Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Dessins à dessein

Du 22 novembre 2012 au 12 janvier 2013
 
Le Majorat, Villeneuve-Tolosane (31)
Vernissage le jeudi 22 novembre à 18h30
Rolino Gaspari, "Tulipes", 1991 - Frac Midi-Pyrénées

La sélection opérée dans la collection des Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées nous montre la diversité des intentions des artistes utilisant le dessin.

Dans le cadre de Graphéine, saison du dessin contemporain.

Artistes : Marinus Boezem, Stéphane Calais, Rolino Gaspari, Toni Grand, Titi Parant, Claudio Parmiggiani, Michelangelo Pistoletto, Jürgen Schilling, Franz West.

"Dessin et dessein sont le même mot, il n’y a pas si longtemps que l’orthographe les a distingués pour l’œil." (Littré 1835).

De l’œuvre à part entière, aux esquisses, aux travaux préparatoires à un projet, le dessin revêt de multiples formes, aucune ne prévalant sur l’autre. Partie intégrante de l’œuvre sculptée (Rolino Gaspari), ou formant une installation (Jürgen Schilling, Stéphane Calais), il accompagne également un propos récurrent qui se développe à travers plusieurs médiums, peinture, sculpture ou installation (Titi Parant).

Tout naturellement, en écho, des sculptures sont présentes dans l’exposition. Un certain nombre d’esquisses font aussi référence à des commandes publiques ou œuvres monumentales installées dans l’espace urbain (Il genio del tempo de Michelangelo Pistoletto, Parvis du Conseil Régional de Midi-Pyrénées ; Agoraphobia de Franz West, Jardin Raymond VI, St Cyprien).

Expérimentations, intentions et problématiques diverses sous-tendent les approches des artistes. Du geste premier de l’homme préhistorique jusqu’aux pratiques contemporaines, le dessin demeure un formidable activateur d’idées.

Si nous nous sommes proposés de partir du dessin en tant qu’œuvre matérielle pour connaître l’intention de l’artiste, nous pouvons tout autant nous interroger sur le basculement de sens du « dessein » au « dessin », au cours du XVIIIème siècle.

Né du concept italien de « disegno » (« dessein »), signifiant à la fois le projet et sa représentation graphique, l’introduction autour des années 1750 du terme « dessin » a entraîné une signification plus restrictive, sémantiquement moins riche, n’impliquant pas forcément une intention intellectuelle sine qua non, un véritable projet de l’esprit. Cette rupture avec la tradition italienne et la théorie de l’art de la Renaissance  développée par  Giorgio Vasari (1511-1574) dans son ouvrage, "Le Vite de’ più eccelenti pittori, scultori e architettori italiani", est essentielle et permet certainement de comprendre pourquoi toute une génération d’artistes actuels réinvestit la question du dessin, nous permettant d’appréhender la pluralité des pratiques et des intentions. Mais le dessin demeure avant tout un dessein, c’est-à-dire un concept qui se traduit par une forme graphique.

"Le disegno, écrit Vasari, quand il a extrait de la pensée l’invention d’une chose, a besoin que la main, {….}, puisse rendre exactement ce que la nature a créée, avec la plume ou la pointe, le charbon, la pierre ou tout autre moyen" (in trad. fr.  A.Chastel {dir.}, Les Vies…)


Hélène Poquet, les Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées, 2012


Partenariat le Majorat / les Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées