Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Artiste en Midi-Pyrénées

Odile Fuchs | Artistes

Odile Fuchs

Je développe depuis plusieurs années une pratique d’oeuvres in situ que je conçois pour des lieux publics urbains (rue, parc, cour d’école...) selon une approche sensible et corporelle. Ces oeuvres, qui ont souvent une valeur d’usage, cherchent à rendre les lieux plus intéressants qu’ils n'y paraissent, à révéler leur intérêt caché, à les mettre en capacité de nous surprendre. Elles suggèrent de profiter autrement du monde qui nous entoure.

 

Odile Fuchs

Née en 1975 à Colmar
Vit et travaille à Toulouse

 

Formation 
Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg
Centre de Formation des Plasticiens Intervenants, Strasbourg
Université des Sciences Humaines de Strasbourg

 

Créations in situ

Et toi, quelle est ta bataille ?, Muret, 2015-2016

Vues de Toulouse #2, Grisolles, 2015

Vues de Toulouse, Toulouse, 2013

ZOP (Zone d'Observation du Paysage), Toulouse, 2011-2012

Jeu me déplace, Ramonville, 2008

Les choses sans maitre, lieux divers, depuis 2000

Empalorama, Toulouse, 2005

Promenade rose-promenade orange, 5ème Biennale d’art contemporain d’Enghien-les-Bains, 2004

Olympiadackel, Münich, 2003

L’HommSinge, Strasbourg-Oberschaeffolsheim, 2002

Parcours sportif-extension, préfiguration de la 4ème Biennale d’art contemporain d’Enghien-les-Bains, 2001

C’est un jardin extraordinaire, Strasbourg, 1999-2002

 

Créations à venir

Les chateaux de la Loire, lieux divers Région Centre

Plan Libre, Toulouse

 

 

 

  • Palabra, 2017, Colomiers
    Tapis modulaire, wax-polyuréthane-ouate, 100 modules
  • Palabra, 2017, Colomiers
    Tapis modulaire, wax-polyuréthane-ouate, 100 modules
  • Palabra, 2017, Colomiers
    Tapis modulaire, wax-polyuréthane-ouate, 100 modules
  • Et toi, quelle est ta bataille ?, 2016, Muret
  • Et toi, quelle est ta bataille ?, 2016, Muret
  • Et toi, quelle est ta bataille ?, 2016, Muret
  • Vues de Toulouse #2, 2015, Grisolles
    Assiettes à décor historié, résine polyuréthane, lait, mobilier in situ
  • Vues de Toulouse #2, 2015, Grisolles
    Assiettes en faïence fine, collection Musée Calbet | 12 photographies de Sylvain Mille, tirages numériques, format variés
  • Vues de Toulouse #2, 2015, Grisolles
    extrait vidéo, HD, 40 min
  • Assiette Fouque et Arnoux, Vue de Toulouse - Les Abattoirs, 1825-1848
    Assiette en faïence fine, collection Musée du Vieux Toulouse
  • Vues de Toulouse, 2013, Toulouse
    12 affiches, sérigraphie, Ø 20 à 200 cm
  • Vues de Toulouse, 2013, Toulouse
    12 affiches, sérigraphie, Ø 20 à 200 cm
  • ZOP (Zone d'Observation du paysage), 2012, Toulouse
    Brochure visuo-tactile et audio-descriptions
  • ZOP (Zone d'Observation du paysage), 2012, Toulouse
    Brochure visuo-tactile et audio-descriptions
  • ZOP (Zone d'Observation du paysage), 2012, Toulouse
    Brochure visuo-tactile et audio-descriptions
  • Jeu me déplace, 2008, Ramonville
    10 séries de signes peints au sol
  • Jeu me déplace, 2008, Ramonville
    10 séries de signes peints au sol
  • Jeu me déplace, 2008, Ramonville
    10 séries de signes peints au sol
  • Promenade rose-promenade orange, 2004, Enghien-les-Bains
    600 panneaux en PVC, sérigraphies sur vinyl adhésif / 12x12 cm
  • Promenade rose-promenade orange, 2004, Enghien-les-Bains
    600 panneaux en PVC, sérigraphies sur vinyl adhésif / 12x12 cm
  • Promenade rose-promenade orange, 2004, Enghien-les-Bains
    600 panneaux en PVC, sérigraphies sur vinyl adhésif / 12x12 cm
  • Olympiadackel, 2003, Münich
    8 panneaux en alucobond, gravures digitales / 50x65cm
  • Olympiadackel, 2003, Münich
    8 panneaux en alucobond, gravures digitales / 50x65cm
  • 8 panneaux en alucobond, gravures digitales / 50x65cm
  • Parcours sportif-extension, 2001, Enghien-les-Bains
    7 panneaux en bois gravés / 50x60cm
  • Parcours sportif-extension, 2001, Enghien-les-Bains
    7 panneaux en bois gravés / 50x60cm
  • Parcours sportif-extension, 2001, Enghien-les-Bains
    7 panneaux en bois gravés / 50x60cm

