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11 novembre 06 - 25 février 07

Absolumental

Exposition conçue à partir des nouvelles acquisitions et de dépôts du Fonds National d'Art Contemporain.

Franz West, Basserode, Peter Kogler, Bertrand Lamarche, Angela Bulloch, John Isaacs, Mounir Fatmi, Bruno Peinado, Jan Fabre, Delphine Gigoux-Martin, Grout/Mazéas, Virginie Loze, Yazid Oulab, Fabien Verschaere, Daniel Schlier, Myriam Mechita, Stéphane Calais, Philippe Decrauzat, Elizabeth Creseveur, Siobhan Hapaska, Christophe Draeger. Avec la participation de Guillaume Pinard dans l'Auditorium

Dossier de presse


Delphine Gigoux-Martin, "Don’t believe in Christmas, 2002" (détail)

"Cette exposition a été conçue conjointement à un nouveau programme d’acquisition intitulé "ABSOLUMENTAL". Elle rassemble une trentaine d’œuvres qui pour la plupart viennent de rejoindre les collections contemporaines des Abattoirs.

Ce projet s’est construit dans le croisement de motifs récurrents. Parmi ceux-ci on trouve notamment l’exploration de la lisière entre le réel et l’imaginaire, à travers la fantasmagorie, la fiction, le rêve, ou le mythe. Le cerveau humain, vu comme une galaxie largement méconnue, apparaît comme une figure centrale de cette présentation. En parallèle, les évocations du cosmos relèvent le défi des limites de la représentation de l’infini et de l’absolu.

"ABSOLUMENTAL", fait écho aux propos du physicien russe Andrei Linde, théoricien de l’inflation chaotique de l’univers : "Notre monde en devenant une sorte d’immense cerveau, au lieu d’être simplement tridimensionnel, s’élargit considérablement. Le monde réel, la conscience, l’illusion deviennent si intimement entrelacés qu’il devient très difficile de dire qui est qui, qui fait quoi… Comment distinguer ce qui se passe réellement de ce qui est imaginaire, ce qui est conscient de ce qui ne l’est pas ? Peut-être parviendrons-nous à une compréhension profonde de tout cela … ".

Depuis peu, l’exploration de l’espace mental, conscient ou inconscient, objectif ou subjectif, prend une place de plus en plus importante dans l’art contemporain. Ce mouvement concerne aussi d’autres champs du savoir et de la connaissance. Il donne lieu à des œuvres et à des productions à part, souvent inclassables, comme affranchies du poids des moyens techniques et des conventions esthétiques ou culturelles.

Simultanément à ce qui se développe dans l’art, certaines conceptions philosophiques et scientifiques récentes avancent que le travail de la dimension mentale favoriserait une nouvelle fluidité entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’individu et son environnement. La fonction de la représentation mentale, qui est à l’origine de tout acte artistique, serait aussi et avant tout, le moyen d’assurer la coexistence de l’individu et de ses mondes.

Ce phénomène, ou cette tendance, traduit sans doute une sorte de lassitude pour ne pas dire une forme de résistance ou de révolte face aux images, aux politiques et aux constructions idéologiques qui dominent le spectacle planétaire de ce début du XXI ème siècle. Mais il représente surtout une dynamique différente, nouvelle, qui n’a rien d’une réaction, d’un repli sur soi et encore moins d’un déni de réalité.

En fait, cet intérêt croissant pour le mental et le fantasmagorique recoupe des enjeux actuels cruciaux relatifs à l’évolution de notre rapport au monde. Car si le monde est bien ce que l’on en fait matériellement et physiquement, il reste au préalable déterminé par nos représentations mentales.

Dès lors la conscience et l’expérimentation du mental en vue d’un renouvellement de nos représentations et de nos conceptions du monde apparaissent aujourd’hui comme autant d’urgentes nécessités, aussi bien d’un point de vue artistique que global.

En tant que processus mental objectivé / subjectivé, l’œuvre d’art assurerait alors une fonction organique. Elle métaboliserait notre relation à l’indéterminé et à l’inconnu dans des formes hybrides de l’absolu et du mental. Ce serait même l’un des facteurs déterminant pour la survie de l’espèce."

Pascal Pique
Directeur pour l’art contemporain.
Commissaire de l’exposition
.


