Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Artiste en Midi-Pyrénées

Virginie Loze | Artistes

Virginie Loze

 

L'oeuvre de Virginie Loze questionnent les menaces qui défient l’individu et les atteintes portées à son intégrité. Le dessin, permanent dans sa démarche est associé à la peinture, à des projections vidéo ou des matériaux superposés au dessin.

Ces peintures singulières sont amplifiées par une grande maîtrise du dessin et une évidente spontanéité. Les lignes se révèlent de faille et de fouille. L'artiste extirpe avec cynisme les traits intoxiqués d’une humanité grimée dans sa caricature. Elle gratte l’image et touche du doigt la plaie de l’icône.

L'oeuvre de Virginie Loze est dans la collection du Musée d’art moderne et contemporain Les Abattoirs de Toulouse, elle participera à l'édition 2018 du Printemps de Septembre à Toulouse.

Virginie Loze vit et travaille à Toulouse, France

Formation

1989  DNSEP, Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique avec mention, Ecole des Beaux Arts de Toulouse          

1984  Année préparatoire, Ecole Municipale des Beaux Arts de Tarbes (64)

1983  Baccalauréat Economie, lycée de Muret (31)

 

Expositions personnelles

2018   Printemps de Septembre, curateur Christian Bernard, Toulouse

2017  Fresque murale dans l'espace public, festival Graphéine, DRAC, ville de Toulouse

2017  Art et culture Château La Falgalarié, Aussillon, curateur Françoise Aline Blain (81)

2013   Galerie de la Borde Basse, Castres (81)

2012   Centre culturel Bellegarde, Toulouse

            Centre culturel Léonard de Vinci, ENAC, Toulouse

2007   Domaine vinicole Bertaud Belieu, St Tropez (06) 

             Villa Formose, Ecole des Beaux Arts de Pau (64)

2001    Le fruit de la rencontre, commissaire Marie Angelé, Musée Raymond Lafage, Lisle sur  Tarn (81)

2000    Cartel de l’hippodrome, Toulouse

1996    Galerie Sin Titulo, Nice

1992    Galerie l’Officina pour Ricognizioni II, Pérouse, Italie

1989    Galerie du quai, école des Beaux Arts de Toulouse

 

Expositions collectives

2017    Espace Croix Baragnon, D’ici, de là, avec Gaël Bonnefon, Kirill Ukolov, Emmanuelle Castellan, Toulouse

2014    Féminités, avec Mirka Lugosi, Pierre Molinier, Klossowski,...Espace Croix Baragnon, Toulouse

             Entre maintenant et juste après, Galerie Episodique, Paris

2011    Hybrides et chimères, collection FRAC Midi-Pyrénées, Château de Taurines (12)

2010    Hybrides et chimères, collection FRAC Midi-Pyrénées, Le Parvis, centre d'art contemporain, Tarbes (65)

             Mosaïque, les 25 ans de l’école Prép’Art, Paris

             10 ans, un musée, un FRAC, une collection, musée d’art moderne et contemporain Les Abattoirs, Toulouse

2009    Am Eck, avec Daniela Georgieva, Düsseldorf

             Le bureau des ouragans, Graphéïne, commissaire Manuel Pomar, centre d’art Le Lieu Commun, Toulouse

2008    Tandem, Saison culturelle européenne France / Rhénanie du Nord Westphalie avec Daniela Georgieva, 

              Espace Croix Baragnon, commissaire Françoise Lacoste, Toulouse

              Chacun son genre, commissaire Emmanuelle Hamon, Musée Goya, Castres (81)

2007     Le lieu Commun, collection privé La compagnie Alain Bublex, Richard Fauget,...Toulouse

              Centre d’Art Le Lait, Castres et Albi (81)

              Centre d’Art Le BBB, Toulouse

              Ste Jeanne vous en promet, chez Jeanne Lacombe, Toulouse

2006    Absolumental, commissaire Pascal Pique, avec Peter Kloger, Jan Fabre, Philippe Decrauzat,... Musée d’Art  

              Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse

2005    Vertiges, Printemps de Septembre, commissaire  J. M Bustamente, avec Fred Tomaselli, Alice Anderson, Jake et  

             Dinos Chapman, Franz West,...Toulouse

             Palais des Evêques, commissaire Emmanuelle Garnier, St Lisier (09)

            4x4, Guillaume Pinard, Kristina Solomoukha,... A la Plage, Toulouse

            Draw, commissaire Jean François Sanz, avec Cameron Jamie, Bruno Peinado, Matthew Greene, Robert

             Crumb,…galerie du Jour, Agnès B, Paris

            Vinyles, commissaire Catherine Macchi de Vilhena, le Labo, Nice

            Put some dirt,  commissaire William Gourdin, Musée d’Art Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse

            Plus si affinités, commissaire Pascal Pique, avec Laurent Montaron, Delphine Gigoux-Martin,... Fiac (81)

            Galerie de Fiac, commissaire Patrick Tarres, Fiac (81)

2003   Cartes postales pour A la Plage, lycée Raymond Naves, Toulouse

2002   Virginie Loze et Eric Poitevin, par A la Plage, lycée Raymond Naves, Toulouse

1997   Sous la glace, galerie Sin Titulo, Nice

            Galerie Villette, Paris

           Adieu monde cruel, Béatrice Cussol, Olivier Nottelet,… Paris

            Galerie Pierre Nouvion, commissaire Stéphane Magnin, Monaco

1995   L’art du tampon, Brain Cell, musée de la poste, Paris

1993   38éme salon de Montrouge, commissaire Nicole Ginoux, Une certaine idée de la Méditérranée, Jean Luc Parant,  

            Jean Luc Verna,  Philippe Ramette, Philippe Parreno, Philippe Mayaux, Pierre Joseph, Jean Luc Blanc,  

            Michel Blazy, Arman, Ben, César, Claude Gilli, Yves Klein, Robert Malaval, Bernard Venet….Moutrouge

            Europ’art sans frontières, Paris

1992   37ème salon de Montrouge, commissaire Nicole Ginoux, Hommage au galeriste Karl Flinker, Djamel Tatah,  

    Ghada Amer, Martial Raysse, Edouardo Arroyo, Paul Klee, Vassili Kandinsky…Montrouge

     Petits formats, la Spadem, Paris

     Les rebelles américains, la Forge, Paris

             Peintures et photographies, le Mégafaune, Avignon

             Portes ouvertes des ateliers d’artistes de Belleville, Paris

1991   4ème biennale internationale d’art contemporain, Brignoles (06)

1989   Biennale des écoles d’arts d’Europe, Anvers, Belgique

1988   Programme Erasmus, Université La Laguna, Ténérife

 

Editions monographiques : Carnet Sagace n° 16 - Virginie Loze, école des Beaux Arts de Pau, 2007 ● Virginie Loze Love me, Le Dernier Cri, 2005

Catalogues : Entre maintenant et juste après, Galerie Episodique, Paris, 2014 . Das beste und das schlimmste, Virginie Loze et Daniela Georgieva, Tandem Düsseldorf 2010 ● Mosaïque, les 25 ans de l’école Prép’Art, Paris, 2010 ● Tandem, Espace Croix Baragnon, Toulouse 2008 ● Chacun son genre, Musée Goya, Castres 2008 ● Vertiges, Printemps de Septembre, Toulouse, 2005 ● Plus si affinités, Fiac, 2005 ● 38éme salon de Montrouge, 1993 ● Ricognizioni II, Pérouse 1992 ● 4éme biennale de Brignoles, 1991.

