Mardi 12 février à 20h30
Auditorium
Tableau-Concert : Wilhem Latchoumia, piano
Tableau de Dado / "Le Cycliste", 1955
www.pianojacobins.com
Né à Lyon en 1974, Wilhem Latchoumia débute l’apprentissage du piano dans la classe de Rose-Marie Cabestany puis entre au CNR de Lyon où il poursuit ses études avec Anne-Marie Lamy et obtient sa Médaille d’or à l’unanimité.
Admis au CNSMD de Lyon, il reçoit l’enseignement d'Eric Heidsieck et Géry Moutier et obtient en 1999 son premier Prix à l’unanimité avec les félicitations du jury, ainsi qu’une Licence en Musicologie à l’Université de Lyon II. C’est également auprès de Géry Moutier qu’il choisit de terminer sa formation en entrant en Perfectionnement au CNSMD de Lyon. Il fut par la suite élève de Claude Helffer et suivit également les Classes de Maîtres d’ Y. Loriod-Messiaen, PL Aimard…
Parallèlement à ses études, il se produit en récital, concerto et musique de chambre.
Ainsi on a pu l’entendre dans le cadre de Festivals en France et à l’étranger tels que Festival Estival et Académies d'Annecy, Festival "Musicales Internationales Guil-Durance", le Festival de l’Emperi à Salon de Provence au côté d’Eric Lesage, Jean- Guihen Queyras…, au Festival Classik Peyruis Haute Provence au côté de François Castang, au Musée Claude Debussy, en récital à Menton, à Lyon (Amphithéatre de l'Opera, Auditorium Maurice Ravel...), au Festival de Besançon au sein de l’ensemble "les Temps Modernes" , Au Festival Why Note de Dijon, au Festival "Retour au Pays Natal" en Martinique, en tournée au Liban, en Estonie, Biélorussie, Pologne, au Festival de Gubbio en Italie où il est invité par le violoniste Pavel Vernikov…, au Festival Young Euro Classic 2002 au Konzerthaus de Berlin, à la Cité de la Musique de Paris, au Festival Xeraciòn 2000+4 (Vigo, Espagne)…
Il se produit en soliste sous la direction de G. Amy (Stravinsky), P. Csaba (Messiaen, Bartòk, Amy), F. Pierre (Berg, Messiaen) ainsi qu'avec l’Orchestre Symphonique de Rostow sous la direction d’Andrei Galanov et plusieurs orchestres régionaux (Bach, Grieg, Saint-Saëns, Rachmaninov…).
Il participe à l’émission sur le centenaire de Madeleine Milhaud retransmis sur France 3 et la chaîne Mezzo.
Aimant le mélange des disciplines artistiques, il collabore avec les chorégraphes P. Cohen (Festival Musica à Strasbourg, au Luxembourg) et S. Wisniewski (Tournée : Lyon, Pologne, Biélorussie, Espagne).
Son goût pour la musique contemporaine l’amène à collaborer avec des compositeurs tels que Pierre Boulez, Gilbert Amy, Michael Jarrell, Jonathan Harvey, Frédéric Pattar, Frédéric Kahn, Boris Clouteau, K. Naeglen, J.M. Lopez-Lopez…
Dans le cadre de la musique contemporaine, il se produit notamment avec les percussionnistes : J. Geoffroy (Musique en scène à Lyon, Les Musiques à Marseille), S. Favre (Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon), L. Mariusse (Embarcadère à Lyon, Festival Why Note à Dijon), ainsi qu’avec la chanteuse et comédienne Marie Fraschina…
Lauréat de la Fondation Hewlett-Packard "Musiciens de Demain" en 2004, il remporte cette même année le 2ème Prix au XIIème Concours International de Musique Contemporaine pour piano Xavier Montsalvatge (Girona - Espagne).
Il remporte brillamment en février 2006 Le 1er Prix Mention Spéciale Blanche Selva ainsi que 5 autres Prix au Concours International de Piano XXème Siècle d’Orléans.
Programme :
- COWELL, Three Irish Legends
- CAGE , Music for carillon 2 & 3
- CRUMB, Eine Kleine Mitternacht Musik
- SCRIABINE, Sonate n° 9 “Messe Noire”
- VILLA-LOBOS, Cycle brésilien
Le Tableau :
Dado / "Le Cycliste", 1955, Huile sur toile, 84,5 x 69 cm
Donation de Daniel Cordier (Juan-les-Pins) en 1989. Centre Georges Pompidou, Musée national d'art moderne. Dépôt aux Abattoirs, Toulouse en 1999
Dado (Miodrag Djuric, dit), né en 1933 à Cetinje, Yougoslavie, vit et travaille à Chaumont-en-Vexin.
"Dado, un mot emblématique doux comme de la bouillie, renvoie au vocabulaire enfantin, attendrissant et quelque peu obscène." Isabelle Monod-Fontaine
Au premier regard, ce petit cycliste paraît bien bonhomme avec sa tête ronde et sa bedaine, bien rigolo avec ses couleurs acidulées et ses petits mécanismes de Meccano. Pourtant, deci-delà, des éléments trahissent une réalité plus grave : le visage gris et plaintif du cycliste, son vélo qui ressemble à un char guerrier, une croix de Lorraine, un bras tendu, l’inscription ‘tondu’, un personnage sinistre dans un coin du tableau, des traces de ruines, un corps à terre, mutilé, éteint, violé…
A la mort de sa mère en 1944, Dado est recueilli par son oncle peintre et grandit à Ljubljana (Slovénie), ville baroque de l’ancien empire austro-hongrois. Après une formation aux beaux-arts de Belgrade et de Herceg Novi (Monténégro, Yougoslavie), il quitte son pays en 1956 pour Paris, où il fait rapidement des rencontres déterminantes (Dubuffet, Matta, Cordier…). Dans cette œuvre de jeunesse à priori synthétique, Dado déploie déjà tout un attirail fantasmagorique qu’il ne cessera de densifier. Les contrastes vifs des formes figent ici encore l’être humain en une sorte de jouet mécanique. Peu à peu, Dado cisèle son dessin pour mieux effriter les chairs et pose un voile vert-de-gris sur ses figures immobiles et grouillantes sorties d’un tableau de Breughel. Tandis que diverses incongruités et décalages mettent en suspens réel et irréel dans sa figuration narrative, dans sa mythologie très personnelle, la mort rôde. Une mort en mouvement, une mort brutale qui tranche dans le vif comme pour le corps-tronc gisant de cette peinture.
Bernadette Morales |