Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Décoloniser l'objet ?

Journées d'études
Jeudi 20 et vendredi 21 avril 2017
Auditorium des Abattoirs - Entrée libre
Présence Panchounette, "Ashanti de faire votre connaissance", 1985, collections les Abattoirs - Frac Midi-Pyrénées © droits réservés ; photogr. C.Eymenier

Comment collectionner l’objet extra-occidental ? Comment l’exposer aujourd’hui ? journées d’études avec l’Université Jean-Jaurès de Toulouse sous la direction d’Evelyne Toussaint et d’Annabelle Ténèze, dans le cadre de l’exposition "Daniel Spoerri, les dadas des deux Daniel". 

Ces rencontres constituent le deuxième volet d’un cycle entrepris avec la journée d’étude "Art & condition postcoloniale. Sortir du malentendu" qui s’est tenue le 25 avril 2016 dans l’auditorium des Abattoirs à Toulouse.

S’inscrivant dans les travaux de l’atelier "Productions artistiques, productions théoriques", thématique 3 ("CRÉATION – PRODUCTION. Arts, industries, marchés, territoires") , elles constituent le volet scientifique d’une grande exposition, "Daniel Spoerri : les dadas des deux Daniel", commémorant les 40 ans du Centre Georges Pompidou, conçue autour de la donation de la collection Daniel Cordier, en dépôt aux Abattoirs à Toulouse, réunissant collections "ethnographique" et œuvres d’art moderne et contemporain.

Des théoriciens, des professionnels des musées et des artistes ont entrepris, depuis plusieurs décennies déjà, de réfléchir aux différentes voies de décolonisation des discours, des objets et des œuvres. C’est selon ces trois axes de réflexion que nous aborderons cette question, dans ses fondements et son actualité.


Déconstruire les discours

On sait l’emprise des représentations véhiculées par l’hégémonie occidentale sur des concepts et des notions (identité, autochtonie, interculturalité, race, métissage, migrations, cosmopolitisme, frontières…) régissant le discours de nombre de disciplines. Une telle perspective suscite de nombreux questionnements qui seront abordés par des représentants issus de chacun de ces champs disciplinaires, des institutions culturelles ou des mondes de l’art.

Comment l’anthropologie, l’histoire, la philosophie, les études littéraires, la psychanalyse ou l’histoire de l’art entreprennent-elles de décoloniser leur propre discours ?

À quels outils théoriques ces disciplines peuvent-elles faire appel, et pour soutenir quelles positions épistémologiques, éthiques, politiques et artistiques ? Quelle est la place, aujourd’hui, des études culturelles, subalternes et postcoloniales ? Quels sont les concepts émergents permettant de penser la contemporanéité et d’envisager l’avenir ? Pour quelles actions concrètes et lisibles par tous ?


Déconstruire les objets

Si la question politique du statut de l’objet est déjà présente en 1931 – lorsque les surréalistes diffusent le tract "Ne visitez pas l’Exposition coloniale" –, elle va resurgir très frontalement à l’occasion des "Magiciens de la Terre" en 1989, puis de l’ouverture du musée du Quai Branly – Jacques Chirac, celle-ci advenant dans un contexte où se diffusent des travaux de divers champs disciplinaires revisitant les concepts d’universalité, d’identité, d’autochtonie, de déterritorialisation ou d’emprise. L’opposition, aujourd’hui, reste vive entre les défenseurs de l’autonomie de l’objet (pour sa valeur esthétique, sensible, intemporelle et universelle), et ceux qui défendent l’impératif de sa contextualisation ethno-géographique (d’un point de vue scientifique et éthique).