Revues : Bilbo K Spirit, 2008 ● Bilbo K L’empreinte, 2003 

Editions collectives : Et pour toi c’est quoi l’art ? Catalogue de cartes postales, Entrez sans frapper, 2010 ● Le dernier Cri  n°10, édition sérigraphiée, 1995 ● Brain Cell, mail art, édition sérigraphiée, 1995 -1998

Critiques : Freak sister  Jacques Norigeon in Carnet Sagace n° 16 Virginie Loze, 2007 ● Mural pour le film, séquence n°6, essai vidéo n°1 Eric Vidal, 2007 ● Fantômes en réserve Catherine Macchi de Vilhena, 2005 ● Virginie Loze Pascal Pique, Vertiges - Printemps de Septembre 2005 ● Le fruit de la rencontre Alain Boullenger, musée Raymond Lafage, 2001 ● Poèmes Christian Creseveur, 1996 ● Virginie Loze Catherine Macchi de Vilhena, galerie Sin Titulo, 1996

Articles de presse : Virginie Loze, dessine-moi un mouton noir  Swann in Multiprise, déc. 2008, p 9 et 10 ● Chacun son genre, six artistes au Musée Goya Ch. Lubienicki in L’Echo du Tarn, fév. 2008 ● Tandem Espace Croix Baragnon, Toulouse : Le pas de deux  in Parcours des arts n°16 p 20, 2008 ● Tandem-l’exposition et son double in Toulouse cultures n°250 p 46, oct. 2008 ● Dessin en tandem à l’Espace Croix Baragnon in La voix du midi n° 6739 p 22, nov. 2008 ● Tandem art franco-allemand in Let’s motiv n° 98 p 76,  nov. 2008 ●Quand l’Europe se fait art  in Intramuros, n° 330 p 18, nov. 2008 ● Dessin en tandem in Toulouse cultures n° 251, nov. 2008  ● Vertiges Bernard Marcelis, Printemps de Septembre 2005, in Art press n°318 p 86 ● Les dérivations du mental -Absolumental, les Abattoirs, Bénédicte Soula, in Parcours de Arts n°9  p 22 ● Trois femmes dans une exposition in Parcours des arts n°4 p 36, juil-oct. 2005 ● Avec Virginie Loze Catherine Macchi de Vilhena in Air n°2, déc. 1997 ● La forge, trente artistes squattent et le public vient in Actuel n° 23 déc. 1992 ● 1er prix d’affiche, Chambre des métiers, à la une, in La nouvelle République des Pyrénées n°11988, janv. 1984

Performances : Bicentenaire de la Révolution de 1789, université Paul Sabatier, Toulouse, collectif d’artistes, 1989 ● Universal Loteria Moderna, Ecole des Beaux Arts de Ténérife, collectif d’artistes, 1988.

Autos éditions : Ecrits Je me souviens 2007 ● 18 épreuves tirées à la feuille sur copieur à partir de dessins pour A la plage aux Rencontres photographiques de Lectoure et à Fiac (81) 2001 ● Edition illimitée tirée à la feuille sur copieur de collages sur papier, catalogue VPC L’Index, 1996 ● Cartes postales Resto du Cœur, 1984.

Entretiens : Virginie Loze/ Françoise Aline Blain 2017

Textes personnels : Mural pour le film, séquence n°6, essai vidéo n°1 2005 ● + Si affinités 2005 ● I’m innocent 2004 ● I hope to see you soon Angela 2004 ● La guerre 2004 ● Dessin vidéo 2004 ● A propos du dessin 2003 ● Virginie Loze-Mail art in Air n°2 p 46-47, déc. 1997 ● Initiative reconstructive 1992 ● Carré blanc 1992 ● La confusion des recommencements 1990 ● Mémoire fantastique 1989 ● Virginie Loze - Peinture 1988-1992

Bourses et résidences : Mars-avril 2009, résidence, municipalité de Düsseldorf ● 2004, Aide Individuelle à la Création, DRAC ● Mai-juin 1989, bourse Erasmus, école des Beaux Arts de Santa Cruz de Ténérife

Prix : Prix d’excellence photographique, Art Horizon, New York, 1988 ● 1er prix d’affiche, Chambre de commerce et d’industrie, Tarbes, 1984

Enseignement : 2012-2018 ENAC Ecole Nationale de l'Aviation Civile, Toulouse ● 2011-2018 MJC de Castanet Tolosan ● 2000-2018 Musée Goya, Castres ● 2012-2018 Centre Culturel Bellegarde, Toulouse ● 2005-2014 Prép’Art Toulouse, école préparatoire aux concours des écoles d’art 

  • 2017, 65 x 50 cm
    Acrylique sur papier
  • 2017, 65 x 50 cm
    Acrylique sur papier
  • 2017, 65 x 50 cm
    Acrylique sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur, pastel sec sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur, pastel sec sur papier
  • 2017, 65 x 50 cm
    Acrylique, pierre noire sur papier
  • 2017, 65 x 50 cm
    Aquarelle sur papier
  • 2017, 65 x 50 cm
    Acrylique, crayon de couleur, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur, pastel sec sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur sur papier
  • 2017, 120 x 80 cm
    Acrylique, crayon de couleur sur papier
  • 2017, 530 x 214 cm
    Acrylique, pastel sec sur papier
  • 2017, 180 x 180 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2017, 180 x 180 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2016, 65 x 50 cm
    Crayon de couleur, acrylique, pierre noire sur papier
  • 2016, 65 x 50 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2015, 27 x 33 cm
    Mine de plomb, crayon de couleur, feutre sur papier
  • 2016, 65 x 50 cm
    Acrylique, pastel sec, crayon de couleur sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique, crayon de couleur sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique, crayon de couleur, feutre sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique sur papier
  • 2016, 69 x 77cm
    Acrylique, feutre, crayon de couleur sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique, pastel sec sur papier
  • 2016, 150 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec sur papier
  • 2016, 150 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec, pierre noire sur papier
  • 2016, 150 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec, crayon de couleur sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique, crayon de couleur sur papier
  • 2016, 150 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec sur papier
  • 2016, 150 x 150 cm
    Acrylique, crayon de couleur, collage sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Crayon de couleur, feutre, acrylique sur papier
  • 2016 65 x 95 cm
    Crayon de couleur, feutre,acrylique sur papier
  • 2016 65 x 95 cm
    Crayon de couleur, acrylique sur papier
  • 2016 65 x 95 cm
    Crayon de couleur,mine de plomb, acrylique sur papier
  • 2016 65 x 95 cm
    Crayon de couleur, feutre, mine de plomb, acrylique sur papier
  • 2016, 65 x 95 cm
    Acrylique, mine de plomb, crayon de couleur sur papier
  • 2015, 50 x 65 cm
    Crayon de couleur sur papier
  • 2015, 50 x 65 cm
    Crayon de couleur sur papier
  • 2015, 50 x 65 cm
    Crayon de couleur sur papier
  • 2015 150 x 150 cm
    Pastel sec, crayon de couleur, mine de plomb, acrylique sur papier
  • 2015, 150 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec sur papier
  • 2015, 150 x 150 cm
    Pastel sec, mine de plomb, pierre noire sur papier
  • 2015, 250 x 150 cm
    Pastel sec sur papier
  • 2015, 250 x 150 cm
    Acrylique, pastel sec, crayon de couleur sur papier
  • 2015 200 x 150 cm
    Crayon de couleur, pastel sec, acrylique, mine de plomb sur papier
  • 2014, 250 x 150 cm
    Pastel sec, crayon de couleur sur papier
  • 2014, 250x150
    Pastel sec sur papier
  • "Mothers" 2014 200 x 250 cm
    Pastel sec, crayon de couleur, acrylique sur papier
  • 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, mine de plomb sur papier
  • 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, mine de plomb sur papier
  • 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, mine de plomb sur papier
  • 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, mine de plomb sur papier
  • "Paloma blanca" 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, pastel sec, mine de plomb sur papier
  • "Durer" 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, pastel sec, mine de plomb sur papier
  • "The last twist" 2012, 50 x 65 cm
    Crayon noir, pastel sec, fusain, mine de plomb sur papier
  • 2011, 42 x 30 cm
    Crayon de couleur, mine de plomb sur papier
  • "Ex-finger" 2011, 42 x 30 cm
    Crayon de couleur, coton hydrophile sur papier
  • 2012, 200 x 150 cm
    Pastel sec sur papier découpé, bottines, bas résille
  • "Boticelli is not dead" 2009, 345 x 235 cm
    Pastel sec, acrylique,crayon de couleur sur papier découpé
  • 2012, 178 x 65 cm
    Pastel sec, crayon de couleur, feutre sur papier
  • "Vox populi" 2008, 235 x 345 cm
    Crayon noir sur papier, tissu brodé, carton
  • 2007, 21 x 28 cm
    Mine de plomb sur papier
  • 2007, 21 x 28 cm
    Mine de plomb sur papier
  • 2006, 37 x 36 cm
    Crayon de couleur, mine de plomb sur papier
  • 2009, 21 x 23 cm
    Crayon noir, crayon de couleur sur papier
  • 2006, 33 x 42 cm
    Crayon de couleur, mine de plomb, coton hydrophile sur papier
  • 2006, 35 x 38 cm
    Crayon de couleur, mine de plomb, acrylique sur papier
  • 2006, 33 x 40 cm. Collection privée
    Crayon noir, crayon de couleur sur papier.
  • 2006, 33 x 40 cm. Collection privée
    Crayon de couleur, mine de plomb, acrylique sur papier
  • "Mural pour le film, séquence n°6" (détail) 2005, 800 x 240cm
    Crayon noir, crayon de couleur, fusain, projection vidéo sur papier.Collection FRAC midi-pyrénées
  • "Mural pour le film, séquence n 6" 2005, 800 x 240 cm
    Crayon noir, crayon de couleur, fusain, projection vidéo sur papier. Collection FRAC midi-pyrénées Les Abattoirs
  • "Mural pour le film, séquence n°6" (détail) 2005, 800 x 240cm
    Crayon noir, fusain, projection vidéo sur papier. Collection FRAC midi-pyrénées Les Abattoirs
  • "Your brain, my nose" 2001, 118 x 120 cm
    Crayon noir sur papier
  • "Poor lonesome know boy" 1998, 93 x 130 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1996, 70 x100 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1995, 70 x 100 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1997, 70 x 100 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1995, 70 x 100 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1996, 65 x 161 cm
    Crayon noir sur papier
  • 1996, 92 x 100 cm
    Crayon noir sur papier
  • "L'émule du pape" 1997, 70 x 100 cm
    Crayon noir sur papier. Edition à 1000 exemplaires. Collection FRAC midi-pyrénées, Les Abattoirs

 

 

Virginie Loze, entretien avec Françoise-Aline Blain, 2017. Exposition personnelle au PAC, Château La Falgalarié, Aussillon, 2017, commissaire Françoise-Aline Blain

 

Ce qui m’a frappée lorsque j’ai vu tes dessins pour la première fois, c’est leur vraie force narrative.
 

