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Du 26 septembre au 19 octobre 08
les Abattoirs prolongent les expositions jusqu'à fin 2008

"Là où je vais, je suis déjà"
www.printempsdeseptembre.com
www.myspace.com/printempsdeseptembre
"Souvenirs de la vie moderne"
Fabrice Gygi, Vincent Lamouroux, Philippe Decrauzat, John M Armleder, Alain Bublex, Mark Lewis, Jens Haanings
"Souvenirs de la vie moderne" : sous cette formule, il est question de rassembler aux Abattoirs plusieurs artistes qui puisent encore l'essentiel de leurs arguments visuels dans l'esthétique moderniste. Ironie du décor, jeu des références, virtuosité formelle, histoire de l'exposition, cette polygraphie laisse entendre que s'il y a encore du Beau aujourd'hui, c'est au titre du souvenir.
John M Armleder
Né en 1948 à Genève, vit entre New York et Genève.
Dialogue sur les murs entre John Armleder et les collections publiques de la ville de Toulouse.
Figure majeure de la scène suisse et artiste internationalement reconnu, John Michael Armleder fonde en 1969 le groupe Ecart, proche de l'esprit Fluxus, et se fait ensuite remarquer pour ses "Furnitures Sculptures" associant objets de mobilier et peintures. Investissant tous les médiums, ne se réduisant à aucun style et critiquant même la notion de style, son oeuvre polymorphe interroge l'abstraction, l'idée d'oeuvre, la notion d'auteur et les contradictions de la modernité.
"Dans le monde actuel de l'exposition, un musée qui ne met pas en perspective les possibilités qu'offre la contextualisation des oeuvres est un musée qui s'asphyxie. Or John M Armleder a continûment réinventé la manière d'exposer son travail et celui des autres. Son spectre est très large, il peut travailler au plus grand de la saturation et au pire de la raréfaction.
On va donc organiser un dialogue avec lui dans les parties latérales des Abattoirs. Il s'agit de demander à un artiste de regarder les ressources de la ville en matière de collections publiques, et de les donner à voir autrement : pour introduire une crise dans le musée même, une crise de sa représentation et de sa manière de se représenter l'art. De ce point de vue, l'artiste a une légitimité plus grande que le commissaire ou le directeur de musée.
On espère ainsi donner un avant-goût de ce que pourrait être une circulation créative des collections". Christian Bernard
Voir le reportage 

Fabrice Gygi
Né en 1965, vit à Genève.
"Winch, Fliessband et stars system", 2008
C'est dans la violence et la terreur sécuritaire du monde contemporain que cette haute figure de la scène suisse trouve l'essentiel de ses formes critiques, sculptures, performances, gravures ou installations. Tribunaux, tentes, aires de jeu, barrières anti-émeutes, instruments de torture, grillages interrogent les mécanismes de l'autorité et placent le spectateur dans une situation ambiguë : "Chaque citoyen(ne) est une figure autoritaire potentielle, puisque sa position est toujours contiguë et perméable au pouvoir".
Fabrice Gygi représentera la Suisse à la prochaine Biennale de Venise.
"Quand j'ai visité le lieu, cet énorme couloir central des Abattoirs qui amène à la fosse, je me suis dit qu'il fallait l'occuper dans la longueur. Je ne me suis pas renseigné pour savoir s'il s'agissait vraiment ici d'anciens abattoirs, je prends juste les choses au pied de la lettre, et donc j'ai imaginé cette machine dure, une sorte de hachoir qui irait jusqu'à remplir la fosse. Avec des tapis roulants pour amener les cadavres, parce qu'il y a dans les abattoirs l'idée d'une mort en masse, d'une mort industrielle. Et donc je l'ai dessinée comme ça, avec des dents, des tapis. Si tu tombes dedans, c'est le poids de ton corps qui l'actionne. Et tu sors de là mal en point".

