Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Françoise Quardon, "Fantasmagoria, le monde mythique" (24 juin-22 août 2010)

Pour l'exposition "Fantasmagoria, le monde mythique", Françoise Quardon a conçu une installation évoquant Joey Ramone et Sylvia Plath, deux personnalités que l’artiste a choisi comme parents imaginaires car pour elle, leur création et leur existence « sont des trésors qui donnent l’énergie et la force d’avancer ».

"Oh, I believe in miracles
I believe in a better world for me and you"

Joey Ramone

 

Sylvia Plath (1932-1963) est une poétesse et romancière américaine, à l’œuvre d’une sensibilité exacerbée, dans laquelle la souffrance psychologique est élevée au rang de légende.

Joey Ramone (1951-2001), considéré comme le père fondateur du punk, est le chanteur du groupe new-yorkais The Ramones.

Placer son œuvre I believe in miracles sous les auspices de la filiation imaginaire de ces deux figures quelque peu anachroniques permet à Françoise Quardon d’exprimer toute la complexité de sa personnalité. Pétrie à la fois de musique punk-rock, de littérature et de poésie, elle donne naissance à une œuvre à la fois baroque et romantique, précieuse et cryptée, chatoyante et mortifère.

Ici, l’ornement et le raffinement sont au service des rêveries allégoriques de l’artiste, qui vont du mythe d’Ariane jusqu’à l’évocation très personnelle de la vie et de l’œuvre de Sylvia Plath et Joey Ramone.

Quelques exemples : Pet Sematary (2010) renvoie, autant que l’illustration de la « punition imaginaire de Thésée par Ariane », à une chanson des Ramones du même nom ; 11-02-1963 (2010), photographie dans laquelle l’artiste « rejoue » le suicide de Sylvia Plath, survenu le 11 février 1963 ; Contention (2010), table sur laquelle sont posées deux jambes féminines en verre parcourues d’un réseau de veines stylisées de couleurs rouges et bleues, qui rappellent le cancer du lymphome qui emporta Joey Ramone ; ou encore House of Madness (writing with Sylvia) (2010), qui serait une évocation du processus créatif chez Plath, et de la grande fébrilité qui l’accompagne.


Immédiates dans leur impact plastique et poétique, les pièces de Françoise Quardon se dérobent pourtant à une lecture linéaire et univoque, tels les contes où se mêlent terreur et enchantement.

Sur les 21 œuvres constituant l’installation présentée lors de Fantasmagoria, le monde mythique, 5 ont été acquises par les Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées.

-          Ghost Ship, 2010

-          Contention, 2010

-          11-02-1963, 2010

-          Les voies de disparition, 2006

-          Le faucheur, 2004

 

Françoise Quardon, montage de l'exposition "Fantasmagoria, le monde mythique" (2010), les Abattoirs; photogr. S. Léonard Françoise Quardon, "Le Faucheur" (2004); photogr. A. Morin © AdagpSalles Françoise Quardon, exposition "Fantasmagoria, le monde mythique" (2010), les Abattoirs; photogr. S. Léonard © AdagpFrançoise Quardon, montage de l'exposition "Fantasmagoria, le monde mythique" (2010), les Abattoirs; photogr. S. LéonardFrançoise Quardon, "11-02-1963" (2010); photogr. F. Quardon © AdagpFrançoise Quardon, "Ghost Ship" (2010) détail; photogr. S. Léonard © AdagpSalles Françoise Quardon, exposition "Fantasmagoria, le monde mythique" (2010), les Abattoirs; photogr. S. Léonard © AdagpFrançoise Quardon, "Contention" (2010); photogr. F. Quardon © AdagpFrançoise Quardon, "Ghost ship" (2010); photogr. S. Léonard © AdagpFrançoise Quardon, montage de l'exposition "Fantasmagoria, le monde mythique" (2010), les Abattoirs; photogr. S. Léonard

 

Interview de Françoise Quardon.