Le dessin est pour moi une démiurgie capable de rendre visible mon imaginaire et mon inconscient. C’est un espace de liberté, un dialogue avec moi-même qui me renseigne et m’aide à reconstruire des choses auxquelles je n’avais pas fait attention, tant au niveau de l’intime que du général. Il est le révélateur de ma personnalité, de ma subjectivité et de mes émotions. Il est le sismographe de mes émotions. Rainer Maria Rilke disait « Entrez en vous-même, sondez les profondeurs où votre vie prend sa source, car une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité intérieure »
Mon œuvre se construit autour de réminiscences conscientes ou inconscientes provenant de l’ensemble de ma vie passée et présente. Il s’agit de références à des situations personnelles, générales ou liées à l’histoire de l’art.
Mes créations sont comme les rêves. Elles sont des clés sur des situations personnelles ou collectives que je n’aurais pas clairement perçues sans leurs matérialisations en images. Parfois ces visuels ont un effet à retardement, révélateur d’émotions cachées, réprimées, des peurs, des choses qu’inconsciemment je ne voulais pas connaître. Je considère mes œuvres comme des générateurs de pensées.
Ce qui me fascine avec le dessin, c’est que lorsque celui-ci est en train de se faire, il fait éclore des idées autant que des formes. C’est-à-dire que le dessin permet d’élaborer la pensée à l’instant précis où elle se transforme en image. Le dessin n’est jamais éloigné du dessein.

 

Comment naissent tes images ? Y a-t-il en premier lieu une idée ou est-ce la forme qui vient d'abord ?

Je trace sans idée préalable, un gribouillis, une ligne ou un détail du réel de façon spontanée, irréfléchie et automatique. À cette première étape s’agrège de façon libre et inconsciente un fragment de représentation du réel ou bien une forme abstraite. Puis, chaque dessin est conduit avec recherche de sens et de qualité plastique jusqu’à sa finalisation. Je mène la réalisation de plusieurs dessins en parallèle. Lorsque l’élaboration de l’un est bloquée, je complète un autre. La vision passive, juste en ayant l’image dans le champ de vision me permet souvent de trouver la solution.

À la Renaissance, le terme « di segno » signifiait l’acte de donner corps à l’idée créatrice à l’aide de la ligne. En cela, le dessin permet d’élaborer une pensée, un projet autant qu’interpréter le réel et l’imaginaire. De même, le dessin permet de représenter le monde selon notre ressenti de façon singulière et sensible. Il est une manière d’appréhender le monde et  de s’approprier les événements.
De façon générale, une œuvre est le résultat à la fois d’une connaissance préalable, de souvenirs personnels, de la vision artistique en général, des préoccupations de l’époque et de la civilisation dans un processus de réception de l’espace environnement, de projection de soi et de découverte au cours du travail.

 

Depuis une quinzaine d’années, on assiste à un nouvel élan de ce médium. Pour certains historiens de l’art, il est « comme le besoin d’un retour à l’essentiel, au plus simple, au plus « pauvre », au plus vernaculaire parfois, à la trace élémentaire qui dit : « j’existe. » Il s’agirait d’un besoin de renouer avec un geste archaïque, avec une fusion de la pensée et de la main dans la création. Quelle est ton histoire avec  le dessin ?
 

Je dessine spontanément, avec aisance et plaisir, depuis l’enfance. Je tiens cela de ma mère Thérèse Loze qui excelle dans l’hyperréalisme et qui a fait des dessins étonnants dans sa jeunesse. Elle m’a toujours soutenue et encouragée. Mon père Marius Loze est un bricoleur exceptionnel, hyperactif, facétieux, souvent dans l’excès et l’extrême. L’un et l’autre m’ont permis d’avancer.
Mon environnement culturel familial a orienté ma culture artistique, de l’art classique et moderne à Hara-Kiri. Enfant, mes sujets dessinés étaient des princesses, puis de sages reproductions de paysage d’aquarelle. À l’adolescence, je dessinais sans cesse en classe, des punks et des copies de pochettes d’albums d’Iron Maiden. Au lycée, j’ai passé mon temps à dessiner parce que je m’ennuyais et à me marrer le reste du temps.
J’ai pris des cours de dessin à l’âge de 19 ans, lors d’une année préparation, aux Beaux-Arts de Tarbes. J’ai appris le dessin académique. Puis j’ai intégré l’école des Beaux-Arts de Toulouse, l’actuelle ISDAT.
Depuis 1987, mon dessin alterne entre une sorte d’hyperréalisme et tracé brut, ligne claire et surface, peinture et dessin. Autour des années 2000, j’ai ajouté de la vidéo au dessin, puis sur d’autres supports des objets en premier plan. Ensuite, sur d’autres dessins, j’ai découpé le bord de la feuille et après j’ai associé plusieurs formats de papier. Aujourd’hui, je suis revenue à une forme plus traditionnelle. Selon les dessins, j’utilise différents modes opératoires colorés ou noirs ou en valeurs de gris : la ligne, le trait, l’aplat, le dégradé. L’emploi de la couleur met à distance, enjolive, dédramatise, dissimule et rend supportable les sujets évoqués.
Le dessin peut être une alternative à l’automatisation du geste car le dessin est un médium élémentaire, il permet une expression directe et une image instantanée. C’est-à-dire qu’entre la pensée intelligible ou inconsciente et le support, il y a peu d’intermédiaire, seulement la main et le crayon. Le dessin est la forme la plus ancienne et la plus immédiate de l’image créée. La trace au stylet est un geste ancestral, assimilé depuis longtemps.

 

Quels sont les artistes modernes et contemporains dont l’œuvre a été déterminante pour toi dans ta formation ?
 

Basquiat, Reiser, Picasso ont été importants lors de ma formation artistique.
Beaucoup d’autres artistes me motivent dans ma démarche créative comme Munch, Dalí, Kandinsky, Eugène Leroy, Zush Evru, Raymond Pettibon, Jim Shaw, Maurizio Cattelan, Gelitin, Nadau, Friedrich Schröder Sonnenstern, Kris Lemsalu, Georganne Deen, Solange Knopf, Damien Michaels, Park Kyung Ryul, Pavel Pepperstein, Saul Steinberg, Karine Rougier, Sam Friedman, Jorge Queiroz, Uwe Henneken, Alecksandra Waliszewska, Guo Fengyi. Le Livre des Rois persans, Qasim ibn’Ali, Bashdan Qara, Mu’in Musavvir, les tablas Huicholes.
Les photographes : Roger Ballen et Peter Witkin parce qu’ils osent extraire la beauté de la misère et de la mort, Heike Aumüller, Olaf Breuning.
Les sculptures et les installations de John Bock, Joel Kyack, Jessica Stokholder, Gary Webb, Ryan Trecartin
Les films de Raymond Depardon, Claude Lelouch. Toute l’œuvre de Jean-Luc Godard parce qu’il a dit que si la culture est la règle, l’art est l’exception et qu’il est à la fois : voyeur et pudique, vif et atone, moqueur et sacralisateur, inventif et mimétique, énigmatique et évident, politique et asocial, absurde et intelligent, trivial et métaphysique, sensuel et intelligent, référencé et drôle, rouge et bleu et en camaïeu, personnel et universel, proverbial et anodin, jubilatoire et frustrant, décalé et concentré.
Le designer Luigi Colani et Les Lalanne.

 

L'entre-deux, la métamorphose, la combinatoire, l'effraction, l'inquiétude, bref, tout ce qui naît d'un travail d'instabilisation, me semblent au cœur de ta démarche.
 

