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Du 21 septembre au 14 octobre 07

Hamsterwheel à Toulouse
Projet d’artistes à l’initiative de Franz West au Réfectoire des Jacobins.
Avec Reinhard Bernsteiner, Songül Boyraz et Peter Höll, Philippe Bradshaw, Jean-Marc Bustamante, Urs Fischer, Olivier Garbay, Gelitin Douglas Gordon, Heiri Häfliger, Rachel Harrison, Sarah Lucas, Bernhard Martin, Mel O'Callaghan, Antonio Ortega, Paola Pivi, Rudolf Polanszky, Ugo Rondinone, Tamuna Sirbiladze, Una Szeemann, Piotr Uklanski, Marc Vives Muñoz et David Bestué Guarch, Franz West, Toby Ziegler.
Wheeeeel, une jeune scène française
Aux Abattoirs : Emmanuelle Castellan, Les frères Chapuisat, Daniel Dewar et Grégory Gicquel, Sophie Dubosc, Sarah Fauguet et David Cousinard, Armand Jalut, Julien Laforge, Emmanuel Lagarrigue, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, Myriam Mechita, Camila Oliveira Fairclough, Stéphane Thidet, Nicolas Tourre, Maya Schweizer et Clemens von Wedemeyer.
www.printempsdeseptembre.com

Les trois dernières éditions du Printemps de Septembre à Toulouse ont permis au festival d’engager une mutation importante, de passer un cap et d’affirmer une nouvelle identité. Ce qui a eu pour conséquence de développer son audience locale, nationale mais aussi internationale. L’augmentation constante de la fréquentation pour atteindre près de 140 000 visiteurs en 2006 sur trois semaines atteste, s’il en était encore besoin, de l’attente considérable du public, plus précisément ici de tous les publics, envers la création contemporaine au coeur de la Cité.
Mais derrière les chiffres, il s’agit d’un phénomène culturel et sociétal important. S’il a toujours été au centre du festival dès ses origines, ce phénomène représente plus que jamais un potentiel d’énergie, de désir et d’envie considérable, qui motive autant sa raison d’être que ses développements futurs.
C’est pourquoi le Printemps de Septembre a opéré une double révolution. Tout d’abord en comprenant la nécessité de déployer et d’ouvrir, au-delà de la problématique de l’image, le champ des possibles afin de rester disponible, attentif et réactif aux évolutions les plus sensibles de l’art comme du monde contemporain.
C’est justement en réunissant des artistes de toutes les disciplines, issus des horizons esthétiques les plus divers, à l’intérieur comme à l’extérieur des lieux habituels de présentation, que ce festival a pu élargir l’espace et la réception de la création contemporaine. En particulier quand les expositions sont associées aux programmes des Nocturnes et des Soirées Nomades dont les concepts ont largement été repris depuis en France comme à l’étranger.
C’est aussi dans cette logique que la notion traditionnelle de commissariat a été repensée en confiant la direction artistique des trois dernières éditions à un artiste, Jean-Marc Bustamante. Associé à plusieurs commissaires et critiques, l’artiste commissaire (ou le
commissaire artiste) a impulsé une évolution importante en positionnant l’acte artistique et le fait plastique, ainsi que l’idée même de collaboration multidirectionnelle, au coeur de la manifestation.
L’exposition Hamsterwheel, conçue par Franz West, Urs Fischer et quelques amis artistes, eux-mêmes associés à d’autres compétences (commissaires, écrivains, philosophes, etc.), vient à point nommé prolonger et préciser cette nouvelle orientation prise par le Printemps de Septembre depuis 2004. Initialement présentée à l’Arsenal pour la 52e Biennale de Venise, cette partition inédite sera rejouée dans le réfectoire des Jacobins, au centre du festival avant d’être reprise à Barcelone à l’automne au centre d’art contemporain Santa Monica.
Hamsterwheel est une véritable aventure où les artistes se sont cooptés les uns les autres et où les commissaires réagissent, critiquent et commentent. L’important ici est le processus de l’échange, de la rencontre, même fortuite, et non la construction d’un signifiant a priori. Le sens surgit pendant, ou après, un peu à la manière d’un cadavre exquis surréaliste. Ce qui représente un renversement de perspective total et radical au regard des habitus actuels en matière de présentation d’art contemporain, en particulier dans les grandes manifestations. Ce qui va aussi au-delà des procédures multiples et variées de délégation.