Jusqu'au 25 février 07
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 19h

Entrée : 6€ - 3€ (réduit)
Gratuit le 1er dimanche de chaque mois.

Visites guidées : ma.12h15-13h15, me.14h30-16h, je.18h-19h
et le dernier dimanche du mois 16h-17h30
Rens.: 05 62 48 58 07 (lu.-ve.14h30-17h30)


> Liste des artistes présentés :

Jérôme Basserode
© Jérôme BasserodeNé en 1958 à Nice
Vit et travaille à Lyon

- Les haltères de l’espace, 2005
- Hubble
, 2005

Depuis de nombreuses années, Basserode concentre son intérêt sur la mémoire et le vivant. Il développe actuellement des œuvres tournant autour de la question de "l’espace nomade", cherchant à retrouver certains mécanismes moteurs de la pensée humaine à travers le temps. L’espace d’aujourd’hui ne peut être appréhendé qu’à l’échelle du cosmos. Mais cette révolution des idées doit faire appel à l’empirisme et à l’imaginaire pour de nouvelles constructions mentales. Les œuvres de Basserode sont, de fait, des métaphores d’un autre espace mental.

 

Angela Bulloch
Née en 1966 à Fort Frances (Canada)
Vit et travaille à Londres

- Möbius Night, Sky Model : Mark II, 2003

La sculpture Möbius Night, Sky Model : Mark II, conçue pour l’exposition Utopia Station (Biennale de Venise 2003), met l’accent sur l’aspect physique, astronomique et fictionnel des utopies. Angela Bulloch y évoque, à travers une anomalie géométrique, l’obscurité et le ciel la nuit . Le "ruban de Möbius", noué en ellipse, symbolise l’infini et exprime l’idée de l’univers réorganisé ou mis dans un certain ordre. Des diodes lumineuses scintillent donnant l’apparence des étoiles. Angela Bulloch oriente sa démarche artistique tant vers la perception sensorielle que mentale des images.

 

Stéphane Calais
© Stéphane CalaisNé en 1967 à Arras
Vit et travaille à Paris

- L’or, le chien, et les oiseaux, 2004-2005
- Perfect love, 2005,
- HD 1,2,3,4,5,6,7,7

S'il revendique le dessin comme étant à l'origine de tout, de l'œuvre, de l'image, de l'organisation du monde comme de sa propre pratique, Stéphane Calais fait feu de tout bois, peinture, sculpture, installation, à l'exclusion cependant de la vidéo. Dans le paysage artistique, il fait figure de touche-à-tout atypique et fantasque qui surgit là où on ne l'attend pas. Pour lui, le monde est une "banque", un désordre de signes et d'objets dont il n'a de cesse d'user et d'abuser. Ses œuvres cristallisent le passage du cerveau à l’image et à l’objet.

 

Elizabeth Creseveur
© Elizabeth CreseveurNé en 1967 à Paris
Vit et travaille à Paris

- Ensemble de 21 maquettes, 1997-2002

Croisant sculpture, vidéo et performance, le travail d’Elizabeth Creseveur conduit le spectateur à occuper un espace physique différent où les référents sociaux sont bousculés pour être très vite amenés à retrouver des repères intérieurs et à réinvestir notre "espace mental". "Mon travail entretient un rapport étroit avec l’espace, l’architecture, sur laquelle il s’appuie, par la complémentarité, la modification, la prolongation, l’extension ou la réduction. Aussi, mes installations donnent naissance à des espaces tangents créant un lien singulier avec le corps (E. C.)".

 

Philippe Decrauzat
Né en 1974
Vit et travaille à Lausanne (Suisse)

- Komakino, 2005

Philippe Decrauzat est un jeune artiste qui s’intéresse comme ses aînés de l’Op’Art des années 60, à l’art optique et à la perception visuelle. Les structures géométriques sont récurrentes dans ses œuvres que ce soit à travers dessins, peintures ou sculptures. Fasciné par les formes optiques, il met à mal les repères spatiaux, accentuant les vibrations jusqu’au vertige. "Komakino" fait référence à une danse japonaise qui provoque un effet d’hypnose chez le spectateur, et à Dream Machine, l’œuvre mythique de William Burroughs et de la Beat Generation.