Le processus lui-même de ma création est une métamorphose. Mes sujets s’élaborent à partir de l’inconscient affleurant vers la pensée consciente.
D’autre part, lorsque j’ajoute à un fragment de dessin un autre bout de dessin très différent apparaît une troisième chose. L’étonnement de la combinaison de deux choses opposées enclenche le processus imaginatif. Par ailleurs, cette hybridation formelle me permet de passer outre la finition intégrale ennuyeuse d’un sujet. De plus, souvent, cette finition prive le regardeur de la part active de lecture  de l’œuvre. C’est-à-dire qu’il suffit parfois de représenter une partie d’un sujet pour évoquer son tout. De plus, l’espace vacant met en valeur ce qui est représenté. Les œuvres de Caravage montrent cet effet.
Il est certain qu’apparaissent la métamorphose, la combinatoire, les images doubles, l’hybridation, l'entre-deux, l’attirant et le repoussant, le rapprochement des contraires, les couleurs acidulées en opposition au sens plus tragique parfois. À partir de ces procédés se construisent l’énigme, le rébus, les cadavres exquis, les jeux de l’esprit, l’ambiguïté qui sont la quintessence de l’art surréaliste.
L'effraction au code de l’académisme contemporain, la désinvolture, la subversion jubilatoire sont inhérentes à ma démarche. Je fais en sorte de ne pas m’ennuyer dans un savoir-faire ou dans un thème, aussi je m’amuse à remettre en question les techniques acquises autant que les sujets abordés. Breton parle de « l’émotion du jamais vu », la surprise est essentielle au plaisir pour moi aussi en tant que première spectatrice de mon œuvre.
S’il y a de l'inquiétude, c’est que ces créatures semblent exciter puisqu’elles ont été représentées comme témoignage de leur présence. Ce sont des visions fantomatiques qui donnent à voir l’invisible tracé sur le support hallucinatoire qu’est pour moi le papier.
Si mes œuvres génèrent de l’instabilisation, c’est parce qu’une œuvre d’art doit à mes yeux nous déstabiliser, dans la mesure où elle nous propose une vision inédite du monde en faisant éclater le carcan du réel. Pour ma part, il en résulte une poétique de l’étrange, un art personnel à la frontière d’un art singulier, surréel, chargé de couleur et de signe.

 

On a pu dire de ton travail qu’il était proche de l'enfance, de l'univers des contes de fées, avec ses princesses mais surtout avec ses monstres dans lesquels il s'incarne.
 

En 1992, en peignant une princesse comme un dessin d’enfant, j’ai eu la certitude de la vérité de ce dessin. Il m’a rappelé la petite princesse que je dessinais enfant. Cette peinture a déclenché la série des portraits à ligne claire qui ont suivi cette période et les autres œuvres jusqu’en 2007.
Par ailleurs, dessiner des monstres me défoule. La fantaisie et le goût de l’exagération qui les caractérisent donnent forme à des  créatures déformées ou composites. Ils sont comme des grotesques créés pour transgresser délibérément les idéaux et les canons de la beauté. L’idéal de beauté intègre des règles et de l’ordre, alors que le grotesque transgresse les limites et brouille les différences.  La relation entre l’art classique et le grotesque renvoie à l’opposition entre le moi et l’inconscient. La caricature et les déformations permettent au grotesque d’énoncer des vérités dérangeantes sans les édulcorer. Il provoque des réactions plus ambiguës ; fascination horrifiée ou adhésion involontaire.

 

Ton travail convoque aussi la culture populaire, la BD et les comics.
 

En effet, la culture populaire est mon bain d’origine. La BD aussi, j’ai toujours lu des BD mais jamais de comics. Les auteurs de bandes dessinées comme Reiser, Tramber, Gomès, Siné, Sempé, Baudoin, Édika ont été fondamentaux pour moi et, plus tard, Blanquet, Chester Brown, Julie Doucet, Pierre La Police, Charles Burns, Nuvish, Leo. L’art brut m’intéresse aussi.

 

Le merveilleux, le fabuleux, l’imaginaire sont ainsi des éléments moteurs de ton travail. L’image de l’hybride renvoie-elle à la question fondamentale de l’image même de l’homme et de sa réelle identité dans notre monde en pleine mutation ?
 

L’image que je donne de l’humain sous la forme de portrait hybride est passée aux filtres de ma perception et de ma personnalité. Je ne conçois pas de proposer une image de référence à travers laquelle on pourrait s’identifier. Pour moi, l’œuvre, quelle qu’elle soit n’est pas un modèle à suivre, elle devrait proposer uniquement un point de vue très caractérisé de l’artiste et inciter tout un chacun à émettre son propre point de vue au moyen de l’expression de son choix.
Mais le conditionnement du mimétisme involontaire est irrésistible et se connaître soi-même peut être long et périlleux. La question entre permanence et mutation ou toute autre facette de l’identité et du devenir de l’humain est passionnante. En tant qu’artiste, je peux montrer tout au plus mon point de vue sur les dégâts ou les bénéfices de tels changements. Je ne sais pas si je suis une artiste visionnaire.
Quant au merveilleux, au fabuleux et à l’imaginaire, mon souhait absolu serait de créer un univers immersif en réalité virtuelle en dessin animé numérique et éléments du réel entre Avatar, Eraserhead, Le Magicien d’Oz et El topo.

 

L’humour semble aussi une dimension importante…
 

L’humour, c’est parfois la politesse du désespoir. Le rire est un réflexe qui nous protège et qui permet de désamorcer une situation déstabilisante. Une autre protection est la bulle autarcique de créativité qui permet de se préserver du réel et de supporter le quotidien.

 

En préparant cet entretien, je suis tombée sur une citation d’Anselm Kiefer qui disait que la violence était nécessaire à la création. « Faire un tableau dit-il, c’est voir naître une guerre dans sa tête »…
 

Je ne sais pas comment Anselm Kiefer entend son propos. Pour ma part, lorsque je commence à créer, plusieurs choses interagissent : essayer d’innover en choisissant une forme plutôt qu’une autre, choisir une couleur, une texture, une composition, détecter le sens en train de s’élaborer, tenir compte du poids et du soutien de l’histoire de l’art, gérer mon inconscient et mon histoire, formuler tout cela clairement tout en rendant visible la complexité des sujets abordés. Tous ces éléments se mêlent, prêts à occuper l’espace de l’œuvre en devenir, les cerveaux droit et gauche sollicités de concert. Cela peut ressembler à un champ de bataille. Ce qui est sûr, c’est que c’est fascinant. Albert Camus a dit « Si le monde était clair, l’art ne serait pas ».

 

Par le passé, tu as associé l’écriture, à la vidéo et au dessin. Ces installations dessinées expérimentaient une dynamique entre l’architecture du lieu qu’elle modifiait. Peux-tu nous en dire plus.
 

Ces installations lorsqu’elles incluaient des objets en 3D  se déployaient dans l’espace devant le dessin sans toutefois modifier l’architecture. Et lorsque j’associais la vidéo au dessin seule la luminosité de l’espace était atténuée afin de voir la vidéo. Ces installations d’incrustation vidéo dans le dessin permettaient un prolongement de lecture du dessin, c’étaient des apparitions fantomatiques de corps et de fragments de corps en action à la lisière du tracé du dessin. Ces corps et ces têtes c’étaient moi évoluant dans un univers évoquant entre autre la problématique de la guerre, de la religion et des déplacements de population. J’ai dicté mes souhaits à un technicien vidéo. Par le passé, j’ai  effectué des expérimentations photographiques qui ressemblaient à des trucages.

 

On voit bien que l’espace du dessin ne se réduit pas à son propre support. Pourquoi avoir abandonné ce dispositif et être revenue à une forme plus « traditionnelle » ?
 

J’ai abandonné ce dispositif en 2005 pour plusieurs raisons. À ce moment-là, j’ai commencé à enseigner les arts plastiques et le dessin contemporain intensément et, simultanément, je n’ai plus eu d’endroit pour travailler de grandes surfaces. Lorsqu’en 2014, j’ai obtenu un atelier grâce au soutien de la DRAC, la couleur et le dessin sont apparus spontanément, il y avait trop longtemps que je n’avais pas dessiné en couleur. Des artistes parvenaient à faire en peinture des œuvres très personnelles, cela m’a encouragée.
Le plus grand secret de l’art est de construire dans le matériau qui est le sien des formes homologues aux sens qu’elles sont chargées d’exprimer. L’esthétique et la sémantique se conjuguent dans la forme adéquate à l’intention du sens. En 10 ans mes préoccupations ont changé, ma technique a suivi.

 

Tu donnes parfois à tes dessins le statut de peintures en optant pour des formats  plus imposants. Quel est ton rapport à l’espace ? Au corps du spectateur ?
 

