Du 9 novembre 07 au 20 janvier 08
Vernissage le vendredi 9 novembre à 18h30
Hommage à André Marfaing,
Lindström, Debré.
Artiste toulousain disparu en 1987, Marfaing a croisé la route d’Olivier Debré et de Bengt Lindström : tous trois ont travaillé ensemble. Cette amitié est le point de départ d’une exposition essentiellement consacrée à Marfaing mais articulée autour des oeuvres réalisées en commun en 1974.
"Les autres disent que je peins en noir et blanc. Ne voient-ils autre chose ?" écrit André Marfaing. Quoi ? Sinon ce flux immédiat de lumière immanente et tangible à la fois, d’autant plus fascinant qu’il reste impossible à cerner, ni même à définir ; sans lieu assigné, presque magique, il traverse le champ pictural davantage qu’il ne le construit, tel l’éclat incisif des minéraux dans la pureté d’un ciel de montagne.
Sans doute est-il le résultat d’une énergie continue et maîtrisée qui, par delà le geste et l’écriture des premières toiles, s’apaise enfin dans la plénitude spatiale des derniers tableaux.
"N’avez-vous jamais (…) éprouvé le sentiment que la clarté qui flotte, diffuse, dans la pièce, n’est pas une clarté ordinaire, qu’elle possède une qualité rare, une pesanteur particulière ? N’avez-vous jamais éprouvé cette sorte d’appréhension qui est celle que l’on ressent face à l’éternité, comme si de séjourner dans cet espace faisait perdre la notion du temps, comme si les ans coulaient sans qu’on s’en aperçoive, à croire qu’à l’instant de le quitter, l’on sera devenu soudain un vieillard chenu ? “ (Tanizaki Junichiro, Eloge de l’ombre, 1933)
Telle est aussi la force des oeuvres de Marfaing qui, de la matière à la lumière, conçoit la liberté et le destin de sa peinture sans autre référence qu’elle même et que sa propre évolution.
Suprême éclat d’un regard qui plonge dans “la soie du silence” (Rilke)
André Marfaing est un peintre français non figuratif. Pour lui, il ne s’agit pas de représenter la réalité naturelle mais de débarrasser la peinture du poids représentatif, de dépasser le tangible pour matérialiser l’implicite, avec un minimum de moyens. Il a travaillé l’huile et la gravure, utilisant principalement le noir, dans une peinture abstraite, ascétique, d’une réelle puissance. Ses émouvants contrastes lumineux, la stupéfiante rencontre du noir et du blanc provoquent une explosion dans le regard. Marfaing joue avec le noir et le blanc, chevauche par delà des limites qu’il surmonte dans un grand souffle de liberté et de formes purifiées. Un noir englobant et séduisant à la fois, défiant le blanc dans un dialogue fait d’ombres et de lumière. Sa pratique du fusain et de la lithographie, son amour pour l'art roman et ses sculptures, l’ont sans aucun doute préparé à appréhender les interactions entre l'ombre et de la lumière, sur lesquelles il orientera fermement sa peinture, d’une telle intensité, qu’elle se suffit à elle-même, qu’elle en fait presque oublier le peintre.
Son oeuvre est l’impressionnante attestation d’une génération qui, au sortir de la guerre, ayant tempéré la part d’artifices et d’accessibilité de la peinture figurative, s’est engagée dans la voie des nécessités, et a assumé l’aventure, alors audacieuse, de l’abstraction.
Marfaing ne titre jamais ses œuvres, ne souhaitant pas influencer le spectateur mais lui laisser plutôt toute liberté d'interprétation : seules les dimensions et la date sont attribuées comme référence.
Catalogue de 64 pages disponible : "André Marfaing". Editions les Abattoirs - Le temps qu'il fait. Textes de Michel Dieuzaide, Edmond Jabès et Alain Mousseigne. 20€.
> Plus d'infos sur le site des Abattoirs
Du 9 novembre 07 au 20 janvier 08
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 19h
Gratuit le 1er dimanche de chaque mois.

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