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La collection des Abattoirs rassemble 3500 œuvres couvrant la seconde moitié du XXème siècle. Elle est essentiellement constituée de peintures, d'œuvres graphiques, de sculptures et d'installations amenées à s'enrichir.
Cette collection constitue un ensemble unique en France issu du projet novateur des Abattoirs par la mise en commun des collections et des programmes de trois structures qui ont fonctionné de manière indépendante jusqu'en 1994 : la préfiguration du musée d'art moderne, le Frac Midi-Pyrénées et un centre d'art contemporain.
Récemment, cet ensemble s'est considérablement enrichi grâce à l'apport des collections Daniel Cordier (dépôt du MNAM Centre Georges Pompidou) et Anthony Denney. La collection des Abattoirs s'ouvre également aux nouvelles formes de la création actuelle, domaine dans lequel elle va poursuivre son développement par la mise en place d'une politique d'enrichissement, par des acquisitions, des commandes et des dépôts.
Le fonds moderne
Centrée sur des artistes actifs dès les années 50, elle illustre de nombreux courants artistiques nés de la seconde guerre mondiale en Europe (France, Italie et Espagne) ainsi qu'au Japon et aux Etats-Unis : Expressionnisme abstrait, Abstraction lyrique, Art brut, Art informel, Cobra, Gutai, Spatialisme, Arte povera et Trans avant garde, Figuration libre......
La donation et le dépôt de quelque 50 œuvres de la collection Anthony DENNEY en 1994, de même que le dépôt en 1999 de 393 œuvres de la collection Daniel Cordier par le Musée national d'art moderne-Centre Georges Pompidou, impriment à la collection, par la qualité des œuvres et des courants représentés, une profonde originalité en lui donnant également un authentique ancrage historique.
La collection du photographe Anthony Denney (1913-1990) se compose essentiellement de peintures réalisées dans les années 50 et 60, d'artistes marquants tels que Appel, Burri, Dubuffet, Fontana, Francis, Mathieu, Riopelle, SAURA, Tàpies, Vasarely et les artistes japonais du groupe Gutai.
La collection de Daniel Cordier (né en 1920) témoigne du parcours d'un amateur passionné et associe trois générations d'artistes parmi lesquels on peut citer : Arman, Bellmer, Brassaï, César, Chaissac, Combas, Dado, Dewasne, Dubuffet, Duchamp, Fahlstrom, Hantaï, Hartung, Le Gac, Mapplethorpe, Michaux, Morris, Rauschenberg, Réquichot et Viallat, ainsi que des créateurs fort singuliers.
Le fonds contemporain
Le fonds contemporain est constitué de plusieurs ensembles qui opèrent une jonction avec le fonds moderne et ouvrent des perspectives sur la création la plus actuelle.
Les années 70 et 80 sont notamment représentées par des artistes français qui attestent de la diversité et de la pluralité des positions à l'égard de la modernité avec parfois une forte dimension critique face aux modèles de l'histoire de l'art ou de la diffusion artistique : Filliou, Morellet, Leccia, Bazile Bustamente, Présence-Panchounette, Gina Pane. Des regroupements ont aussi été constitués à partir des mouvements Support-surface (Viallat, Dezeuze), Figuration libre (Combas, Di Rosa) ou de la Trans avant garde italienne.
En regard, la scène internationale est aussi présente avec des œuvres de On Kawara, d'Art et Language, Bernd Lohaus ou Alfredo Jaar.
A noter en particulier la présence d'œuvres importantes d'artistes issus des scènes italiennes et espagnoles : Mario Merz, Allighiero Boetti, Miquel Barcelò, Antoni Tàpies qui évoquent une vitalité spécifique de l'art contemporain dans le sud de l'Europe. Cette particularité de la collection est complétée par une réelle présence d'artistes vivants ou ayant eu une activité dans la région Midi-Pyrénées (Hortala, Lamy, Gaspari, Parant, Musée Khombôl) ainsi que des artistes plus jeunes (Sentou, Maisongrande, Boyer) qui émergent régulièrement de la scène régionale.
Le rideau de PICASSO
Unique et spectaculaire, "La dépouille de Minotaure en costume d'Arlequin", que Pablo Picasso a conçu avec Luis Fernandez en 1936, constitue une œuvre emblématique et inaugure la période de l'après seconde Guerre mondiale que couvre le fonds moderne, en ouvrant sur un ensemble important d'art espagnol.
Ce grand rideau de scène a été réalisé pour "le 14 juillet", pièce de Romain Rolland donnée au théâtre du peuple le 14 juillet 1936. Cette œuvre a été restaurée grâce au mécénat de la BNP, avec le concours de l'Aérospatiale et fait l'objet d'une présentation spéciale, en alternance avec d'autres œuvres en raison de sa fragilité, dans un espace d'exposition situé au sous-sol des Abattoirs.

La Dépouille du Minotaure en costume d'arlequin, 1936
Rideau de scène pour le Théâtre du Peuple
dit "Rideau de scène pour Le Quatorze-Juillet" de Romain Rolland
Détrempe à la colle sur toile de coton écru, 830 x 1325 cm
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