Mon rapport à l’espace est simple. Je dispose au mur une douzaine de format 60 x 50 cm ou bien 4 ou 5 grands formats 150 x 150 cm,  occupant ainsi toute les surfaces de l’atelier m’assurant la rapidité de passer d’une image à l’autre, me donnant un peu l’illusion de plonger en 3D dans mon imaginaire, ou bien de partir à la découverte de ce qui se cache sous le territoire blanc du papier. Je pars du néant. J’ai enseigné le ski pendant 10 ans de façon intense, la trace du skieur est un peu le tracé du crayon sur la feuille de papier.
Parfois les dessins sur un format 50 x 60 cm présentent seulement un fragment d’un sujet, cet élément occupe toute la feuille et mériterait un prolongement du dessin pour y découvrir le corps, la situation ou l’environnement. Cette inadéquation du support au sujet représenté vient actuellement du manque de matériaux. Par le passé, pour résoudre le problème, j’ajoutais d’autres feuilles que je juxtaposais à la première dessinée. Ce procédé faisait une œuvre en fragments, ce qui n’a pas de sens dans ma démarche artistique.
Comme je souhaite préserver la visibilité du tracé du dessin sur le support, actuellement j’utilise du papier car c’est pratique et pas cher. Le grain du papier me permet de dessiner finement. Il permet aussi d’associer l’emploi de plusieurs techniques comme le pastel sec, la mine de plomb, le crayon de couleur, l’aquarelle et l’acrylique. Toutefois cela reste un support fragile et délicat à présenter. J’ai trouvé une toile enduite un peu similaire mais trop onéreuse pour l’instant. L’important est de trouver un support solide et offrant les mêmes propriétés que le papier pour les outils et les effets souhaités.
Le premier spectateur de mes œuvres, c’est moi. Et je fais tout pour me surprendre, m’étonner en espérant que cela soit partagé par celui ou celle qui découvrira l’œuvre.

 

Quel est ton principal moteur du désir de créer ?
 

Voir apparaître mon inconscient dans le jeu formel où s’élabore la pensée.

 

Virginie Loze, oeuvres 2014 - 2017

Une part du dessin a toujours été associée à la magie depuis que les hommes ont commencé à représenter les animaux dont dépendait leur survie. C’est donner forme à nos terreurs et à nos désirs sans perdre cette sensation d’émerveillement. De cette même façon, le conscient et le refoulé me guident à dessiner des créatures mutantes, des paysages anthropomorphes. Ces sujets sont les métaphores lyriques d’émotions personnelles et universelles. Ce sont des visions heuristiques, des images-rêves comme  autant d’exutoires aux situations évoquées. Les couleurs sont à la fois acides et acidulées, comme un baume de joliesse sur ces sujets représentés. J’ai réalisé ces images en juxtaposant les techniques du pastel sec, du feutre, du crayon de couleur, du pigment  lié à l’ acrylique. J’ai dessiné en utilisant la ligne, le trait, l’aplat, et le dégradé coloré. Les supports sont des feuilles de papier blanc sans acide entre 200g et 300g. Les dimensions varient de 250 x 150 cm à 27 x 33 cm.

 

Cendrine Krempp, conseil et expertise en art contemporain, 2012, festival Graphéine, Toulouse

« Sous couvert de la joliesse de la gamme de couleurs utilisée et de la naïveté des formes dessinées, Virginie Loze met en scène des chimères aux contours sommaires mais à l’expressivité forte qui nous éclairent sur l’évidence d’une nature humaine dont nous peinons parfois à admettre certains travers. Entre rêve et fiction, poésie et dérision, les figures anthropomorphiques de l’artiste exaltent les corps et l’imagination pour une plongée dans l’inconscient et le refoulé. Tout aussi lyriques et délicats que stridents et cyniques, les dessins de Virginie Loze mettent à nu les atteintes portées à l’intégrité des individus. »

 

Danielle Delouche, historienne de l’art, 2010 pour « Mural pour le film, séquence n°6, essaie vidéo n°1 » 2005, crayon noir, crayon de couleur, fusain, deux projections vidéo sur papier, 800 x 240 cm, une affiche éditée à 1000 exemplaires à la disposition du public. Collection FRAC Musée d’Art Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse

« Chère Virginie, je reviens sur cette référence à la revue Acéphale, créée en 1936 par Bataille, Caillois et Leiris, laquelle s'engage, sous l'égide de Nietzsche et du dionysiaque, dans la recherche d'une expérience mystique athée, "d'une religion sans autre dieu que la souveraineté pour ainsi dire apocalyptique de l'extase." Sur la base du sacrifice comme conjonction d'Eros et de Thanatos, la revue prend pour icône la figure de l'être sans tête, dessinée par Masson. Cette figure fait valoir un homme libre affranchi de Dieu (affranchi de l'anthropomorphisme divin dont la tête était l'image), libéré du pêché originel; un être encore qui ignore la prohibition et incarne un peuple sans chef. L'arrachement de la tête évoque, de fait, la seule échappée et arme possibles contre le fascisme : politique monocéphale absolue. En outre, les pulsions d'Eros et de Thanatos trouvent, notamment, leur illustration quand le phallus se fait poignard pour fendre la femme. Tu comprends ainsi pourquoi, j'ai pensé à Bataille et à la revue Acéphale! L'ouvrage, au demeurant passionnant, dont je t'ai parlé, signé par G. Didi-Huberman, concerne plus spécialement la revue Documents : "La ressemblance informe ou le gai savoir visuel selon Georges Bataille", Macula, 1995.»

 

Martine Favier, curateur Centre Culturel Bellegarde, exposition personnelle Toulouse

« Virginie Loze doit son art à un sens inné de la maîtrise du trait et de la couleur où s’exprime un humour grinçant et cynique entre la bande dessinée et le graffiti. L’humanité comprise par Virginie Loze est à l’image  de ses figures dessinées ou filmées. Tronquées, fragmentées, impossible d’enclore les personnages par un cerne. Ils s’échappent, s’effondrent, se disloquent, menacés par l’extérieur, attaqués de l’intérieur. Tiraillés, écartelés entre des positions intenables, ils sont le résultat de cette friction douloureuse avec la réalité du monde. Que ce soit l’artiste, qui parfois apparaisse sous forme d’autoportraits ne change rien. Elle vise l’humain et l’universel à travers le filtre de son regard. Le dessin joue le rôle d’un sismographe et enregistre ses réactions, ses émotions. Les mutations dont Virginie Loze affuble avec humour et tendresse ces personnages pourraient bien être le spectre de nos angoisses.

 

William Gourdin, pour la revue Multiprise Virginie Loze, dessine-nous un mouton noir, 2008 (Extrait du texte)

« Virginie Loze doit son art à un sens inné de la maîtrise du trait et de la couleur où s’exprime un humour grinçant et cynique entre la bande dessinée et le graffiti. Elle y ajoute désormais des incrustations vidéos. Sa ligne demeure et demeurera aux regards des plus convaincus comme cette incisive plantée sur le papier d’un inconscient volatile et néanmoins ancré au plus profond de nos esprits. Un trait profond et cinglant donc, qui pénètre l’âme des petits princes que nous sommes. Sur ce chemin torturé, Virginie Loze nous renvoie les maux et désirs de ses contemporains. Artistes d’Histoire ! De notre histoire donc - personnelle et collective - elle nous mène aux confins d’un art complexe et sensible universel. Elle se souvient pour nous de notre humanité la plus contemporaine où le rêve greffé au bout de son crayon resurgit comme un portrait existentiel. Virginie Loze compte parmi ces artistes qui ne lâchent et ne lâcheront jamais ce besoin de nous mettre face à nous-mêmes. Elle nous met face à nos doutes, nos peurs et nos souffrances. Et aux siennes bien sûr, car ses pamphlets épris de cultures tech’-underground sont également un moyen d’accoucher de ces souvenirs tenaces qui font que nous sommes des hommes. »

 

Jacques Norigeon, directeur de l’école des Beaux Arts de Valence, Freak sister  in Carnet Sagace n°16 Virginie Loze, 2007

« Le luxe appelle l’idée de volupté et, de façon moins évidente quoique entérinée par une prestigieuse citation, le calme. De fait, les films d’horreur à gros budget n’ont jamais enfanté que des monstres gras, finalement poussifs et accommodants avec les héros surpayés. Tandis que les meilleurs films d’épouvante ont toujours été l’œuvre de producteurs fauchés aux financements introuvables et aux idées percutantes. Virginie Loze compterait dans l’univers des arts plastiques parmi les créateurs inspirés et démunis faisant de leur pauvreté une rage et de leurs outils rudimentaires des armes de l’esprit. Elle traîne mentalement dans l’univers aussi repoussant qu’attirant des séries Z, du rock rugueux ou des comics underground auxquels elle emprunte un anglais trash, des personnages aux yeux excavés et un lyrisme à peu près aussi secret que la créature des marais. Avec la précision d’un chirurgien amateur mais déterminé, elle opère à la mine sur de larges feuilles qu’elle fixera avec des pointes, elle incise des lignes qui se révèlent de faille et de fouille, elle extirpe des traits intoxiqués et des  jeux de mots privatifs, elle expose des monstres émus d’avoir échappé à l’adolescence ennuyée et aux rediffusions nocturnes. Ne soyez pas dupe de sa violence référentielle. Il ne s’agit pas de révérence distanciée au second degré d’une sous culture quasi pop, plutôt d’un souci de retrouver l’os et la cendre, l’humanité grimée dans sa caricature, et l’essence d’un dessin qui gratte l’image et touche du doigt la plaie de l’icône. »