Il n’est pas question toutefois de faire de ce schéma une nouvelle règle absolue ni même exclusive, mais bien de reconsidérer et de réinventer l’équation de l’émergence de l’oeuvre et du sens en redonnant au principe de créativité l’amplitude la plus grande.
L’esprit de redistribution, de prospection et d’inventivité qu’incarne Hamsterwheel sera prolongé à travers la ville de Toulouse et d’autres lieux (les Abattoirs, le Château d’Eau, la Maison éclusière, l’Espace EDF Bazacle, la Fondation espace écureuil, l’Espace Croix-Baragnon), avec une série d’expositions et de projets offrant un focus sur la très jeune scène artistique française. Peu connue et pourtant en pleine effervescence, cette scène émergente relève d’une dynamique endémique, atypique et inattendue, à l’image d’une génération très spontanée.
Wheeeeel, une jeune scène française, veut donc montrer à travers une sélection d’une trentaine d’artistes quelques-unes des lignes de force qui traversent actuellement la jeune création en France. Le paysage qui s’en dessine n’est ni exhaustif ni définitif mais en pleine reconfiguration.
Jamais sans doute la situation n’a été aussi ouverte, variée, éclatée, divergente, décomplexée. Comme libérée des esthétiques dominantes au profit d’une nouvelle biodiversité artistique qui, semble-t-il, ne demande qu’à être vue et reçue à l’extérieur. Il y a indéniablement autre chose qui se joue à travers l’art, dans le renouvellement nécessaire de notre rapport au monde. Et c’est sans doute ce qui sous-tend ce dynamisme.
Dans son ensemble, cette programmation devrait permettre au public comme aux observateurs nationaux et internationaux de prendre acte des passionnantes mutations que connaît la scène artistique actuelle, aussi bien française qu’internationale, et avec elle le festival.
C’est bien le moins que l’on peut attendre du Printemps de Septembre.
Marie-Thérèse Perrin
Présidente de l’association du Printemps de Septembre et Directrice du festival
> Aux Abattoirs : Wheeeeel, une jeune scène française
Emmanuelle Castellan
Née en 1976 à Aurillac, France
Vit et travaille à Toulouse, France
L’art d’Emmanuelle Castellan développe une relation ténue à l’espace qui trouve sa forme dans une pratique picturale décloisonnée. Qu’elles adoptent le cadre classique du tableau, qu’elles apparaissent directement à même le mur ou qu’elles se déploient en trois dimensions dans les maquettes ou les installations, ses oeuvres sont des zones transitoires qui contaminent l’espace. A partir de photographies qu’elle trouve dans les journaux ou qu’elle produit elle-même, l’artiste tente l’exercice de la disparition et de la réapparition de l’image dans la peinture. Elle fait de l’expérience une règle de travail, ses pièces mettent au jour les principes actifs de la persistance de l’image dans le lieu et dans le temps. |
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Les frères Chapuisat
Grégory Chapuisat
Né en 1972 à New-York, USA
Cyril Chapuisat
Né en 1976 à Bienne, Suisse
Habitent et travaillent "in situ"
Les frères Chapuisat ont d’abord entamé leur parcours artistique séparément, l’un, Gregory, au Art Center College of Design de Los Angeles, l’autre, Cyril, à l’université de Kingston, en Angleterre. Depuis 2001, comme le précise leur curriculum vitae, ils "vivent et travaillent in situ", réalisant ensemble des installations monumentales et praticables qui fonctionnent souvent comme des zones de repli. Le carton ou le bois aggloméré sont les matériaux principaux mais non exclusifs de leurs édifices, ils permettent la construction d’éléments modulaires qui s’étendent jusqu'à absorber complètement l’espace. Leurs oeuvres sont des alternatives territoriales qui proposent une manière autre d’habiter le monde. Elles ont la démesure des rêves d’enfants qui se réalisent, alliant la fraîcheur d’une certaine inconscience à une rigueur adulte.