 

Christophe Draeger
Né en 1965 à Zurich
Vit et travaille à New York

- Le radeau de la Macumba, 2004

Installation présentée en 2004 aux Abattoirs dans le cadre du Printemps de septembre, "Le radeau de la Macumba" associe vidéo et sculpture. Christophe Draeger a conçu un scénario de film d’horreur : deux jeunes gens visitent un bâtiment laissé à l’abandon, l’un d’entre eux disparaît. Il a surpris des adeptes du culte Macumba se livrant à une célébration du rituel vaudou sur un radeau votif. La présence du radeau dans l’installation, la projection du film sur grand écran oblige le spectateur, entre réalité et fiction, à jouer son rôle dans cette pièce conçue comme un décor réel.

 

Jan Fabre
© Jan FabreNé en 1958 à Anvers (Belgique)
Vit à Anvers

- Nature morte à Jan Fabre, 2004

Jan Fabre est l’un des artistes belges les plus reconnus internationalement. Outre ses multiples activités comme metteur en scène, chorégraphe, auteur et scénographe, Jan Fabre crée en tant qu'artiste plasticien des dessins et des sculptures fantasmatiques souvent inspirés par le monde des insectes. Prolifique et inclassable, Jan Fabre considère l’activité artistique comme régénératrice, à la croisée de l’organique et du mental, du mort et du vivant. Sous la forme d’un catafalque volant, Nature morte à Jan Fabre, 2004, il "métaphorise", à travers les symboles immémoriaux du temps et de l’éternité (scarabée, paon), la résurrection de l’image dans la jonction du genre humain et de l’absolu.

 

Mounir Fatmi
© Mounir FatmiNé en 1970 à Tanger
Vit et travaille entre Paris et Tanger

-Tête dure, 2005

Jeune artiste marocain, vivant entre Paris et Tanger, Mounir Fatmir a participé en 2004 à l’exposition Africa remix à Paris (Centre Georges Pompidou) Londres …, de même qu’à plusieurs expositions en Midi-Pyrénées (AFIAC 2001, Centre d’art de Castres, Centre d’art le Parvis. Investi dans différents médias (dessin, peinture, sculpture, vidéo, installation), il écrit aussi des "manifestes", des phrases-slogans : "la seule opération gratuite, c’est le lavage de cerveau" ou "de l’exil, j’ai fabriqué des lunettes pour voir" . Ses œuvres sont travaillées par la politique, elles sont critiques et radicales tout en étant ironiques, décalées et esthétiques. Le dessin Tête dure, jouant de symboles communs, met en avant un regard critique sur les rapports entre culture orientale et occidentale , les idéologies qui les constituent, les liens et les ruptures.

 

Delphine Gigoux-Martin
© Delphine Gigoux-MartinNée en 1972 à
Vit et travaille à Durtol (63)

- Don’t believe in Christmas, 2002

Delphine Gigoux-Martin a, par deux fois, été invitée à présenter ses installations en Midi-Pyrénées, en 2005 à Fiac dans le Tarn (exposition + si affinité) et durant l’été 2006 au Château de Taurines dans l’Aveyron. Le dessin est un élément primordial dans les installations de D. Gigoux-Martin, animé, en mouvement, il est projeté directement sur les murs. L’acteur principal en est l’animal, qu’il soit tracé ou bien réel, à travers la naturalisation, le déchet et la cuisine. Les sensations visuelles, odoriférantes, gustatives y forment un tout revendiqué par l’artiste. L’univers de l’artiste est poétique, sensoriel, il est profondément mental, nous renvoyant à des questions fondamentales, le plaisir, la vie, la mort.

 

Grout/Mazéas
Sylvain Grout et Yann Mazéas
Nés en 1971 à Bordeaux et en 1969 à Casablanca

Vivent à Montpellier

- Sans titre (mobilier baveux), 2001

Sylvain Grout et Yann Mazéas travaillent en duo depuis leur sortie de l’Ecole des Beaux-Arts de Montpellier. Leur travail a été présenté au Centre d’art Cimaise & Portique à Albi, à Fiac (Tarn), au BBB (Toulouse) et au Château de Taurines (Aveyron) en 2005.
Derrière les apparences factices de décor et le rapport manifeste au Cinéma (David Cronenberg, Stanley Kubrick, Ridley Scott…,The fly, Shining, Alien…), Grout/Mazéas réaffirment que l’art est aussi question de point de vue et de position critique. Leurs œuvres se développent autour des relations ambiguës entre le réel, l’imaginaire, le fantasme. Leurs installations sont "une entreprise de contamination, d’hybridation de la réalité et de la fiction", révélant "un aspect du processus de l’image : la cristallisation fluide du mental et du monde" (P.Pique).

