Art contemporain
en Midi-Pyrénées
Natacha Mercier | Artistes
Natacha Mercier
- Tél. 06.98.43.94.15.
- natachamercier@hotmail.fr

Natacha Mercier est une artiste plasticienne née en 1976, originaire du Nord de la France, elle vit et travaille actuellement en Midi-Pyrénées. Avec Hével, l’artiste entame une recherche sur l’interface : entre la frontière de la disparition et la lisière de la lecture. Elle entre dans le cœur même des dichotomies attraction/répulsion - apogée/déclin aussi bien en peinture, installation et performance.
Le diamant qui flotte devenant Lady Di, One dollar qui a muté en None, Dubaï submergée et émirat éteint, la piscine glauque, le rafale posé derrière le rideau de bijoutier ou encore le coffre-fort caché derrière le tableau. Vides ?
Tous ces sujets ont subi un glissement depuis leur sens premier dans le traitement pictural. Ils n'ont pas été choisis au hasard puisqu'ils portent tous une forte connotation de luxe, de pouvoir, de richesse, d'asservissement. « La question que je me pose est Est-ce que ces éléments sont susceptibles de devenir autre chose ? Dans le procédé pictural, en m'arrêtant juste à temps, de cette manière, une autre signification devient possible, un nouveau commencement se profile. Rendre accessibles ces objets qui suscitent l'envie, leur donner une nouvelle chance m'apparaît comme un défi. Je tente d'interpeller le lecteur dans son intimité grâce à cette surface presque vide, légèrement vibrante, et le sollicite de telle façon à ce qu'il pense être le seul à deviner le spectre de cette forme nébuleuse ». Trouver un diamant, le posséder... Qui n'en a pas envie ? Bijou et joyau tirent tous deux leur étymologie du mot « joie », substantif du mot « jouir ».
« Hével » est un mot hébreu ; dans le texte fondateur qu’est L’Ecclésiaste, on a traduit « hével » par « vanité ». Il est à noter que le sens littéral de ce mot est en fait « buée, vapeur, souffle d’air ». La peinture et ses sujets se déplacent, frappent la rétine pour s’évanouir l’instant d’après…
Natacha Mercier
http://www.natacha-mercier.com
06.98.43.94.15
Née en 1976, vit et travaille en Midi-Pyrénées
Principales expositions personnelles :
2012 « Still life », Galerie Exprmntl, TOULOUSE (31)
« Ephémère et fragile », Le Salon Reçoit, TOULOUSE (31)
2007 Galerie de l'Union, SANCERRE (18)
2003 Brasserie Duvel Moortgat, PUURS (Belgique)
2002 Galerie Pictura, BOURGES (18)
Principales expositions collectives :
2012 « Take my soul », Galerie Exprmntl, TOULOUSE (31)
« En substances », la Poudrière, SAINT-VENANT (59)
2011 Salon Art Terrible, PARIS (III)
« Ludik », New Square Gallery, LILLE (59)
Galerie Annie Wable, LILLE (59)
Foire d'Art de la Grande Région à METZ (57)
2010 Médiathèque Équinoxe, CHÂTEAUROUX (36)
2008 « Pastiches », Galerie Atypic, TOULOUSE (31)
Salon Affordable Art Fair, PARIS (XVII)
2007 Galerie Edgar, PARIS VII
Centre d'art contemporain L'Arboretum, ARGENTON-SUR-CREUSE (36)
2004 Biennale d'Art Contemporain, BOURGES (18)
2003 Galerie Imag'in, LYON (VII)
Galerie Et alors, LYON (I)
2002 Biennale d'Art contemporain, BOURGES (18)
2001 Galerie Licence IV, BOURGES (18)
Principales performances et installations :
2010 « On n'attire pas les mouches avec du vinaigre ! », Mix ' Art Myrys, TOULOUSE (31)
2008 « Point mort » au Centquatre, PARIS (XIX)
« Le Confesseur et le Pénitent », au Hacker Fest, VITRY-SUR-SEINE (94)
2002 Anciennes usines Case, VIERZON (18)
2001 Foire d'Art Contemporain, PIGNY (18)
2000 E.N.S.B.A., BOURGES (18)
Éditions :
2008 Pastiches ; boîtes à images, 58 exemplaires
2004 Revue Plages – thème : La science-fiction (600 exemplaires)
Revue Plages – thème : La beauté (500 exemplaires)
Livre d'artiste :
2002 Essence, d'après nos publicités – 30 exemplaires
Bourse :
