Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Architecture des Abattoirs

Les Abattoirs constituent un parfait exemple de réhabilitation architecturale. En effet, ce sont les anciens abattoirs municipaux, réalisées par l’architecte Urbain Vitry, fermés en 1988, qui ont servi de base à l’édification de l’Espace d’Art Moderne et Contemporain de Toulouse.

En 1823, la ville de Toulouse décide de regrouper ses différents abattoirs sur un site unique. C’est l’architecte Urbain Vitry qui est chargé, en 1825, du projet d’architecture du bâtiment.

L’activité des abattoirs se poursuivra jusqu’en 1988 et son architecture fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 13 mars 1991.

Le 2 décembre 1991 est créé un syndicat mixte entre la ville de Toulouse et la région Midi-Pyrénées ayant pour vocation la réalisation sur le site des anciens abattoirs d’un Espace d’Art Moderne et Contemporain (EAMC). La décision de réinvestir les abattoirs s’est décidée sur plusieurs facteurs liés à des décisions politiques et urbanistiques. Dominique Baudis (le maire de l’époque) a très tôt affirmé sa préférence pour un musée basé sur un site préexistant. Le projet des Abattoirs s’inscrit en outre dans un plan de réhabilitation plus large du quartier Saint Cyprien, avec le réaménagement des bords de Garonne, la construction d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concertée) et le passage du métro.

En 1995, le projet des architectes Antoine Stinco et Rémi Papillault est retenu pour la création de l’Espace d’Art moderne et Contemporain de Toulouse Midi-Pyrénées. Les travaux débutent en 1997, et Les Abattoirs (dénomination finalement adoptée) ouvrent officiellement en 2000.

La force du projet des deux architectes réside dans trois critères principaux : la conception architecturale de la rénovation, l’aménagement muséographique proposé et enfin la vision d’ensemble du site pour une meilleure inscription dans le quartier Saint Cyprien. Antoine Stinco et Rémi Papillault ont su conjuguer leurs compétences respectives : si le premier est reconnu pour ses projets de réhabilitation de la Galerie Nationale du Jeu de Paume ou d’aménagement de l’Ecole du Louvre, le second, quant à lui, a mené des études pour le secteur sauvegardé de la ville de Toulouse et pour l’aménagement des quais de Garonne.

Le parti pris architectural a été de retrouver la composition initiale des abattoirs afin de retrouver l’unité, la simplicité et le rationalisme du plan néoclassique. Afin de retrouver la symétrie qui donne à l’ensemble son équilibre, le pavillon manquant – aujourd’hui la bibliothèque et le centre de documentation – a été restitué à l’identique.

Dans le cas des Abattoirs, plusieurs contraintes d’ordre muséographique ont orienté les plans architecturaux. De fait, l’espace intérieur a été retravaillé de fond en comble pour s’adapter aux exigences de la création moderne et contemporaine. Selon Stinco et Papillault, il s’agissait de savoir « comment organiser la rencontre entre un savoir-faire muséographique et un lieu particulier. Nous avons consulté le dossier [d’architecture] aux archives municipales et étudié les traités de l’architecte. Cette volonté de connaitre le projet d’origine  ne répond pas au désir d’en restituer l’état initial. C’est au contraire une façon de s’en libérer pour mieux mesurer les choix qui suivent. L’important, dans la reconnaissance de cette dimension historique, est de favoriser une intervention harmonieuse sur le passé afin de parvenir à l’unité. »

Au rez-de-chaussée, le cheminement se fait dans le sens de la composition d’Urbain Vitry, c’est-à-dire du parvis vers l’hémicycle. Passé les trois grandes arcades d’entrée, le visiteur peut découvrir l’ensemble monumental de la nef, vierge de toute cimaise afin de laisser dégagées les lignes de force du bâtiment. Les collatéraux ont en revanche été séparés par l’obstruction des arcades latérales au moyen de cimaises amovibles, adaptables selon les besoins et contraintes de chaque exposition. Au bout de la halle, le vide créé laisse découvrir la salle du sous-sol, enterrée à 11 mètres de profondeur afin d’accueillir le grandiose Rideau de Scène de Picasso. Ce niveau est accessible depuis un escalier (un espace à supprimer) (rattaché à une lame-cimaise en béton) qui offre une mise en scène et un point de vue original et théâtral sur cette œuvre de Picasso. C’est ce même escalier qui mène au premier étage et à ses salles d’exposition qui se veulent plus intimistes en quelque sorte, avec des cimaises plus étroites et des mirandes donnant sur la halle. C’est ici le parquet qui a été choisi, à l’inverse du rez-de-chaussée et du sous-sol, bénéficiant d’un sol en dalles de béton, serties de métal.

A chaque extrémité de l’étage, une passerelle et une plateforme se font face pour relier la visite  entre les deux collatéraux de ce niveau.