 

John Isaacs
© John IsaacsNé en 1968 à Lancaster (GB)
Vit et travaille en Angleterre

- Utopia, 2001

Jeune artiste britannique, John Isaacs propose une œuvre éclectique incluant sculptures, photographies, vidéos… A travers des expériences surprenantes : évaluation du nouveau millénaire sur le règne animal, expériences anatomiques violentes, John Isaacs met en scène l’absurde, le grotesque, l’humour noir, il fait appel à l’émotionnel, à la répulsion. Il porte une réflexion sur la globalisation du monde, en nous en dévoilant sa vision, son refus de ce qu’il nomme le "fondamentalisme intellectuel".

 

Siobhan Hapaska
Née en 1963 à Belfast (Irlande)
Vit et travaille à Londres

- When there’s no soil gust underpants, 2004

Montrée pour la première fois en France aux Abattoirs durant le Printemps de septembre 2004, Siobhan Hapaska a représenté l’Irlande en 2001 à la Biennale de Venise.
Ses sculptures et installations montrent des objets immaculés aux formes mutantes réalisées en fibre de verre. Le son et l'image accompagnent souvent ces éléments hybrides, qui suggèrent des sortes d'îles fantasmagoriques émergeant du désir impatient pour un ailleurs indéterminé. Ses réalisations récentes jouent de l'opposition entre l'artificiel et le naturel, le réel et l'imitation.

 

Peter Kogler
Né en 1959 à Innsbruck, Autriche
Vit et travaille à Vienne, Autriche

- Sans titre (Sète), vidéo projection, 2005
- Sans titre (Cerveau), projection gobos, 2005

 

Bertrand Lamarche
© Bertrand Lamarche, "Le terrain ombelliférique", 2005Né en 1964.
Enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse.
Vit et travaille à Paris
.

- The weather House, 2003
- Lobby (Hyper tore),
2003
- Le terrain ombelliférique,
2005 (en cours d'acquisition)

Le travail de Bertrand Lamarche consiste en des projets relatifs au paysage, à l’urbanisme et à l’architecture. Il est basé sur une attention sensible et critique portée sur certains sites et leur évolution. En découlent des projets qui prennent la forme d’installations, de maquettes ou de vidéos. Dans "Weather house", le système est conçu pour créer des ambiances météorologiques diverses, laissées au choix des occupants. Le film "Le terrain ombelliférique" consiste en la déambulation d’une caméra à travers un jardin virtuel d’ombellifères géantes. Traité sur un mode fantasmagorique, ce projet induit néanmoins un regard sur les concepts de jardin public, de parc de loisir, d’espace extérieur et intérieur.

 

Virginie Loze
Née en 1964 à Toulouse
Vit et travaille à Caraman (Tarn)

- Mural pour film, séquence n°6, essai vidéo n°1, 2005

L'imagerie que crée Virginie Loze par le dessin est peuplée de figures hybrides, de personnages étranges pris dans des situations limites. Ces succédanés d'individus aux expressions de tristesse, de passivité ou de colère, existent bel et bien dans une zone intangible, entre réalité et fiction. Comme des individus soumis au vertige de forces contradictoires issues d'une friction entre le réel et l'imaginaire. Ce travail a connu un développement au potentiel étonnant avec l'association de la vidéo au dessin, présenté à l’occasion du Printemps du septembre 2005, à l’Espace Croix-Baragnon.

 

Myriam Méchita
Myriam Méchita, "La symétrie du savoir ou l'oeuvre révélée", 2005 (détail)Né en 1974 à Strasbourg
Vit et travaille à Paris et Kertzfeld

- La symétrie du savoir ou l’œuvre révélée, 2005

De prime abord, nous sommes séduits par le scintillement des sculptures de Myriam Mechita, paillettes, perles, matière polie, brillante, enchantent notre première vision. L’œuvre est esthétique. Dans un temps second, nous découvrons ce que cache cette cosmétique : des animaux décapités, pendus, figés dans la mort, ici des chevreuils, là des lièvres. Visions moyenâgeuses de trophées, de gibier exposé au regard des chalands ! L’angoisse sourd , profonde, maintenant le spectateur sur une frontière fluctuante, entre séduction et répulsion. L’œuvre de Myriam Mechita est profondément méthaphysique.