2012 Aide Individuelle à la Création, Drac Midi-Pyrénées.
Diplômes :
Diplôme National Supérieur d'Expressions Plastiques à Bourges, 2000
Diplôme National d'Arts Plastiques à Valenciennes, 1998
Hével
« Si je jette la vue devant moi, quel espace infini où je ne suis pas ! si je la retourne en arrière, quelle suite effroyable où je ne suis plus ! et que j’occupe peu de place dans cet abîme immense du temps ! Je ne suis rien ; un si petit intervalle n’est pas capable de me distinguer du néant », lit-on dans le Sermon « Sur la mort » de Bossuet.
Et la monstrueuse précarité de notre existence se rappelle à notre bon souvenir : notre passage sur terre sera bref, nous pesons comme quantité infinitésimale, nous sommes parents du rien. Dès lors, toute ambition paraît bien vaine. Et cette constatation cruelle et lucide nous jette une question au visage : à quoi bon « crâner » ?
Bien avant que soient définis les sept péchés capitaux, Evagre le Pontique, moine égyptien du IVe siècle, avait établi la liste des huit passions ou pensées mauvaises, lesquelles nous poussent à des comportements impropres, dont la « Vanagloria » (Vanité-Gloire) faisait partie. Nous le savons tous, il n’est pas joli de faire l’arrogant, mais nous continuons cependant à pavaner, à nous « vanter », à chercher l’approbation dans le regard de l’autre. On appelle parfois cela le « m’as-tu-vu » ; et c’est l’autre, le « tu », qu’on cherche à éblouir quand le « je » se la joue.
L’art donne au mot « Vanité » un sens particulier : il s’agit d’une composition allégorique qui symbolise le caractère éphémère de l’existence humaine. "Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité." Les tableaux du XVIème et du XVIIème siècle ont exploré ce message mystique : la Vanité est devenu un classique. Crânes, boules de verre, fleurs fanées, fruits pourris, sabliers et horloges nous préviennent, la bougie va s’éteindre, la chair va se désagréger et devenir squelette… La mouche tournoie, elle est amie des cadavres et vient aussi délivrer son message. « Memento Mori ». Chronique d’une mort annoncée…
Avec Still Life en 2009, Natacha Mercier compose une Vanité : des centaines de petits carrés méticuleusement accumulés, alignés et serrés forment une œuvre unique. Les formes se répètent, les images se déclinent et se mélangent, « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ». Les crânes s’accumulent, des oiseaux noirs de mauvais augure chantent le « memento mori », des bulles se bousculent, et les vides nous happent. Tout comme le derviche tourneur pratique la répétition, la Vanité de Natacha redit à l’infini. L’hypnotique comme source d’extase et in fine d’anéantissement. Les formes crâniennes sont plus ou moins visibles, la lisibilité des formes se refuse au premier coup d’œil. Le vide prend sa place, et, n’oublions pas, c’est bien cela que la Vanité est sensée nous dire…
Hével marque une nouvelle étape dans le travail de Natacha sur la Vanité. En 2010, les crânes s’installent sur de grands formats pour l’installation-performance On n’attire pas les mouches avec du vinaigre ! La Mercedes dans sa cage de verre est criblée de mouches et semble nous dire : crois-tu qu’il est essentiel de posséder une belle voiture puisque la fin est inéluctable ? Les crânes juxtaposent la grosse cylindrée, ils sont plus ou moins visibles, ils apparaissent selon le nombre de couches de peinture qui les ont recouverts. Avec « Hével », Natacha entame une recherche vertigineuse, celle de la disparition, de l’effacement. Elle entre dans le cœur même de la Vanité : la mort.