 

Pascal Pique, ancien conservateur de Musée d’Art Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse, Vertiges, Printemps de Septembre, 2005

« L’imagerie que crée Virginie Loze par le dessin est peuplée de figures hybrides, de personnages étranges pris dans des situations limites. Ces succédanées d’individus aux expressions de tristesse, de passivité ou de colère, existent bel et bien dans une zone intangible, entre réalité et fiction. Comme des individus soumis au vertige de forces contradictoires issues d’une friction entre le réel et l’imaginaire. Jouant des codes de la caricature et de la bande dessinée un peu à la façon de Crumb ou d’Alain Séchas, le dessin de Virginie Loze est incisif et décapant. Anticipant depuis prés de dix ans la mode actuelle du dessin mental, l’œuvre exigeante et sans concession de Virginie Loze  est restée somme toute confidentielle, comme tapie dans l’ombre, en attente. Récemment, ce travail a connu un développement au potentiel étonnant avec l’association de la vidéo au dessin. »

 

Eric Vidal, historien de l’art, 2007 pour Mural pour le film, séquence n° 6, essaie vidéo n°1,  2005, dessin et projection vidéo sur papier, 800 x 240 cm, collection Musée d’Art Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse. (Extrait du texte)

« Transformer le monde ». Cette affirmation propre aux avant-gardes politiques et artistiques de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle est devenue une question. Marx a cédé la place à un hybride hiératique et impuissant, mi-âne mi-chien, dont le corps tronqué flotte dans l’espace de la page, en l’absence de ligne d’horizon. « Comment changer le monde ? ». Grâce au micro, ces paroles ânonnées portent loin, mais la question demeure sans réponse. Quel crédit accorder à ce personnage grotesque ?  Il n’est qu’un le porte parole… peut-être un animateur qui plaît à la foule et séduit la multitude. Au mieux un commentateur désabusé du spectacle offert par le monde contemporain. On se souvient tous de la grande frise de Gauguin. « D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? ». Il y avait encore chez cet artiste, l’espoir de trouver ailleurs que dans cet « occident pourri », un territoire vierge et pur. Les questions existentielles étaient un point de départ, appelaient une quête, créaient un horizon d’attente. Dans l’œuvre de Virginie Loze, le personnage se trouve à l’extrémité droite du mural. Sa question est plus de l’ordre du constat. Pour pouvoir changer le monde, il faudrait déjà commencer par le comprendre, en démonter les rouages et le faire sans concessions, sans mensonges afin de voir le dessous des cartes.

Le point de départ d’un tel regard semble se trouver à l’autre extrémité, tout à fait à gauche de cette longue bande dessinée. Allons voir de quel bois se chauffent les hommes ! Qu’ont-ils fait du feu dérobé par Prométhée ? « Promettez-moi d’en faire bon usage…Prométhée-le moi ! ». Hélas, le symbole de la paix taillé dans du bois par la main de l’homme, périt par la main de l’homme et se consume. Ce ne sont pas les nuées annonciatrices d’apparitions célestes, mais de lourds nuages porteurs de mauvaises nouvelles. Comment pourrait-il en être autrement après un tel acte ? Le feu dévore, consomme et consume, dans l’indifférence totale, cette utopie à laquelle on ne veut pas renoncer. On a bien, en d’autres temps, fait des bûchers sur les places publiques pour y brûler des livres dérangeants. Le feu grandit et s’alimente. Il réclame toujours plus de nourriture ! De ces décombres s’élèvent des colonnes de fumées, comme une armée en marche. Ces nuages porteurs de chagrin communiquent des informations, comme chez les indiens. Virginie Loze y a placé les mots « ignorance »- « peur »- « soumission »- propagande » en lettres capitales. Des mots clamés haut et fort ? La forme des nuages évoque plutôt les bulles de pensées des personnages de bandes dessinées. Ici apparaît au grand jour le non-dit, ce qui se cache derrière la fumée et prend des apparences trompeuses. D’ailleurs comment comprendre ces maux ? Sont-ils la cause ou la conséquence de ce geste irréversible ? Le symbole de la paix n’était peut-être déjà plus qu’un signe, fragile passerelle posée au-dessus du gouffre. Brûler ce symbole, c’est vouloir oublier l’oubli. Un écran de fumée masque le manque, l’absence d’utopies et de valeurs universellement partagées.

Non loin du feu, cuisant, gonflant et prenant forme, un pain anthropomorphe  fume le doigt de Dieu. Les yeux clos, pétri de certitudes, bouffi d’orgueil, il expulse une fumée sombre, de celles qui empêchent de voir. «  Le sommeil de la raison engendre des monstres » avait écrit Goya sur la première de couverture des Caprices. Ce pain à visage humain prend l’apparence des nuages boursouflés qui le précèdent. Pâte informe, l’action du feu dévastateur tout proche, lui a peut-être donné vie. Une baudruche en somme, remplie de vent, de rien, de vide.

Dans la tradition de la Kabbale, il est question d’un magicien pétrissant avec de l’argile  le Golem. De la taille d’un enfant, c’est un être enclin au mal, sans libre arbitre, esclave de ses passions. Un jour ou l’autre, il échappe à son créateur et peut même l’écraser. Dans le nuage de fumée expulsé par ce pain antipathique, étouffe, accroupie, une femme nue et sans défense. L’homme est un apprenti-sorcier qui joue avec le feu et veut imiter Dieu.

« Où est Dieu (…) je vais vous le dire ! Nous l’avons tué – vous et moi ! Nous sommes tous ses meurtriers ! (…) ce que le monde avait possédé de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux ». Nietzsche dans Le gai savoir (1882) répand la nouvelle et s’en inquiète. Si Dieu est le fondement de toutes nos valeurs, nos croyances et vérités, que faire après la mort de Dieu ? L’humanité est désormais livrée à elle-même. Les valeurs éternelles qu’on avait placées au dessus des hommes, dans le ciel pur de la foi, sont devenues nuages noirs qui s’amoncellent au dessus de nos têtes. L’orage qui s’annonce s’appelle le Nihilisme et consiste en cette prise et crise de conscience. Certes Dieu n’existait plus que dans la conscience des hommes, comme idole, comme illusion nécessaire pour maintenir les croyances ancestrales.

Le pain anthropomorphe a mangé le Dieu qui l’a façonné, pour en finir avec l’autorité paternelle. On songe au titre de Roy Lewis : Pourquoi j’ai mangé mon père. Il en est même aux restes. Le doigt de Dieu, cigarette ou cigare, agrémentera la fin du copieux repas. On pourrait se dire qu’ici se termine l’histoire. Elle ne fait pourtant que commencer ! Le pain a pris la place de Dieu et a remplacé le sentiment religieux par le culte des idoles, quitte à tout renverser et briser. Le vieil arbre exsangue,  nature exténuée qui jadis nous protégeait et nous  nourrissait est mal en point. Anthropomorphe, car dompté et transformé par l’homme, il n’en finit pas d’agoniser par la déforestation, la désertification et les expériences malheureuses de toutes sortes. Déraciné, brisé et même pas mangé ! La gloutonnerie incite au gaspillage. A peine goûté, on veut savoir quelle est la saveur du prochain sacrifié. Jugeons plutôt l’arbre à ses fruits génétiquement modifiés : un enchevêtrement de bras et de jambes qui brassent l’air.

 On a mangé Dieu et la nature. L’ère est au fanatisme, au sectarisme, au totalitarisme, mais on a conservé la morale chrétienne, vieille couverture rapiécée qui nous tient encore un peu au chaud. Au nom des idéaux s’avancent à peine masqués, la culpabilité, le puritanisme, l’ascétisme, la barbarie, le despotisme, le mensonge, l’aliénation et le plaisir de faire souffrir !

Au centre de l’œuvre de Virginie Loze, sur l’axe vertical, se tient le christ. L’érection de la croix pointée désespérément vers le ciel répond à celle du christ humain…trop humain ! Désir, jouissance sexuelle et en même temps, mauvaise conscience, culpabilité, sentiment de la faute, de la luxure, engendrée par le souvenir du péché originel. Le couteau et le phallus forment les branches horizontales de la croix.  Pensée intenable, déchirée et schizophrénique, héritée de la morale judéo-chrétienne. De quoi se punir, s’auto flageller en se plantant un couteau dans les fesses ou un clou dans le pied !