 

© Yazid OulabYazid Oulab
Né en 1958 en Algérie
Vit et travaille à Marseille

- Percussion graphique, 2004

Yazid Oulab travaille la question de l’écriture et du sens de sa représentation dans un dessin qui rejoint à la fois l’écriture automatique des surréalistes mais aussi la violence de la griffure. Dans la vidéo "percussion graphique", l’exaspération du geste est appuyée par une incantation sacrée qui rythme et souligne le mouvement jusqu’à l’affolement et à la déchirure du support.

 

Bruno Peinado
Né en 1970 à Montpellier
Vit et travaille à Douarnenez et à New York

- Sans titre, 2003

Bruno Peinado fait subir aux signes, aux objets, aux images des altérations imperceptibles, les détournant ainsi de leur signification ou de leur fonction première. Peinado brouille les pistes, adjoint d’autres niveaux de lecture. Son travail reste en perpétuel mouvement, relevant du bric-à-brac, de la "poétique de chaos", de la démesure et aussi du métissage qu’il revendique, à son image. La sculpture - cerveau qui devient un casque reflète parfaitement l’état d’esprit de l’artiste et les multiples références qu’il met en œuvre. Elle est aussi symptomatique des difficultés à cerner notre univers mental prolifique.

 

Daniel Schlier
Né en 1960 à Dannemarie, France
Vit à Strasbourg

- Im Wasser liegen V, 2003

Présentée au Réfectoire des Jacobins durant le Printemps de septembre 2005, la peinture de Daniel Schlier est sans doute l'une des plus étonnantes qu'il soit donné de voir en ce moment. Jouant du réel et de l'imaginaire, de l'outrance et de la bizarrerie, de la séduction et de l'étrange, mais aussi de la répulsion et de l'angoisse, cet artiste produit de pures images mentales, des visions composites issues d'une mise en scène de fantasmes.

 

Anne-Marie Schneider
Née en 1962 à Chauny
Vit et travaille à Paris

- Sans Titre, 2005

Le dessin d'Anne-Marie Scheider est plus de l'ordre de la réaction que de l'illustration. Extrait d'une pratique quasi quotidienne et automatique, son dessin porte la charge de ce qui la touche, la heurte. Le politique, le social, l'intime, la sexualité sont ramenés ainsi à l'essentiel. Le trait du fusain sur le papier, parfois rehaussé de couleurs, trace un lien entre les multiples couches de la réalité et celles, non moins complexes, de la perception et de l'imaginaire. Reste l'image d'un geste subjectif, dénué de tout superflu. Ce travail procède d'ailleurs du mécanisme de la formation des images mentales, de cette cristallisation fugitive, à la fois précise et insaisissable. Anne-Marie Schneider a présenté une série inédite de travaux à l’Espace Croix-Baragnon pour le Printemps de septembre 2005

 

© Fabien VerschaereFabien Verschaere
Né en 1975 à Vincennes
Vit et travaille à Paris

- Black clown and mystery, 2004

Un univers peuplé, coloré , mi-peinture, mi-sculpture, conjuguant à la fois le ludique et le macabre, des figures archétypales (clowns, diables…), des machines à "machiner", à copuler, à enfanter. Les installations de Fabien Verschaere grouillent comme la création humaine, dans une imagerie toute médiévale, convoquant la bande dessinée, l’inconscient et finalement la psychanalyse.

 

Franz West
© Franz WestNé en 1947 à Vienne
Vit à Vienne

- Agoraphobia, 2005

Oeuvre présentée aux Abattoirs durant le Printemps de septembre 2005, cette sculpture monumentale montre une sorte d’anneau de Möbius irrégulier dans son dessin et sa surface, à l'image d'une racine ou d'une ronce géante qui aurait poussé dans l'espace. L'agoraphobie étant une forme d'étourdissement, Franz West donne ainsi une réalité concrète à la sensation de vertige par une étonnante excroissance mentale.


 
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