 

"Et toi, quelle est ta bataille ?"
Stefania Meazza

Les histoires que l'on écrira, les tableaux que l'on peindra, les musiques que l'on composera, les choses stupides, folles, incompréhensibles et inutiles dont tu parles seront pourtant toujours la pointe extrême de l'homme, son authentique étendard. […] le jour où ces idioties auront disparu, les hommes seront devenus de pauvres vers nus et misérables, comme au temps des cavernes. Dino Buzzati, Le magicien

Le 12 septembre 1213 Muret est le théâtre d'une bataille entre une vaste coalition composée de seigneurs occitans et catalans, guidés par Pierre II d'Aragon, et l'armée de croisés de Simon de Montfort, originaire du Nord de la France. Le siège de la forteresse de Muret, conquise par les croisés en 1212, marque le début de la bataille, qui sera gagnée par Simon de Montfort, défenseur de l’orthodoxie face au catharisme. Cette victoire lui permet de conquérir l’essentiel du Languedoc et à la royauté française d'imposer définitivement son pouvoir sur l'Occitanie face aux velléités d'intervention de la couronne catalano-aragonaise au nord des Pyrénées.

La bataille de Muret a été la porte d'entrée du projet que l'artiste plasticienne Odile Fuchs a mené pendant une résidence de trois mois dans le quartier Saint Jean, organisée en partenariat avec la Ville de Muret et la DRAC Midi Pyrénées. L’artiste est partie à la rencontre des habitants, en leur demandant de raconter cette bataille, par leurs souvenirs et leurs impressions. À travers les déformations et les approximations propres à la mémoire individuelle, les récits des habitants ont donc accompagné l'artiste dans la compréhension de ce fait historique. L'image de la bataille qui en résulte n’est pas tout à fait conforme au discours autorisé de l'histoire officielle collective, mais restitue la variété des rencontres effectuées et des regards personnels. Ces échanges, retranscrits sous forme de bribes de conversations données à lire sur une grande affiche exposée sur la grille du Parc Dalayrac, ont constitué la première étape du projet.

La dimension de la rencontre a cependant animé toutes les phases de la résidence d'Odile Fuchs, en irriguant le projet à sa base. L’artiste a cherché à rencontrer une multiplicité d’interlocuteurs, se rendant dans les écoles, dans un club d’animation pour jeunes, au centre social, dans la bibliothèque du quartier, dans diverses associations, ainsi qu’au marché et dans les jardins publics. Le contexte de travail d'Odile Fuchs se situe précisément dans cet espace social : pas un espace neutre, vide, architectural, mais un espace habité, traversé par des individus, un espace politique dans le sens premier du terme, l'espace de la communauté. Cet espace, qui, dans les quartiers résidentiels, excentrés ou tout simplement récents, est difficilement investi d'une façon conviviale, devient le lieu de travail de l'artiste, à Muret dans le quartier Saint Jean, mais également à l'occasion d'autres projets qu'Odile Fuchs a réalisé dans des contextes similaires, notamment Zone d’Observation du Paysage, en 2012.