Ils pratiquent la nidification comme on s’exile, et invitent chacun à entrer dans cet univers restructuré aux frontières perturbées. |
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Dewar et Gicquel
Daniel Dewar
Né en 1976 à Forest Dean, Royaume-Uni
Vit et travaille à Nantes, France
Grégory Gicquel
Né en 1975 à Saint Brieuc, France
Vit et travaille à Paris, France
L’oeuvre de Daniel Dewar et Grégory Gicquel est éminemment sculpturale. Plus précisément, elle est le point de convergence de diverses pratiques de la sculpture. Empruntant autant aux formes artisanales, aux objets manufacturés qu’aux techniques artistiques "classiques", elle développe un langage plastique décloisonné qui pose sa transversalité comme condition fondatrice. Leurs oeuvres ont souvent le charme de rencontres impromptues, fragmentaires elles décrivent partiellement l’univers auquel elles appartiennent. Plus qu’un récit, elles installent une atmosphère laissant entrevoir une façon d’envisager le monde à travers une attitude. Le hand made est la figure de style qui traverse l’ensemble de leur production, elle se donne à voir aux Printemps de Septembre à travers un troupeau d’hippopotames échelle un, réalisé en kaolin. Dewar et Gicquel se jouent du mythe de l’originalité en art, ils se servent d’éléments, de techniques, ou de modèles, accessoires ou déconsidérés et mettent à mal les dogmes restreints de l’académisme. |
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Sophie Dubosc
Née en 1974 à Paris, France
Vit et travaille à Château-Thierry et Paris, France
Sophie Dubosc active des formes ou des matériaux marqués par le temps. Elle patine ainsi ces sculptures d’un authentique vernis de réalité touchant directement à la mémoire et aux sentiments. Qu’elles soient prises dans le béton, dans le plâtre, noyées sous l’huile de vidange, sous l’encre de Chine ou dans du thé, ses pièces prisonnières semblent crier leur désir d’évasion. L’assemblage de formes ou de textures crée une atmosphère stagnante qui estompe les contours d’une approche didactique pour exhorter une compréhension intuitive des formes. Car si ces oeuvres s’en réfèrent à l’expérience intime de l’artiste ou à des événements précis de l’Histoire, elles convoquent néanmoins une parole collective qui résonne en chacun. L’art de Sophie Dubosc prend résolument le parti du souvenir pour dresser le décor d’une délicate poétique. |
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Sarah Fauguet et David Cousinard
Sarah Fauguet
Née en 1977 à Cosne-sur-Loire, France
David Cousinard
Né en 1976 à Charleville-Mézières, France
Vivent et travaillent à Paris
Sarah Fauguet et David Cousinard produisent d’imposants environnements sculpturaux. Leur oeuvre organise un ensemble baroque constitué d’une multitude de formes qui sont autant d’indices offerts à l’élaboration d’éventuels récits. Combinant les codes familiers de l’architecture, de l’ornement, du décor ou du mobilier, ils créent un vocabulaire d’objets qui contrarie le discernement. Les changements d’échelles, les télescopages, l’incongruité et la fragmentation de ces éléments leur donnent une étrangeté familière. Ces formes connues nous échappent tant leur rencontre semble incertaine, elles structurent un univers global et inaccessible dans lequel s’exprime la sourde violence d’une autorité latente. Leur art élabore un système de montage complexe qui plonge le spectateur au coeur d’une zone de tension permanente. |
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Armand Jalut
Né en 1976 à Toulouse, France
Vit et travaille à Paris, France Armand Jalut est peintre. Après avoir expérimenté un certain nombre de supports, il a choisi de se soumettre à la rigueur du médium pictural. Ses oeuvres développent un imaginaire aux contours étranges et parfois inquiétants dans lequel se côtoient différents éléments de l’imagerie contemporaine (de la presse, de l’Internet ou des prises de vue personnelles) et de l’histoire de l’art. Ses compositions sont fragmentaires, elles fonctionnent comme des collages et dessinent des situations artificielles qui interdisent toute forme de lecture immédiate.