La verticalité du christ en croix fait écho à la colonne de fumée dégagée par la paix incendiée, comme le sacrifice du christ abandonné par le père dont on se venge. Au dessus de la croix, des têtes se dévorent mutuellement. En l’absence de l’autorité, ou plutôt l’autoritarisme du père, on s’entredévore. La race des anthropophages ne survit que par le cannibalisme. Manger pour ne pas être mangé. Seuls les plus affamés et agressifs subsisteront. Privé d’idéal, l’homme est perpétuellement en quête de nourriture, sans pour autant être rassasié. Sortez vos griffes vos dents et votre couteau, la société de  consommation vous invite à la fête ! Certains se servent déjà. Le christ phallique et au-dessus les hommes… ou plutôt ce qu’il en reste, image du pouvoir religieux et politique au service d’une même cause. La société patriarcale et machiste, érige la menace et la violence en principe de domination. Verge en érection, bois de la croix, clou, doigt de dieu, poing serré, couteau, micro, les symboles phalliques abondent dans le mural de l’artiste.

De part et d’autre de ce christ sexué et masochiste, des femmes sont en détresse. Ce sont les seules images animées, si l’on excepte le bras greffé à l’arbre. Elles sont en effet traitées par le moyen de la vidéo. Incrustations, morceaux de vie et de souffrance flottant à la surface du papier. Des êtres fragiles, paradoxalement moins palpables et tangibles que le dessin qui fixe les choses durablement. Ces femmes errent sans tête, l’une agenouillée et suffoquant,  l’autre ravalée au rang d’un animal domestique dompté par l’alternance de caresses et de coups de poing. Les visages blessés et défigurés, apparaissent tantôt grotesques, voire diaboliques, tantôt étranges et mélancoliques. La femme nue, sans défense, est victime de la folie des hommes.

A la droite de cet homme-christ, partagé entre  jouissances et douleurs extrêmes, surgit non pas l’élu accédant au paradis, mais le corps nu d’une femme acéphale. Un instant auparavant elle était réduite à des jambes, dont une baignait dans le sang, seule note de couleur, contenu dans une botte trop grande. On songe aux talons qui claquent et aux bottes des nazis.  Etre à la botte d’une idéologie. En équilibre instable, la jambe semble vouloir en vain coïncider avec son contour dessiné. Ecart entre la réalité et le désir ? Le fantasme masculin  sado- masochiste est axé sur le fétichisme : botte de cuir, talon aiguille équivalent du clou planté dans le pied du christ,  morcellement du corps désiré, symboliquement découpé, démembré. Il est code de la beauté féminine érigés en dogmes. Impossible pour la femme de rentrer dans ces formes-là sans perdre l’équilibre. Situation intenable dont il faut sortir coûte que coûte. Le prix à payer, c’est perdre la tête ! La belle femme nue nous tourne le dos et se dirige en somnambule vers un visage diabolique, griffonné nerveusement, comme dans un état de transe. A moins que ce trait ne suggère l’aspect protéiforme que prend le diable. Dans le dos de la femme, le mot « innocence » en lettres capitales. Enfin elle se tourne et vient se placer sous la tête monstrueuse. Cette scission du corps et de la tête nous rappelle que la philosophie occidentale et le christianisme n’ont cessé de buter sur cette question du corps et de l’âme. Un questionnement qui est le lieu de tous les déchirements, de tous les clivages, traduisant l’incapacité à unifier et pacifier l’être humain. Le corps est innocent car il ne saurait mentir. Il a faim, froid, chaud, est fatigué, excité…Le diable lui est le roi du mensonge, c’est un bonimenteur expérimenté. Il est capable de se travestir, de s’hybrider, de prendre l’apparence d’une belle femme nue et manipulable. La femme fatale et pécheresse, le diable en personne,  invention des hommes, est présentée en bouc émissaire pour expier la faiblesse de la chair.

A la gauche du christ sexué, se trouve une figure féminine réalisée de manière inverse. Le corps d’un animal quadrupède est dessiné, alors que le visage est, cette fois-ci une image animée. Les expressions  sont multiples, de la souffrance à l’apaisement temporaire. Elles semblent conditionnées par les agissements imprévisibles du bras relié à l’arbre humain.  Peur et soumission sont les mots qui conviennent. Ceux-là mêmes qui apparaissent à travers l’écran de fumée, lorsque le symbole de la paix brûle. Il faut bien éduquer, à coups de poing s’il le faut. Et si l’on est docile on aura une récompense, une caresse ou un morceau de sucre. Comment ne pas y voir une métaphore de notre société schizophrénique. Encourager et flatter l’individualisme, le narcissisme,  mais dans le même temps, nous formater pour que nous consommions nourritures terrestres et spirituelles. Gare à ceux qui ne sont pas dans le rang, car la sanction est immédiate. Si une tête dépasse on la coupe. La norme côtoie l’épanouissement personnel érigé en diktat. Il faut rentrer son pied dans une botte trop grande ou trop petite. Le bonheur individuel à tout prix ! A quel prix ? Oui, vous avez bien entendu : « A tout prix ! ». Mais alors comment concilier nos petites envies égoïstes, nos bassesses et les idées d’universalité, de fraternité, de projets collectifs, d’humanisme ? Comment résister aux contradictions insurmontables que nous avons dressées. Autant de murs qui nous empêchent de voir au loin. 

Dans l’axe central face au christ phallique, sont posées au sol, des exemplaires d’un dessin de l’artiste. Il y en a un bon tas, telles des affiches qu’on n’aurait pas eu  le temps de coller sur les murs. Le public peut se servir et l’emporter comme un tract. Sur les feuilles toujours la même figure animale. Un âne ou plutôt un mule ? Le titre est écrit en bas, mais les lettres sont traitées de la même manière que la figure, comme s’il s’agissait d’un seule ligne tordue, tantôt pour former l’écriture, tantôt pour dessiner. « L’émule du pape », un jeu de mots qui renvoie au conte provençal de Daudet : « La mule du pape ». On connaît l’histoire de cet animal maltraité par le jeune et arrogant Tistet Védène. La mule attend son heure et sept ans plus tard, elle se venge en lui décochant un coup de sabot fatal. Daudet conclut son récit de la manière suivante : « Il n’y a pas de plus bel exemple de rancune ecclésiastique ».

Virginie Loze a transformé la morale en jouant sur les mots. Qui est l’émule du pape ? Quel est donc ce personnage qui prétend égaler ou surpasser le pontife, représentant de Dieu sur terre ? Seuls les tyrans peuvent se targuer de ce genre de pouvoir, installant pour mille ans leur règne sur le monde.

L’animal représenté a été énucléé. Comme un doudou trop usé ou que l’on a maltraité, les yeux ont été remplacés par des coutures, pour ne pas que la bourre contenue dans la peluche ne s’échappe. D’habitude on fait une petite couture en croix…oui mais ici il s’agit d’une croix gammée. Une cicatrice qui en dit long. Comment ne pas faire le lien entre ce symbole et l’aveuglement dont ont fait preuve ceux qui se sont ralliés à ce signe funeste et dont a été victime  l’animal ? Comment ne pas également penser à l’attitude de l’église catholique romaine, fermant les yeux sur les exactions commises par les nazis ? Qui sont-elles « les mules du pape » ? De quels méfaits sont-elles chargées ?

L’humanité comprise par Virginie Loze est à l’image  de ses figures dessinées ou filmées. Tronquées, fragmentées, elles se tiennent tapies dans la pénombre requise. Impossible d’enclore les personnages par un cerne. Ils s’échappent, s’effondrent, se disloquent, menacés par l’extérieur, attaqués de l’intérieur. Tiraillés, écartelés entre des positions intenables, ils sont le résultat de cette friction douloureuse avec la réalité du monde. Que ce soit l’artiste, qui parfois apparaisse sous forme d’autoportraits ne change rien. Elle vise l’humain et l’universel à travers le filtre de son regard. Le dessin joue le rôle d’un sismographe et enregistre ses réactions, ses émotions. Le recours à une forme d’automatisme n’exclut pas le rapport au réel. Ses images ne sont pas celles issues de ses rêves comme un simple décalque. C’est bien plutôt le travail du rêve qui est à l’œuvre. Condensation des figures et des contenus, déplacement vers le détail apparemment sans importance, mélange d’écriture et d’images. Plus que l’affirmation : « Je rêve », le constat désenchanté et l’exclamation incrédule : « non mais je rêve ?! ». Les figures fragmentées sont aussi le signe d’un récit non linéaire, l’impossibilité d’accéder à une totalité en tant qu’harmonie autosuffisante et autonome. Un récit chaotique à l’image de ce vingtième siècle passé et des techniques différentes pour un résultat hybride. Une bonne dose de cynisme et de dérision est distillée dans son art, pour ne pas mourir de la vérité. Tout cela  suggère le monde contemporain ravagé par le souffle des chants de Maldoror (mal d’aurore), avec son bestiaire étrange, ses imprécations contre le créateur, ses attaques vis à vis de l’hypocrisie, des normes quelles qu’elles soient et la souffrance qui en résulte. Il y a chez Virginie Loze, ce même esprit frondeur. Ses dessins rappellent parfois dans leur spontanéité et leur sincérité, ceux des collégiens et lycéens qui écrivent, dessinent ou gravent sur les tables d’écoliers. Des actes réitérés par les générations qui se suivent et qui font office de soupape de sécurité. Révoltes, mots d’amour, haine de la discipline, du monde de l’adulte, obscénités et messages de paix.