Lors de sa première exploration du quartier, l'artiste a été frappée de découvrir à quel point ces espaces publics étaient vides et silencieux, alors que le quartier est densément habité. Son intention a donc été de travailler avec les habitants pour apporter dans ces espaces publics une modeste transformation par l’introduction du mot, des mots. L’appropriation de ces lieux est donc passée par une deuxième interrogation, qui a suivi la première au sujet de la bataille de Muret. En posant la question « Et toi, quelle est ta bataille ? », l’attention d’Odile Fuchs s’est alors concentrée sur les batailles menées personnellement par les habitants. Depuis l’histoire officielle, bien qu’observée à travers le filtre personnel, l’artiste s’est tournée vers l'histoire individuelle. Chaque personne rencontrée a partagé sa réponse personnelle et, malgré la métaphore belliqueuse, a donné à lire un engagement humain et quotidien basé sur des valeurs intimes et/ ou citoyennes. Les propos, utilisés pour réaliser des affiches, restituent cette dimension individuelle et privée dans l'espace public, ainsi que la diversité des individus et de leurs idées, à travers l'utilisation de l'écriture manuscrite, des différentes langues parlées et du dessin.

Au moyen de ces affiches, les participants au projet, leurs familles et leurs amis ont été invités à se saisir de l'opportunité d'investir l'espace public. Lors d'une promenade effectuée le 9 janvier 2016 le long du sentier fleuri des arts et des inventions, chacun a pu expérimenter directement le processus de l’œuvre. Plutôt que suivre une démarche décorative, qui consiste à semer des sculptures ou des objets artistiques dans la ville, Odile Fuchs a proposé un protocole où la participation était la dimension essentielle. En installant certaines affiches, en participant à leur mise en couleur ou en complétant le panel de batailles, les habitants ont montré, à leur tour, qu'il est possible d'habiter un espace par le mot et, par le mot, de susciter l'échange et la rencontre, fondement de la vie de quartier et, finalement, de la société.

 

"Vues de Toulouse"
Yvan Poulain

Entre 1825 et 1848, la manufacture de faïence Fouque et Arnoux a réalisé à Toulouse puis à St-Gaudens-Valentine, une quarantaine d'assiettes imprimées présentant des lieux publics emblématiques de la cité toulousaine. D’une grande diversité (monuments civils et religieux, rues, bâtiments à caractère industriel…), ces pièces de vaisselle, documentent avec détail l’histoire de la ville au début du XIXème siècle et permettent d’en apprécier les modifications, constituant parfois l’unique témoignage visuel de lieux disparus ou projetés.

Les artistes Odile Fuchs et Sylvain Mille sont partis de cette importante série conservée au musée Paul-Dupuy, pour réaliser “Vues de Toulouse”, un projet graphique et photographique jouant de la confrontation de ces décors imprimés avec les bouleversements opérés dans la ville. Un jeu de va et vient visuel qui autorise l’autopsie des transformations réalisées, régénérant par le détail notre regard sur la ville.

Affiches | Odile Fuchs
Artiste plasticienne habituée à travailler dans et avec l’espace public, Odile Fuchs réalise pour la rue un ensemble de 12 affiches sérigraphiées rose fluorescent reproduisant une partie des vignettes lithographiées ayant servi à décorer le service Fouque et Arnoux. Chaque vignette est agrandie, laissant voir sur le papier ou l’adhésif qui la porte, quantité de petits détails, peu visibles à l’œil nu dans les assiettes anciennes. Ici, l’affiche est rendue à la rue, collée à proximité des lieux auxquels elle fait référence, adaptant doucement son format aux supports qui veulent bien l’accueillir.
Rue Merly, c’est sur les murs de l’ancienne manufacture Fouque et Arnoux, depuis reconvertie en établissement scolaire, qu’Odile Fuchs appose son image. Ronde, d’un diamètre d’1 mètre 30, marouflée vaguement pour éviter les plis, la reproduction, dont l'artiste assume la fragilité et le caractère éphémère du support, est laissée à la dégradation du temps, des passants et des intempéries. Place Arnaud Bernard, pour évoquer l’existence d’une porte dans les murs aujourd’hui disparus de la cité, c’est sur les plateaux des tables d’un café qu’elle décline ses images, composant une sorte de set historié laissé à la vue des flâneurs attablés. Place St Cyprien, près du marché couvert, c'est l'arrière d'un panneau signalétique qui est investi de petites affichettes, 18 cm de diamètre, à peine plus grosses que l'assiette qui en portait naguère le motif.
Comme leurs jumelles de faïences, ces affiches ne portent pas d’autres indications que le nom du site. Rien d’un parcours établi du centre ancien de la ville à sa périphérie, ni de l’origine des images, ni de l’intention de l’artiste. Tout est laissé ici à la seule lecture des passants. A eux de confronter leur regard aux images anciennes de la ville, de soupeser les écarts opérés par le temps, d’induire le passé de la cité comme son présent. En opérant ainsi, Odile Fuchs ne cherche pas à instruire le passant, comme il en serait d’un parcours découverte, mais à aiguillonner l’acuité de son regard, à apporter par l’interpellation graphique une approche sensible des sites, les rendant ainsi plus présents à nos yeux…

