Leurrer : fig. : attirer par des apparences séduisantes, des espérances vaines.
Miroirs aux alouettes, bien sûr l’allusion métaphorique se suffit en elle-même, le miroir aux alouettes est partie intégrante de notre bagage culturel – symbolique, linguistique, ethnographique – mais somme toute, l’objet, peu connu formellement, est d’un intérêt plastique certain. Présent, plus ou moins dissimulé, nous le découvrons dans toutes les toiles de ce travail, associé à des archétypes du corps humain, à des citations culturelles empruntées aux grandes mythologies fondatrices.
Devenu leitmotiv, le miroir est prise de distance – jeu de miroir, piège, illusion – leurre du retour aux sources, à l’âge d’or ; distanciation aussi face aux situations données à voir qui semblent nous conter une histoire mais n’explicitent rien pourtant, l’artiste démiurge dévoilant son propre monde, miroir aux alouettes aussi !
Ne sont pas leurre toutefois, les interrogations émergeant de cette peinture. A travers l’humour qui participe aussi de son œuvre, Christian Poquet chercherait-il à nous interpeller sur les leurres de nos sociétés, ou sur les impasses de l’art (récurrence de la thématique du miroir aux alouettes mais aussi du labyrinthe) ?
La peinture, art de l’illusion, nous renvoie encore à l’apparence, nous piège encore à travers le miroir des apparences, la peinture nous renvoyant encore et toujours à la peinture.

H.P. Koultacheff, 1994

 

Des jours sans gloire
1995/96/97
Le pérégrin, petit personnage en marche, revient de façon prégnante tout au long « des jours sans gloire », toujours en errance, en quête, il souligne le concept d’ « itinérance ». Cheminement, « itinérance » de l’artiste toujours en proie au doute, mais aussi universalité du questionnement humain. Le pérégrin, comme interpellation, figure le fil d’Ariane de la peinture de Christian Poquet. La saturation, l’excès dans le recouvrement des surfaces, amènent un hiatus, un brouillage dans la lecture, brouillage qui implique le vide par le trop plein, l’excès pouvant nuire à la lisibilité de l’image. Piège, labyrinthe...

Hélène Poquet, 1996

 

Numance
(d’après Cervantès) 1998-2000
L’histoire se passe au IIe siècle avant notre ère. Rome se bat en Espagne, depuis des années, contre Numance qui résiste. Pour en finir, Rome décrète un siège sans merci... et Numance choisit de priver le vainqueur de son triomphe par un suicide collectif. L’histoire est vraie.
A la fin du XVIe, Cervantès en fait un poème dramatique. Un texte fascinant, magnifique et redoutable à la fois, fait de chants et de rites successifs.
La peinture de Christian Poquet, depuis des années, dit l’encerclement, l’enfermement ; mais aussi le parcours du combattant ou du pèlerin qui marche, obstinément... Colorée, nerveuse, sa manière procède par signes et archétypes, à cheval sur la frontière entre la figuration et l’abstraction. Elle décline les thèmes par séries. Récurrences obsédantes.
La rencontre de cet artiste avec ce texte est à la fois logique et étonnante.
Notre propos a été de chercher comment le poème dramatique a suscité chez le peintre les images. Et comment, en particulier, certaines parties du texte d’origine (certaines et pas d’autres) résonnent dans sa peinture.

Jean-Claude Bastos, Metteur en scène, 1999 (extraits)

 

Les Veilleurs    
1999-2005
Veilleur –    Celui qui guette. Sentinelle. Celui qui est en état de veille, de vigilance (Petit Robert).

L’écriture plastique de Christian Poquet depuis « Les miroirs aux alouettes » (1993- 95), jusqu’aux «Veilleurs», en passant par «Des jours sans gloire» et par « Numance » (d’après Le siége de Numance de Cervantès), ne se départit pas du langage allusif, métaphorique.

Le veilleur est celui qui reste en état de conscience, qui ne s’assoupit pas . Le pérégrin présent dans « des jours sans gloire », personnage toujours en marche, en quête, est ici immobile, vigilant. L’ambiguïté du pérégrin, sorte de soldat ou de pèlerin, est encore perceptible dans les veilleurs, en dehors de toute anecdote : il est soldat armé, sentinelle inquiétante ou bien celui qui veille sur l’état du monde. Pour Christian Poquet ce qui importe c’est de donner à voir, mais dans l’ambiguïté du non-dit, de l’allusion et du symbole, plus que dans l’image percutante, réaliste qui dit en direct mais qui se banalise dans le foisonnement informatif qui nous submerge.

Veiller ! Peut-être l’engagement des artistes ?... « Celui qui veille est celui qui résiste » nous suggère Christian Poquet. Le travail de Christian Poquet, qui excelle dans les recherches colorées, nous piège à travers un formalisme attrayant, pourtant le propos est toujours une interrogation, un constat obsessionnel sur le mauvais état du monde, la réalité de ce monde actuel, et, en leitmotiv, la permanence de la nécessité de résister. La peinture de Christian Poquet se stratifie dans le temps autour de problématiques et de concepts récurrents. A travers une écriture du signe et de la couleur, sur le mode sériel, souvent itératif, le travail s’élabore par strates, par superpositions, devant, derrière - stratification formelle mais aussi du sens. L’œuvre est polysémique, les concepts n’y sont pas lisibles dans l’immédiateté du fait d’une sorte de brouillage graphique de l’image. L’écriture est libre, la vision elle obsessionnelle, mais c’est d’évidence la manière de Christian Poquet d’appréhender la réalité du monde et de la représenter dans sa propre immanence.
Christian Poquet est engagé dans une peinture jubilatoire et revendiquée comme telle, même si le regard porté sur le monde reste profondément critique.