L’art de Virginie Loze  n’est pas fait de concessions. Le trait cursif de ses dessins, de ses écritures, au fusain et au crayon est aussi une arme qui rappelle la foudre lancée par Zeus. Il fallait alors empêcher le puissant androgyne d’escalader le ciel et de combattre les dieux.

Zeus : « Je vais immédiatement les couper en deux (…). S’ils continuent à se montrer insolents (…) je les couperai encore une fois en deux, et les réduirai à marcher sur une jambe à cloche-pied ».  (Platon – Le banquet).           

Longtemps après avoir détourné notre regard, les images de Virginie Loze, telle une armée de fantômes, viennent hanter notre esprit. Sur la langue, un goût de cendre et de sang mêlés. Et puis, plus encore peut-être, cette petite phrase insistante. C’est vrai, il faudrait y penser plus souvent. Mais oui ! vous savez bien, cette petite phrase qui cogne à la fenêtre de notre conscience assoupie : « Comment changer le monde ? ».

 

Virginie Loze 2005 « Mural pour le film, séquence n°6, essaie vidéo n°1 » 2005, crayon noir, crayon de couleur, fusain, deux projections vidéo sur papier, 800 x 240 cm, une affiche éditée à 1000 exemplaires à la disposition du public. Collection FRAC Musée d’Art Moderne et Contemporain Les Abattoirs, Toulouse

 « Le symbole de paix, taillé dans du bois se consume. Les mots IGNORANCE/PEUR/SOUMISSION/PROPAGANDE sont lisibles à travers de la fumée. Plus loin, un pain à visage humain fume le doigt de Dieu. Un corps accroupi tousse et s’étouffe à travers une fumée épaisse. Le pain anthropomorphe, boursoufflé, sûr de lui, ferme les yeux sur ce qu’il est en train de provoquer. Blasphémateur et anthropophage, il fume le doigt de l’homme ou du dieu qui l’a façonné. Plus bas, une jambe nue baigne dans le sang contenu dans une botte de femme géante. Les jambes bougent et s’élancent pour sauter hors de la botte. A ce moment, on voit apparaître le corps nu d’une femme sans tête. Dans son dos est marqué INNOCENCE. Elle marche de dos vers un visage monstrueux dessiné qui ressemble à un diable. Plus elle se tourne, nous fait face et son corps se greffe sous la tête du diable. Plus loin encore, des têtes se dévorent entre elles au dessus d’une représentation sexuelle et masochiste du Christ. Un corps dodue et sans tête se dote d’un visage humain défiguré, grotesque qui semble se lamenter. Puis un visage féminin à la beauté étrange le remplace. Face à ce visage multiple, un bras est en suspend. Ce bras relié  à un arbre se tend en direction de la figurine comme pour lui donner un coup de poing. A un autre moment, la main semble caresser le visage. Les bras et les jambes désarticulés sont les branches et les racines de ce vieil arbre malade dont le nez est prolongé d’un moignon ridicule. L’arbre dit avoir été déraciné, brisé et même pas mangé. A l’extrémité du mural, un animal ; mi âne, mi chien, tenant un micro dit « Comment changer le monde ? » Ma conscience vaine et cynique interroge les discordes de l’actualité mondiale, qu’il s’agisse du mensonge qui engendre la confusion propice à la propagande comme de l’avidité, de la perversion, du poids culturel des conventions admises qu’elles soient religieuses ou sociales. De même, la torture et le déplacement des populations quand ils malmènent notre humanité. » Virginie Loze

 

Catherine Macchi de Vilhena, commissaire d’expositions, Nice, Fantômes en réserve, 2005

« Entre fiction et réalité, les dessins de Virginie Loze constituent un champ d’expérimentation libre où se croisent les références de toute une génération imprégnée de séries télévisées et de films cultes, de bandes dessinées et de musique pop. Mais l’esthétique trash de la contre-culture est ici distillée à retardement tant les singuliers personnages convoqués par l’artiste assument un air de normalité ou un degré de résignation. Comme dans un rébus, le dessin est sommaire, réduit à l’essentiel. Tels des ectoplasmes flottant dans l’espace blanc de la feuille de papier, les acteurs de ces étranges bribes d’histoires sont pourtant en proie à des métamorphoses monstrueuses et inquiétantes. Les mutations dont Virginie Loze affuble avec humour et tendresse ces personnages pourraient bien être le spectre de nos angoisses. Derrière la prolifération insolente de ces sujets improbables, il est question de menaces qui défient l’individu, d’atteinte à l’intégrité, de l’appétence contrariée, de signe du dérèglement psychique et d’aliénation. »

 

« Je me souviens » Virginie Loze, 2007

- Je me souviens de mes sous-pulls colorés dont je resserrais le col avec une épingle double par coquetterie

- Je me souviens de mon grand père maternel joyeux, dégustant une orange après sa sieste.

- Je me souviens être cachée dans un carton de chocolatines à la fac de Rangueil, pour un tour de magie avant d’être découpée à la scie.

- Je me souviens des hommes pleurant face à moi parce qu’ils savaient qu’ils allaient mourir.

- Je me souviens, assise dans la poussette, des promenades avec ma grand-mère maternelle depuis Roques vers Muret.

- Je me souviens de Christophe devant la TV, lui collant une fausse barbe de coton dans la sienne naissante.

- Je me souviens de la vue aérienne et vertigineuse comme à bord d’un planeur depuis les Twin Towers à New York.

- Je me souviens de la bise de ma grand-mère paternelle qui durait longtemps lorsqu’elle me disait bonjour.

- Je me souviens être avec Catherine Deneuve aux toilettes d’un théâtre où inquiète, elle se remaquillait et de ne pas avoir osé la regarder.

- Je me souviens quand Nadine m’a dit qu’elle allait retrouver son père  sous la Tour Eiffel alors que celui-ci avait disparu depuis deux ans.

- Je me souviens lorsque Gadget a uriné sur mon frigidaire un matin de somnambulisme éthylique.

- Je me souviens d’avoir serrer la main de ceux qui ont serré la main à Dali, Warhol, Lou Reed, Jacky Kennedy, Diane Arbus.

- Je me souviens de confondre un souvenir avec une photo souvenir.

- Je me souviens, au ski pour aller plus vite, d’avoir sauté depuis un télésiège et d’être restée coincée dans mon anorak sans rien voir.

- Je me souviens qu’il est désagréable d’avoir un bout de saucisson coincé entre les dents.

- Je me souviens des manifestants en 1968 criant « Debré, salaud, le peuple aura ta peau ! »

- Je me souviens au lycée de Muret, on disait « La crise ! » à tout bon de champ.

- Je me souviens de mon père maniant ses armes et l’inquiétude de ma mère.

- Je me souviens des bulles de pétrole affleurant sur la pelouse de Wilshire Avenue à Los Angeles.

- Je me souviens des oiseaux en liberté dans la chambre universitaire d’Yves Pol.

- Je me souviens de la fille à la barrette incrustée dans la tête, après l’accident dans « Sailor et Lula » de David Lynch.

- Je me souviens de Youssef, en appui sur ses phalanges, comme un gorille.

- Je me souviens aux Beaux Arts de la chute de trente mètres d’une armoire pour le plaisir de voir comment ça fait.

- Je me souviens quand mes parents m’ont réveillé une nuit de 1969 pour voir à la TV les premiers pas de l’homme sur la Lune.

- Je me souviens du parfum de la fleur du frangipanier.

- Je me souviens d’avoir pleuré en voyant l’Aurige de Delphes.

- Je me souviens d’avoir fait l’amour sur un billard, dans un pédalo, sur les toits de Toulouse.

- Je me souviens d’avoir déposé des violettes synthétiques et ma photo d’identité dans le cercueil de ma grand-mère paternelle.