« Hével » est un mot hébreu ; dans le texte fondateur qu’est L’Ecclésiaste, ci-dessus cité, on a traduit « hével » par « vanité ». Il est à noter que le sens littéral de ce mot est en fait « buée, vapeur, souffle d’air ». La vapeur, la buée symbolisent l’éphémère. Recouvrir de voiles, d’un halo prend alors tout son sens. Les couches de peinture successives qui gomment la forme disent la vanité car elles annoncent la disparition prochaine. L’artiste avoue elle aussi sa propre vanité en masquant son habileté à faire par le voilement, mais fait dans le même temps un formidable pied de nez à l’ostentation en ne faisant pas étalage de sa technique… Devant les toiles de la série Hével, cette première impression de ne rien voir nous interroge, la peinture apparaît au prime abord comme sans relief, sans matière, comme une surface vide, lisse et floue. La lecture est retardée. Ce néant inquiète et amuse à la fois. Et l’on s’attarde comme on s’attarderait devant la vitrine embuée d’un lavomatique. Des formes apparaissent, se laissent deviner et viennent narguer l’œil. Et de cette peinture a priori monochromatique, les choses surgissent, d’où une impression de mouvement. Les formes émergent, l’œil s’adapte et les capte. Les crânes, le lion, Eve sortent de la toile et avancent vers nous. Du néant naît le mouvement. Une troisième dimension. L’œuvre ne se donne pas du premier coup d’œil, elle n’est pas femme facile, Hével se livre avec distance et nous oblige à aiguiser le regard. La peinture et ses sujets se déplacent, frappent la rétine pour s’évanouir l’instant d’après. Tout est vain puisque tout passe.
Les toiles de la série Hével égratignent les vanités contemporaines : Le requin, métaphore de l’homme d’affaires super prédateur, Le lion, roi des animaux, Roi Soleil, qui trône sur les pilasses des portails, Le B-52, machine guerrière ultra efficace, fleuron de l’armée de l'air américaine, Eve, la fille « ultra vanitasse » qui se met du rouge à lèvres devant le miroir, Le 4x4 Cayenne, paroxysme de la vanité automobile… Natacha part d’images qu’elle photographie ou qu’elle récupère sur Internet. Elle prend des clichés de ces maisons qui arborent des aigles ou des lions en devanture, de limousines garées dans des terrains vagues, de femmes qui pavanent en terrasse… La vanité est partout. Pourquoi vouloir briller alors que la décomposition est imminente ? Ce paradoxe hante la peinture de Natacha.
Une surface crémeuse recouvre ces visions de l’orgueil. Natacha Mercier joue avec le feu : à chaque fine couche de peinture posée, elle risque de faire disparaître totalement le sujet, de tout « deader » comme elle le dit si bien… La technique, en elle-même, à flirter avec la disparition des choses, nous dit « Souviens-toi que tu es fragile », il suffit d’un souffle d’air pour que tu t’évapores définitivement… Le paraître, essence de la vanité, s’exprime alors dans le « trans-paraître ».
Natacha Mercier a 36 ans et vit près de Toulouse. Elle est née dans le Nord de la France et y a passé son enfance et son adolescence. La dernière fois que je l’ai vue, elle avait teint ses cheveux en blanc et me parlait de copines de classe, mortes trop jeunes… Elle m’a offert une boîte de conserve toute blanche, vide.
Anne Lepla, comédienne et musicienne. Janvier 2011.
-------------------------------------------------------------
L'apparition des « presque monochromes »
En 2010, alors que je réalisais On n'attire pas les mouches avec du vinaigre !, l'installation me paraissait incomplète avec ces milliers de mouches dans une cage prêtes à recouvrir ma Mercedes. Il fallait quelque chose de pur et de minimaliste pour contrebalancer avec l’esprit baroque de l’installation.
Je connaissais la peinture de Bartlel Bruyn l'Aîné qui, en 1524, a peint l'une des premières têtes de mort surmontée d'une mouche, au verso du portrait de Jane Loyse Tissier. Un billet placé par l'artiste précise : « Tout se compose avec la mort ; la mort est la dernière frontière des choses ». Les crânes sont donc passés du verso au recto des toiles à la fin du XVIe et XVIIe siècles et ont été unanimement considérés comme dignes d'un sujet à part entière. Ils ont constitué l'élément central des « vanités », peinture héritière directe (en quelque sorte) des « memento mori » dont la fonction reste à l’identique ; un rappel incessant de la mort à proximité. Tout était là, dans cette approche des peintres du XVIIe avec les vanités. Les cinq premiers crânes de 113 x 146 cm avaient ainsi leur place dans l'installation avec les mouches.