Le regard doit pénétrer dans une sorte d’énigme visuelle qui se traduit dans la matière même du tableau. Les textures des sujets se mêlent souvent à celles de la peinture et invitent à plonger au plus près de l’espace pictural afin de démêler ces points de convergence où la forme se confond avec les moyens de son apparition. |
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Julien Laforge
Né en 1983 à Pontivy, France
Vit et travaille à Paris
Les oeuvres que Julien Laforge présente pour le Printemps de Septembre contrarient notre rapport à l’espace par leur monumentalité. Leur échelle invite le mouvement et l’expérimentation physique. Alliant de lourdes structures architecturales à des éléments aux formes rondes et animales, elles semblent marquer le point de convergence de plusieurs territoires. Ces sculptures évoluent sur une ligne de flottaison comprise entre d’archaïques fonds sous-marins et notre réalité contemporaine. La Mer des mamelles est la plus imposante des réalisations de Julien Laforge. La pièce se parcourt comme on explore une terre inconnue, à la recherche perpétuelle d’éléments qui échappent au regard. Entre l’architecture et le paysage, elle dessine une topographie intrigante qui ne se laisse appréhender que partiellement.
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Emmanuel Lagarrigue
Né en 1972 à Strasbourg, France
Vit et travaille à Paris, France Les installations d’Emmanuel Lagarrigue utilisent un vocabulaire formel épuré, constitué quasi exclusivement de fils de raccordement et de hautparleurs nus. Le son (bribes de conversation, extraits de livres lus, chansons fredonnées / découpées / recomposées…) devient, comme la lumière, un élément sculptural qui modèle l’espace d’exposition par le jeu des perceptions. Les dispositifs visuels et sonores englobent le spectateur et le font pénétrer dans un espace entièrement redéployé. Les voix que l’artiste utilise sont parfois à la limite de l’audible. Appels insaisissables jouant sur une certaine forme de frustration, elles traduisent la difficulté de l’écoute, la complexité de la construction du rapport à l’autre. La légèreté de ces pièces laisse à chacun une place active et permet l’élaboration de scénarios où se mêlent ce qui est montré et ce qui est imaginé. Ces oeuvres sont des structures productives qui génèrent une ambiance et invitent généreusement à la sensation. |
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Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize
Florentine Lamarche-Ovize
Née en 1978 à Rosenheim, Allemagne
Alexandre Lamarche-Ovize
Né en 1980 à Le Coteau, France
Vivent et travaillent à Paris.
Florentine et Alexandre Lamarche Ovize pratiquent le dessin, la peinture et la sculpture avec un goût revendiqué pour le mélange des genres et des matériaux. Leur oeuvre protéiforme défie l’entendement des catégories tant elle aspire à décadrer la peinture, à destructurer la sculpture et à proposer des formes vives qui fonctionnent comme autant de fragments d’un sens à reconstruire. Les différents éléments prolifèrent, ils écrivent un langage pictural/sculptural qui pose les jalons d’un univers ouvert et singulier. C’est autant dans la rue et ses rebuts que dans l’art que leur oeuvre prend sa source. Elle se donne à voir comme un croisement incertain qui se développe dans l’espace avec une fragilité maîtrisée. |
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Myriam Mechita
Née en 1974 à Strasbourg, France
Vit et travaille à Paris, France
Myriam Mechita crée des mirages. Ses oeuvres cristallisent les forces contraires de la création et de la destruction, de la vie et de la mort. Mais le corps reste prédominant dans ses sculptures et ses installations. Essentiellement des corps d’animaux, quand elle reprend les "âmes" (ou les formes) qu’utilisent les taxidermistes pour les recouvrir de paillettes, de perles, de chrome ou d’aluminium poli miroir, jusqu’à offrir l’illusion d’absence de matière. Comme pour les replonger dans une sorte de bain cosmique qui viendrait défier l’expérience de la finitude en leur redonnant une dimension magique et sacrée. Ses images murales monumentales procèdent d’une même liquéfaction, d’une même alchimie : elles se répandent dans l’espace jusqu’à rendre obsolète l’opposition entre physique et mental. Bien qu’elle joue de l’immatérialité, de l’apparition et de la disparition, cette oeuvre demeure extrêmement physique et dynamique. Elle prend en charge le jeu des forces antagonistes qui régissent l’univers dans un rituel poétique rare et précieux. |