H.P. Koultacheff

 

En avril 2005, j’ai eu la chance de voir le dernier tableau peint par Christian Poquet. C’est une œuvre qui se découvre en plusieurs temps. D’abord s’opère la séduction provoquée par l’intensité, la richesse et les vibrations des bleus. Christian Poquet aime peindre, il a besoin de satisfaire le regard. Ce dernier tableau est moins compartimenté que ceux de séries précédentes : le siège de Numance, des jours sans gloire, le miroir aux alouettes, les Veilleurs.
Cette œuvre récente montre des anges sans ailes, qui volent dans un ordre impeccable, occupent presque tout l’espace du tableau. Comme pour les œuvres antérieures, Christian Poquet peint sur du papier kraft marouflé sur toile. Il aime cette trame.
Quelle que soit la richesse de son imagination, il a besoin d’une organisation... très particulière. C’est un des aspects troublants de cette peinture dans laquelle on croit avoir des repères mais ces repères sont contredits par d’autres codes. Quand l’artiste travaille, le tableau est posé à l’horizontale, le regard au-dessus, et tout en peignant, il tourne la toile. La notion de bas et de haut est volontairement empêchée.... Et cependant, dans toutes les toiles, une fois redressées pour être exposées, la zone du bas est occupée avec plus de densité, comme si malgré tout, la loi de la pesanteur réussissait quand même un peu à s’imposer.

Ces anges ne sont pas libres, ils sont clonés et défilent avec discipline. Des formes prédécoupées de différents formats sont toujours à portée de main du peintre, prêtes à participer à la peinture. Certains de ces anges sans ailes se sont fait prendre dans un filet dans le bas de la toile.
Devant une toile de Christian Poquet, il est difficile de s’installer dans un regard confortable. L’œil est séduit par les couleurs, troublé par des perspectives qui ne sont pas celles imposées depuis la Renaissance, pas non plus celle des peintres et sculpteurs du moyen âge. Le système de hiérarchie des formes et des personnages n’a rien de cartésien ; il me semble plus poétique qu’onirique. Et pourtant, Christian Poquet travaille l’équilibre, l’harmonie ; un équilibre et une harmonie qui lui sont propres.
Des nouvelles figures s’imposent : les anges, mais les anciennes ne disparaissent pas pour autant. Veilleur. Homme allongé acculé, écrasé par des forces extérieures, il souffre mais résiste.

« Ceux qui résistent sont ceux qui veillent » Cette phrase est épinglée sur le mur de l’atelier, en parfaite cohésion avec cette peinture à la fois séduisante et déconcertante, aux allures narratives mais sans récit. Les protagonistes sont probablement des métaphores de lectures importantes, de réflexions philosophiques, littéraires ou politiques. Ils apparaissent sur la toile dans un ordre qui lui est propre ... jusqu’à ce qu’apparaisse un point d’équilibre au bord du déséquilibre.

Catherine Huber, 2005

La suite des anges
Résolument peintre, Christian Poquet se consacre pourtant essentiellement au dessin N&B depuis plus de deux ans, même s’il affirme qu’il « peint en dessinant ». SYCOMORE ART présente un ensemble de dessins ainsi qu’une installation in situ réalisés au graphite et à la pierre noire. On y retrouve le vocabulaire propre à C. Poquet qui utilise la polysémie et l’efficacité du signe et de l’archétype pour soutenir un propos rémanent dans son travail depuis de nombreuses années.

La Suite des Anges succède à la série des Veilleurs qui s’est développée à travers peintures et dessins depuis 1999, mais aucune rupture dans cette succession car l’artiste opère par glissements, par évolution lente, par va-et-vient entre formes et propos. La « suite » dans le sens de « qui vient après » mais surtout dans le sens de cortège, théorie, procession où l’on devine dans les dessins des escadrilles d’anges, avec ou sans ailes, sorte de créatures hybrides, ambiguës, amphiboles. Les anges sont clonés, menaçants, rarement bienveillants. Nous sommes loin du messager grec* qui a perdu ses ailes qui elles aussi vivent leur vie propre. Encore plus que dans de précédents travaux l’artiste s’attache à la notion d’ambivalence, d’entre-deux.
Ancré dans un langage métaphorique - non dénué d’humour et de poésie - pour nous relater ses réflexions, C. Poquet nous maintient en questionnement tout en portant un regard critique sur le monde.

*aggelos, messager en grec

HP 2005

 

Le sexe des Anges ?

Mais non, beau messager, pâtre grec à
la chevelure bouclée, pourtant,
déjà,
être hybride, ambigu, habile et rusé,
entre Olympe et Royaume
des morts...

Des processions, des suites d’anges
que l’on devine en escadrilles
– avec ou sans ailes – créatures
amphiboles.

Ambivalence, entre-deux.

Anges clonés, menaçants, déchus !

La Chute...
La musique !
Sifflements angéliques
des bombes, vrombissements des
messagers ailés.

Alter Ego, à moi semblable,
entre ombre et or.
Anges exterminateurs...

« La tradition mettait au dessus de
nous les Anges... (...)
La tradition les appelle Puissances,
Trônes et Dominations : tous ceux qui
perchent au sommet des échelles ».

Michel Serres, La légende des Anges,
Flammarion, 1999

Hélène Poquet 2006