La série Hével était entamée alors que je ne connaissais ni le titre, ni la signification de ce mot hébreu. C'est Anne Lepla, à qui j'ai demandé d'écrire un texte sur mon travail, qui a trouvé le lien à ma démarche avec le titre « Hével ». « Hével » a été traduit par « vanité », buée, vapeur...
Mon travail s'est nourri alors des textes de l'Ecclésiaste, des notes de Jacques Roubaud (« Sous le soleil »), de Michel Butor (« Vanité »), des « Maximes » de La Rochefoucauld ou encore du « Sermon sur la mort » de Bossuet...
Ce n'est pas tant la façon de mener la vie qui est proposée dans l'Ecclésiaste qui m'intéresse que la réflexion philosophique proclamée sur son fond de négativité générale. L'absence de toute perspective de vie future due à la vaniteuse nature humaine, sa futilité et l'inanité de toute action émanant de l'homme questionnent. Comment un livre canonique peut-il être aussi pessimiste ? D'une certaine façon, n’est-il pas contradictoire de proposer un sens à la vie en mettant en lumière ses « pêchés »....
Qu’en reste t-il ?
« Ce qui fut cela sera
Ce qui s'est fait se refera
Rien de nouveau
Sous le soleil »
Paroles de Qohélet 1 ,9
Propos recueillis de Natacha Mercier, février 2012.
-------------------------------------------------------------
Quelques œuvres expliquées :
DEAD END
« Dead end » signifie en anglais « voie sans issue ». Dans le même registre que Folklore et du concept de la propriété privée, cette peinture représente le palais présidentiel américain derrière un « mur protecteur » de barbelés. Créée initialement comme une maison devant être ouverte au peuple, l'accès à la Maison-Blanche a longtemps été assez autorisé. Au fil du temps et des menaces, la sécurité s'est considérablement renforcée. Les personnes désireuses de visiter la Maison-Blanche ne peuvent désormais le faire qu'en groupe et après appel à leur représentant au Congrès et s'être soumis à une enquête de sécurité sur leur passé. La White House se revêtirait t-elle de l’étiquette « no trespassing » ? Antinomique ?
FOLKLORE
A l’origine, un nain de jardin est une petite statuette jouant le rôle de gardien protecteur contre les forces maléfiques. Cette petite créature du folklore a connu de multiples descendants, les lions et aigles en stuc, arborant les pilastres des portails, en font partie. De la véritable sculpture à la statue industrielle en plastique, cet objet de culture populaire provoque bien des compétitions entre propriétaires. Il semble être le reflet d’une quête de protection et d’une volonté d’afficher un pouvoir à travers l’animal utilisé. Dans Folklore, le lion est descendu de son piédestal et garde prodigieusement la propriété privée, comme dans un conte.
V.I.T.R.I.O.L.
V.I.T.R.I.O.L. est l'abréviation de Visita Interiorem Terrae Rectificando Invenies Occultum Lapidem, soit : « Visite l'intérieur de la Terre et en cherchant tu trouveras la pierre cachée ». La formule exprime dans l'alchimie : « la purification de l'esprit doit précéder la purification de la matière ». On retrouve ici l'idée de l'inutilité de posséder les biens matériels au profit de la méditation sur la nature passagère et vaine de la vie humaine. Le vitriol est l'acide sulfurique surnommé le « lion vert » ; c'est un produit industriel de première importance qui trouve notamment son utilisation dans le traitement des eaux usées... Le vitriol ronge sans pitié, il transforme le sale en propre. La mouche y travaille aussi à sa façon avec le cadavre qu'elle nettoie. La boucle est bouclée.
THE TOUCH
Fleuron de l’armée française, le Rafale a mis dix ans à trouver acquéreur à l’exportation de par son coût d’acquisition très élevé (140 millions d’euros) ; Dassault a même failli arrêter la production de cet avion arrogant.
A vendre ! Le chasseur bombardier est posé dans The touch comme un bijou, derrière le rideau en acier de protection, à la frontière de la disparition et la lisière de la lecture. En effet, le Rafale est conçu pour avoir une signature radar réduite («low visibility») et donc moins repérable. « The touch » signifie « la touche » en langage «tuning», c’est à dire la touche personnelle apportée à l’engin de série, qui le rend unique.