Photographies | Sylvain Mille
Pour le musée Paul-Dupuy, le photographe Sylvain Mille inverse le processus, sans en corrompre l’intention. Il est parti des images du service des monuments de Toulouse pour réaliser, sur site, une photographie des lieux tels qu'on peut les voir aujourd'hui. Les images produites sont présentées au côté des assiettes en faïence, proposant une redécouverte de Toulouse et des pièces de la collection du musée.
Inspirées de gravures et de peintures effectuées par divers artistes, les vignettes originales du service proposent des vues étonnamment esseulées des lieux emblématiques de la ville. Sur le Pont Neuf, l'arc de triomphe qui en marquait l'entrée semble flotter hors de tout contexte. L'organisation de l'image est rigoureuse, jouant presque d'un effet de symétrie, renforçant ainsi le caractère ordonné et répétitif du bâtiment. Pas un passant, ni une calèche ne viennent contrarier ici l'ordre des choses. Il nous faut pourtant bien imaginer, dans la réalité des faits, les rues pleines des mouvements de la cité. Tout est fait au contraire pour magnifier la parfaite ordonnance de l'architecture. Pont de Tounis, un groupe de femmes s'affaire en bord de Garonne. Il n'est pas seulement là pour donner de la vie à la scène, mais pour appuyer le côté pittoresque des architectures vernaculaires dessinées avec soin en second plan. Sans en enlever le caractère documentaire, ces images répondent bien à un travail de construction propre à l'interprétation de l'artiste et à l'envie du commanditaire de rendre d'abord l'architecture des lieux plutôt que sa vie grouillante. Certaines images, comme celle de la fontaine de la place St Georges, n'ont même jamais existé de la sorte, l'artiste proposant une vue projetée d'aménagements qui ne verront jamais le jour...
Pour s’approcher dans l'esprit et la forme de ces vignettes sagement ordonnancées, Sylvain Mille a photographié les lieux à l’aube, à l’heure où la lumière émerge de la nuit et où la ville encore endormie, s’habille de douces couleurs. Les rues à demi vides et sages de la cité toulousaine offrent à cette heure une impression de temps suspendu, d'étrange apesanteur. Ce mouvement de suspension presque irréel est déjà présent dans les œuvres originales. Il en ressort chez le visiteur un sentiment étrange, qui marque sa confusion devant un lieu qu’il connaît mais ne reconnaît pas. Plus précisément, si c’est bien la ville réelle qui a été photographiée par l’artiste, elle l’a été justement à un moment qu’on ne lui connaît pas. Le jeu de Sylvain Mille répond ici au souhait d'interroger autant les lieux que son outil. Procédé collectivement associé au document et à l'enregistrement mécanique de la réalité, la photographie n'en est pas moins dans les faits un outil d'interprétation, tout aussi arrangeant avec les faits et lieux que l'était la lithographie dans sa tentative de magnifier le réel. En travaillant ainsi, Sylvain Mille interroge, par un regard distancié, la valeur documentaire de ces représentations.
Si Odile Fuchs confronte dans son projet la réalité objective des sites à leur représentation au XIXème siècle, Sylvain Mille met lui en vis-à-vis dans le musée, deux présentations subjectives d’une même ville, deux faux semblants de la réalité, égaux ici en tout point au jeu des adaptations et des petits arrangements. Tout autant qu'un regard sur la cité, Odile Fuchs et Sylvain Mille proposent une réflexion déambulatoire sur l'image, une introspection sans y paraître, en forme de promenade, sur l'art de représenter la ville.