Vincent Lamouroux
Né en 1974 à Saint-Germain-en-Laye, vit à Paris.
"Air right #01", 2008. Sculptures flottantes.
Entre science-fiction et quantique physique, l'artiste Vincent Lamouroux oeuvre notamment à une conception ouverte de la sculpture, élargie au champ entier de l'espace. À l'exemple de "Scape" (2005-2006), sa fameuse rampe de flipper qui traversait tout l'espace du Mamco de Genève et plus tard du Palais de Tokyo. L'art virtuose de mettre en apesanteur la notion de "sculpture monumentale".
«Cuius est solum, ejus est usque ad caelum et ad inferos" (celui à qui appartient la terre la possède depuis son centre jusqu'au ciel).

Philippe Decrauzat
Né en 1974 à Lausanne, où il vit.
"Canal de Mangue, Rio de Janeiro"
Sur toile ou wall-over, en installations et avec sculptures, la peinture de Philippe Decrauzat élabore de complexes compositions visuelles avec une gamme de couleurs assez limitée, privilégiant le noir et blanc. Pas un hasard si son oeuvre se nourrit d'influences très diverses, où le psychédélique se conjugue au minimalisme conceptuel, où l'Op art fait bon ménage avec le cinéma expérimental. Bandes, lignes, plans, aplats, tout est bon pour faire vibrer la surface et sortir l'oeil de ses perceptions ordinaires.
"Lentilles prismatiques, perception du relief, image stéréo. Canal en perspective, reflets des palmiers sur la surface de l'eau démultiplications du motif et rythmique lumineuse".

Alain Bublex
Né en 1961, vit entre Paris et Lyon.
Module d'exposition dans le hall des Abattoirs.
À l'image de Glooscap, cette ville imaginaire dont il relate et documente l'évolution sur plus d'un siècle, Alain Bublex déploie depuis le début des années 90 un art certain du récit. Quand bien même ses divers chantiers prennent les formes descriptives de la photographie ou celles momentanément arrêtées du paysage. Une contre-manière de préférer sans cesse l'activité en cours au produit fini de l'oeuvre. De maintenir une fiction d'activité, et l'activité d'une fiction.
Alain Bublex s'est vu confier la construction d'un module d'exposition présent à l'année dans le hall des Abattoirs. Une time capsule qui rassemblera de la documentation visuelle sur les expositions en cours et permettra d'anticiper sur la prochaine session du Printemps.

Mark Lewis
Né en 1957 à Hamilton au Canada, vit à Londres.
Chaque dimanche à 18h à l'Auditorium.
L'artiste canadien Mark Lewis oeuvre depuis des années à un retraitement du cinéma : à la manière d'un anatomiste, il en dissèque dans ses propres films, souvent de format court, les éléments constitutifs, retravaille les figures emblématiques du travelling, du figurant ou du générique. Il propose ainsi au spectateur un exercice de décodage, une expérience étrange de déjà-vu, et recompose aussi sa propre idée, éclatée, d'un "cinéma permanent".
"Je ne suis pas sûr que l'art permette d'accomplir quoi que ce soit d'extérieur à sa propre logique et à ses règles. Et cela signifie actuellement pour moi que j'essaie d'apporter quelque chose de ma relation quotidienne à la vie moderne dans des formes filmiques et photographiques, afin de mieux comprendre et mieux apprécier tout à la fois l'image et ma vie de tous les jours."
Jens Haaning
Vit et travaille à Copenhague, au Danemark.
Ma'lesh
Jens Haaning a participé à de très nombreuses expositions partout dans le monde et notamment à la Documenta de Kassel (11e édition) et à la Biennale de Sidney. Une exposition monographique de son travail a été organisée début 2007 par l'Institut d'art contemporain de Villeurbanne.
Dans sa forme, et par l'échelle utilisée, Ma'lesh ressemble aux peintures murales publicaitaires d'autrefois ou à une enseigne d'entreprise. Ma'lesh signifie "tant pis", "c'est pas grave", "peu importe" - une expression d'origine égyptienne pouvant s'employer aussi bien pour dire pardon que pour sous-entendre une certaine rancoeur.
Comme toujours dans le travail de Haaning, le message délivré reste indéterminé, en suspend. La peinture murale renvoie le spectateur à l'idée qu'il se fait de cette notion, à des associations personnelles. Est-ce que le mot dit quelque chose, véhicule une idée précise, ou est-ce qu'il est une surface de projection ?

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