Dans un contexte où s’imbriquent des points de vue scientifiques, anthropologiques, philosophiques, poétiques et politiques pour prôner la décolonisation de l’objet, où se déconstruisent et se réactivent sans cesse les fantômes qui en constituent l’état ou la narration, de nombreux musées occidentaux et non-occidentaux  ont entrepris de décoloniser les dispositifs d’exposition de leurs collections coloniales. Maniant avec précaution les intitulés – car il n’est pas neutre de s’affirmer musée de civilisation ou d’ethnographie, tant ces termes sont désormais lourds de représentations –, ils s’interrogent sur les modalités de leur constitution, de leur inventaire, de leur mise en espace et de leur politique de diffusion


Décalages artistiques

Comment, des positions affichées par les artistes des avant-gardes du début du XXe siècle, aux postures d’artistes historiens/archivistes/ethnologues aujourd’hui, la production artistique s’inscrit-elle dans ces débats et questionnements ?

En d’autres termes, que pensent les artistes de toutes ces questions et comment cela se traduit-il dans leurs œuvres ?


Programme

La programmation fera alterner communications individuelles (20 à 30 minutes), échanges, et tables rondes. En fonction du nombre d’intervenants, des films pourront être projetés.

Intervenants actuellement confirmés, dont certains interviennent en duo ou sous forme de table ronde :

- Hourya Bentouhami-Molino, maître de conférences en philosophie, Université Toulouse Jean Jaurès. 

- Fabien Faure, maître de conférences en histoire de l’art contemporain, Aix-Marseille Université.

- Émilia Héry, docteur en histoire de l’art contemprain (Fascisme italien et colonies)

- Natacha Kaïl, Psychologue Clinicienne et Interculturelle, Chargée d'enseignement - Université Jean Jaurès.

- Émilie Kassentini, étudiante en M2 histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès.

- Elodie Lebeau, doctorante en histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès.

- Éric Michaux, directeur d’études, E.H.E.S.S, Paris.

- Jean Nayrolles, professeur d’histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès.

- Zahia Rahmani, responsable de l’axe Mondialisation à l’INHA.

- Samir Ramdani, artiste.

- Valentin Rodriguez, conservateur, Abattoirs Toulouse.

- Kevin Rouillard, artiste.

- Annabelle Ténèze, directrice des Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de la ville de Toulouse et FRAC Midi-Pyrénées.

- Evelyne Toussaint, professeur d’histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès.

- Sterlin Ulysse, doctorant en histoire de l’art contemporain, Université Toulouse Jean Jaurès.

 

Programme

Jeudi 20 avril

9 h 45 Accueil des participants

10 h – 10 h 30 : Introduction aux rencontres par les responsables scientifiques

10 h 30 – 11 h : Communication (30 mn)

11 h – 11 h 30 :  Communication (30 mn)

11 h 30 – 12 h : Communication (30 mn)

12 h – 12 h 30 : Échanges

 

12 h 30 – 14 h : Déjeuner

 

14 h – 14 h 30 : Communication (20 mn et échanges)

14 h 30 – 15 h : Communication (20 mn et échanges)

15 h – 15 h 30 : Communication (20 mn et échanges)

 

15 h 30 – 15 h 45 : Pause

 

15 h 45 – 16 h 15 : Communication (20 mn et échanges)

16 h 15 – 17 h : Table ronde avec les artistes

17 h – 17 h 30 : Échanges avec les artistes

17 h 30 : Visite des expositions avec Annabelle Ténèze

 

Vendredi 21 avril

9 h 30 – 10 h : Communication (30 mn)

10 h – 10 h 30 : Communication (30 mn)

10 h 30 – 11 h :  Communication (30 mn)

 

11 h – 11 h 15 : Pause

 

11 h 15 – 11 h 45 : Communication (30 mn)

11 h 45 – 12 h 30 : Échanges

 

12 h 30 – 14 h : Déjeuner

 

14 h – 14 h 30 : Communication (30 mn)

14 h 30 – 15 h : Communication (30 mn)

15 h – 15 h 30 : Communication (30 mn)

 

15 h 30 – 16 h : Débat et clôture. 

 

En partenariat avec l'université Toulouse Jean Jaures.