CAPRICE
La marque au « cheval cabré » utilise le symbole hippomorphe, il est l’animal le plus visible dans le monde imaginal, notamment dans la mode et dans les marques de prestige. Figé derrière un rideau de bijoutier, ce cheval devient autre chose ; une jument ruant, un fantôme, un fœtus ? Un glissement du sujet s’opère avec le procédé pictural et l’exigence presque chirurgicale. On ne voit pas l’animal luxus, on ne sent plus le caprice mais une surface au premier abord vide qui abandonne le brillant et le registre de la marque. L’émotion triomphe sur le désir.
NONE
Pour pouvoir affirmer sa vanité par son orgueil, l'allié indispensable n'est-il pas l'argent ? Une recherche sur le dollar paraissait primordiale dans Hével. En monnaie scripturale, la dollar est le plus utilisé dans le monde. Le « one » a été substitué par «none» qui signifie « aucun, pas du tout, rien ». La taille du tableau est exactement proportionnelle à celle du billet d'un dollar. Dans None, le dollar ne pèse plus rien, il est dévalorisé, et constitue maintenant plus une devise philosophique que monétaire. Dans les premières peintures de vanités, un avertisseur moral était très fréquemment écrit sur la surface peinte et rappelait la fragilité de l'homme face au temps qui passe ; ce type de représentation est appelée « billet ».
LADY DI
Pierre de pouvoir, le diamant est le minéral le plus cher et le plus beau de tous, quand on possède un, c'est pour la vie et le montrer, c'est se rassurer, c'est une « valeur sûre ». Le diamant est rare et inutile, étincelant et doux dans son éclat ; il est considéré comme indestructible, éternel (« l’homme passe, le diamant demeure »). «Di » est non seulement l'abréviation de « diamond », mais aussi de « Diana ». Lady Diana fut l'une des femmes les plus célèbres du monde à la fin du XXe siècle et l'une des figures féminines prééminentes de sa génération voire une icône emblématique de la mode. Elle meurt à Paris dans un accident de voiture à 36 ans. « Die » signifie aussi «mourir » en anglais.
SUPER 95
Super 95 représente une vue satellite de Dubaï. Elle est la capitale, le premier port et la ville la plus connue des Emirats arabes unis. Cette renommée est due notamment à la médiatisation de ses projets touristiques comme Palm Islands, presqu'île artificielle en forme de palmier, The World, archipel artificiel qui reproduit la carte du monde, la Dubaï Marina, à l'architecture particulière et démesurée… Les rois du pétrole sont les plus vaniteux de la planète avec leur hôtels, tours, stations de ski les plus grands et les plus hauts de la Terre.... Cette vue du ciel témoigne de la volonté obstinée de paraître et désirent même qu'on les remarque du ciel...
PALAS
Palas évoque un fils d'Emir portant le Keffieh. Les Émirats sont l'un des plus importants producteurs et exportateurs de pétrole au monde. « Le plus au monde» est un dénominateur commun aux sujets de la série Hével. « Palas » rime avec «vanitas». Le « keffieh » est la coiffe traditionnelle des paysans et des Bédouins palestiniens. Il permettait de distinguer les citadins des ruraux ; cela s'est généralisé au point de devenir un élément de costume commun, à tous les bédouins et tous les paysans d'Arabie et du Moyen-Orient. Il est aujourd'hui le symbole et l'emblème de la résistance palestinienne mais, soumis à un « effet de mode », il est souvent adopté par des personnes qui le portent sans même savoir quelles en sont les origines, significations, valeurs...
SAFE
Un coffre-fort est un meuble servant à protéger des objets de valeur d'un vol ou d'une destruction accidentelle. Il est généralement placé dans un lieu où il sera difficile à trouver, notamment derrière une œuvre d’art. Ici, c’est l’inverse, c’est le coffre fort qui est caché dans le tableau, ou derrière, si l’on tient compte des différents plans qui le composent. N’est-il pas vaniteux de dévoiler l’existence ou l’emplacement de son coffre fort ? Cet objet montre la richesse en la protégeant ; c’est cacher pour mieux montrer. Dans Safe, cette ambiguïté et ce « va et vient » se retrouvent dans le traitement pictural.