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Camila Oliveira Fairclough
Née en 1979 à Rio de Janeiro, Brésil
Vit et travaille à Paris, France
Possesseur d’une double nationalité brésilienne et britannique, Camila Oliveira Fairclough a choisi en 1999 de poursuivre sa formation entamée à Rio de Janeiro à l’école des Beaux-Arts de Paris. Elle développe une peinture abstraite et élémentaire qui réactive les interrogations picturales fondamentales qui ont traversé l’histoire du XXe siècle via l’abstraction géométrique, l’art minimal ou le Pop art. Son art fait de l’espace de la toile un champ d’expérimentation dans lequel les rapports de rythmes, de structures, de composition, de couleur s’énoncent pour tenter de questionner la peinture elle-même et sa réception. Ses formes primaires, si elles ne sont pas à proprement parler des schématisations d’éléments réels, n’en conservent pas moins un lien étroit au monde. Elles résonnent en chacun comme les souvenirs attisés d’une mémoire collective. |
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Stéphane Thidet
Né en 1974 à Paris, France
Vit à Paris et travaille à Aubervilliers, France
Les oeuvres de Stéphane Thidet sont toujours suspendues entre deux moments, entre deux états. Elles ont fait le choix de l’indécision pour poser les limites ouvertes de leur territoire. Le refuge que l’artiste montre pour le Printemps de Septembre use également de l’inachevé, son mouvement est sans fin. Rencontre fortuite entre une forme archaïque d’architecture (la cabane) et une forme primaire d’événement (la pluie), la pièce compose le tableau délicat d’une lente destruction à venir : la pluie tombant en continu à l’intérieur de l’habitation finira par éroder les pièces de mobilier en bois, seuls éléments non traités de l’oeuvre. L’installation se donne à voir comme un paysage poétique livré aux caprices du temps. |
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Nicolas Tourre
Né en 1975 à Aubenas, France
Vit et travaille à Aubervilliers, France
Les oeuvres de Nicolas Tourre s’intéressent davantage aux éléments qui font la peinture qu’à ses sujets proprement dits. Elles étendent le champ de la pratique picturale bien au-delà du tableau avec ce désir sans cesse reformulé d’extraire l’image de la planéité qui lui est censément dévolue. Il s’agit de corrompre le médium pour négocier une échappée belle. Gratter la surface d’un pan de bois devient ainsi un moyen pour renverser le plan. Ce geste obsessionnel fait du tableau un espace grotesque tant l’artiste s’applique à le saborder pour l’obliger à s’incarner. Le champ pictural est un champ de bataille qui fait de ses ruines les principes d’une reformulation. Quand elles envahissent le sol, ses oeuvres ont cette même détermination à ne pas se laisser écraser par le jeu du plan et de la représentation. Elles mêlent alors des éléments et des matériaux qui sont autant de stratagèmes d’une redéfinition globale de l’oeuvre. |
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Maya Schweizer et Clemens von Wedemeyer
Maya Schweizer
Née en 1976 à Maison Alfort, France
Vit et travaille à Berlin, Allemagne
Clemens von Wedemeyer
Né en 1974 à Göttingen, Allemagne
Vit et travaille à Berlin et Leipzig, Allemagnee
Inspiré de la pièce Catastrophe de Samuel Beckett, le film Rien du tout de Maya Schweizer et Clemens Von Wedemeyer nous emmène sur un tournage à la rencontre d’une réalisatrice autoritaire, de son assistant brimé et d’une foule de figurants qui ne tarderont pas à se révolter. Alternant des prises de vues tournées en vidéo et d’autres en 35 mm, le film développe un langage critique qui adapte précisément sa structure à son récit. L’usage de la vidéo renvoie directement à l’idée du "réel" produit par le genre documentaire ou télévisuel alors que la technique cinématographique, pour sa part, assied l’image dans un registre fictionnel. Cet aller-retour, d’une stratégie esthétique à une autre, répond à l’ambivalence même du scénario qui met en abyme son propre déroulement et nous montre, à côté de l’histoire, les moyens de sa réalisation. Dans le récit comme dans sa mise en image, il s’agit de donner à voir le renversement de l’ordre établi et la disparition possible de toute hiérarchie. |
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