 

Odile Fuchs
Catherine Grout, extrait de la brochure de la 5ème biennale d’art contemporain d’Enghien-les-Bains

En avant-première de la 4ème biennale, Odile fuchs a réalisé en 2001 “Le Parcours sportif” qui est toujours en place dans le jardin de la Presqu’île aux fleurs. Ce parcours consiste en une proposition de gestes et d’actions en décalage par rapport aux exercices sportifs déjà présents sur le site. Au lieu d’indiquer des  gestes d’étirement, de musculation (etc.), elle invite les visiteurs à se débarasser de ce qui pourrait limiter leurs sens. Les indications qu’elle donne sont destinées à “mettre en jeu le corps et ses capacités sensorielles dans un rapport qui n’est pas celui de la performance physique mais de l’écoute de soi et de ce qui nous entoure”. A partir du jardin, elle souhaite que les visiteurs poursuivent leur expérience dans les rues, à la découverte alors d’une ville un peu différente, qui n’est pas faite seulement de bâtiments à regarder mais d’une multitude d’évènements à éprouver : ces “épreuves” nous en apprennent sur ce qui nous entoure et sur nous mêmes, de façon même infime, elles nous enrichissent” (O.Fuchs).

Continuant dans le même esprit, elle a conçu cette fois un double parcours dans la ville d’Enghien qui reprend un principe de signalisation utilisé pour les chemins de randonnée. D’une part, un itinéraire amène aux oeuvres de la 5ème biennale et aux oeuvres encore visibles depuis les biennales précédentes, et d’autre part, un itinéraire invite à faire une promenade insolite. Odile Fuchs associe la ville d’Enghien à une pratique de la marche, entre autres en raison de ses promenades urbaines, de son lac dont on fait le tour et de la biennale qui invite à aller d’un lieu à un autre. Le pictogramme des itinéraires a été obtenu par un jeu. Le deuxième itinéraire, destiné aux curiosités de la ville a été défini avec les habitants de la ville selon des approches sensorielles rompant avec la marche distraite, portant peu attention aux alentours. “Les curiosités relevées concernent des éléments éprouvés. Résultat d’une approche sensible de la ville, elles s’adressent aux piétons dans leur marche, leur suggérant d’effectuer une pause, d’apprécier et d’explorer ce qui les entoure. Le caractère éphémère de certaines curiosités perçues par les habitants ne permettra pas forcément aux piétons de les éprouver à leur tour bien qu’elles soient mentionnées sur la signalétique. A partir de ce vécu possible, c’est à eux de développer leur propre écoute d’une ville toujours changeante” (O. Fuchs).

 

“System”
Thomas Huber, extrait du catalogue IMPARK 1

Le parc olympique de Munich est conçu comme un système. Toutes les composantes - l’architecture, le traitement paysager et la charte graphique des jeux olympiques- forment un ensemble et sont liés par une esthétique commune très forte. Cette homogénéité explique certainement le fait que, malgré toutes les transformations intervenues et son utilisation intensive, le parc olympique n’ait pas perdu son unité.

La systématique du terrain, qui évite la ligne droite en ce qui concerne le tracé des chemins du parc, offre par exemple d’intéressantes possibilités pour le développement de systèmes (ou contre-systèmes) artistiques. Ce parti-pris a été adopté pour la conception de trois oeuvres, au moins, dans l’exposition.

Dans son installation de panneaux, “Signalétique Teckel”, mais aussi avec “Vêtement de loisirs pour teckel” - un costume pour teckel conçu comme un multiple et exposé dans une vitrine au dernier étage  de la tour olympique, tous les deux composant son travail “Olympiadackel”, Odile Fuchs paraphrase le système de représentation des jeux olympiques créé par Otl Aicher. Pour cela, elle utilise l’image de la petite mascotte des jeux olympiques d’alors, le teckel Waldi. Tout en respectant le nuancier de couleurs d’Otl Aicher, elle “anime” l’emblème des jeux, prodiguant de façon ironique ses conseils à l’intention des propriétaires de chien. Elle le considère littéralement comme un teckel et le destitue ainsi de sa fonction olympique. Par ailleurs, tant sur un des panneaux où elles apparaissent sous forme d’un patron à recopier que sur un exemplaire de vêtement cousu par l’artiste, les couleurs du Waldi olympique deviennent portables par le teckel lambda (... ).