KELLY
Cette toile reflète le sac « Kelly » d'Hermès en crocodile rouge braise qui a été vendu aux enchères chez Artcurial pour la somme de 54.000 euros. Conçu dans les années 1930, il voit sa notoriété exploser lorsque Grace Kelly est photographiée en 1956, descendant d'avion, tenant le sac devant son ventre, pour dissimuler sa grossesse qui n’était pas encore officielle. Il est devenu le sac mythique d’Hermès. Simple et architecturé, souple et solide, il est conçu pour que les femmes puissent voyager en transportant tout leur nécessaire. Pouvant être posé presque partout, il est aussi utile...
SUPERBIA
Superbia renvoie à une transcription du trophée de chasse en deux dimensions. La chasse aux tigres ou aux trophées a été très pratiquée au cours du XIXe et au début du XXe siècles. Un trophée constitue la marque d'accomplissement d'une action particulière. Généralement, il s'apparente à une récompense remise au vainqueur d'une épreuve. Dans la peinture « Superbia » (« orgueil » et/ou « morgue » en latin), l'animal peint, retourné, vaincu, a presque disparu, tout comme son prédateur. La toile montée sur châssis devient le socle qui marque l'idée de gloire tarie. Le titre en or reste l'unique badge immortel de cette pêche fructueuse.
CRANES
Comme les premières natures mortes de fleurs, les premiers motifs de têtes de mort peintes sont apparus au verso des portraits en tant que symbole de putrescibilité des chairs et de l'état futur des personnes représentées au recto. C'est avec cette idée qu'en 1524 Barthel Bruyn l'Aîné peint une des premières têtes de mort surmontée d'une mouche, au verso du portrait de Jane Loyse Tissier. Un billet placé par l'artiste précise : « Tout se compose avec la mort ; la mort est la dernière frontière des choses ». Les crânes, qui vont passer du verso au recto des toiles à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle, sont bientôt unanimement considérés comme dignes d'un sujet à part entière. Ils finissent par constituer l'élément central des « vanités », peinture héritière directe en quelque sorte des « memento mori », avec la même fonction : un rappel incessant de la proximité de la mort inévitable. L'homme est soumis à cette malédiction, toute tentative de réaliser des ambitions constitue un effort inutile, car elle ne prolonge pas la vie d'un seul jour... (Martin Monestier, « La mouche, le pire ennemi de l'homme ». )
Les crânes de Natacha Mercier sont l'élément unique du tableau et se substituent au fond de par la technique utilisée : un recouvrement du sujet par de multiples couches de peinture presque inconsistantes. Le fond, désert, influence la forme qui, dans un mouvement subtil de « va-et-vient » nourrit et aspire le crâne dans un effet de « vide/plein – plein/vide... La lecture du spectateur est retardée avec cette première impression de ne rien voir, qu'une surface vide, sans matière ni relief. Les formes émergent et expirent l'instant d'après ; le sujet n'existe pas mais nous retarde.
Le crâne s'est débarrassé de tous les attributs classiques connus dans les tableaux de vanités (sablier, l'horloge, une bougie allumée, fleurs fanées et fruits véreux et pourris...) pour signifier à lui seul le néant, l'inutilité, l'inconsistance, le vain de l'amour-propre et de l'orgueil.
SAVE MY SOUL
Ce diptyque est composé d'un Colt M1911 et d'une tulipe perroquet.
Ingvar Bergström a divisé les vanités en trois groupes. Les armes, vanité de pouvoir, se situent dans le premier groupe des sujets récurrents. Les fleurs fanées se placent dans le deuxième groupe qui évoquent le caractère transitoire de la vie humaine. La tulipe comptait parmi les articles de luxe et produits de convoitise dans la Hollande du XVIIème siècle. Cet engouement pour la fleur va se retrouver dans la peinture néerlandaise et flamande de l’époque que l'on retrouve alors dans les premières natures mortes de fleurs fanées de Jan Brueghel l'ancien.
Ces deux sujets déplacés de leur contexte initial sont juxtaposés et produisent, à eux seuls, un glissement puisque, le colt est en plastique et la tulipe achetée à Carrefour. Il n'y pas meutre. « Save my soul » signifie, en anglais, « sauve mon âme ». En d'autres termes, épargne moi des tentations des plaisirs terrestres car ils son vains. Hevel havalim, dit Qohélet, tout est hével, vent.
























































