Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Art contemporain
en Midi-Pyrénées

Beate Honsell-Weiss | Artistes

Beate Honsell-Weiss

Béate Honsell-Weiss est née 1952 à Constance (Allemagne)

 

Après avoir étudié la photographie, elle voyage en Europe, en Proche et en Extrême Orient, pendant deux ans.
A travers la pratique de la photographie, elle cherche ce fil qui relie les cultures multiples d’où nous tirons nos racines.
De retour en Allemagne en 1975, elle étudie à la Hochschule der Künste, Berlin-Ouest,
(École Supérieure des Beaux Arts). 1981 Master (Meisterschülerin)
A  l’Université Libre de Berlin, elle étudie l’ethnologie et les sciences des religions tout en s’initiant à la sculpture et à l’installation.
De 1985 à 1986 elle est enseignante invitée à la Hochschule der Künste (École Supérieure des Beaux Arts) où elle devient chargée de cours de  1987-1992.

Pendant quelques années, Béate Honsell-Weiss a partagé son temps entre Berlin, où elle expose régulièrement, et notre région où sa création est bien présentée.
On a vu ses œuvres à plusieurs reprises à la galerie Françoise Courtiade à Toulouse mais aussi des réalisations in situ sur des sites régionaux.
C’est le cas de la station de métro Basso Cambo 1993, de CIAM, Centre d’Initiatives Artistique de l’Université de Toulouse Le Mirail 1998, du village de Calvignac 1996 et aussi une première fois en 1996 de l’Espace Écureuil à l’occasion de sa participation au projet ‚Hors Cadre‘.

Avec ‚MM’ en 2000 à l’Espace Écureuil, elle l’investit dans sa totalité et sa disparité architecturale et symbolique.
Britta Schmitz écrit en 1993 dans la catalogue de l’exposition «Vorort International»: «…Communément Béate Honsell-Weiss pense ses œuvres en espace, les module dans l’espace et le lieu fait repère».

Le domaine dans lequel son travail se développe actuellement, l'in situ, n’est pas étranger au médium photographique dont l’une des caractéristiques est de repérer des espaces visuels.
La démarche de Béate Honsell-Weiss s’inscrit à la fois dans une pratique relevant de la tradition et dans un concept qui ne néglige pas l’actualité artistique.
Mais son œuvre nourrit d’une confession résolue pour la subjectivité et de la quête d’un monde marqué par un espace spirituel développe essentiellement une mythologie individuelle:
«…Les productions artistiques de cette expression subjective, créative, n’ont pas le même dénominateur, plutôt ils se soustraient à la standardisation globale par leur forme tout a fait ouvert et l’identité unique de l’artiste». Karin Thomas «Bis heute».

Arlette Malié écrit en 2006 pour l’exposition «Lieux et Univers»:
«…Ces expansions énergétiques (boules bleus en polyuréthane) sont des formes en devenir qui semblent souligner, dans la lignée de Joseph Beuys, une attention aux énergies de la nature, la quête des humains sur la voie de la transformation au travers de l’art, comme au travers du rituel, et enfin la capacité à transformer de l’artiste.
…Comme dans le cloître, un ensemble de formes répétitives, géologiques/organiques sont installées selon une spirale, forme géométrique et symbolique qui les inscrit dans le plan carré du lieu. On entre dans un temps sans images, cette installation crée des espaces où on est ramené vers soi-même.
L’artiste nous convie à un enchevêtrement de perceptions qui lient directement son propre travail à cette architecture, à son implantation géographique aux portes des Pyrénées, à la symbolique de la cavité protectrice».

Avec l’exposition «Tapis rouges» à la Maison Salvan – Art et Science en 2008, Béate Honsell-Weiss se dirige vers une nouvelle dimension: l’interaction.
L’élément essentiel est le mouvement crée par le spectateur, soit à partir de modules informatique où les fréquences sonores déterminent les mouvements, soit en insufflant de l’air dans le tapis à l’aide de gonfleurs à pied, soit en tirant des cordes qui provoquent des dessins aléatoires dans des pigments d’oxyde de fer … chaque intervention reste unique, indéterminée, véritable influx transmetteur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Expositions personnels sélection

 

2011  »Transmutation» 3 installations in situ, Larressingle. Chemins d'Art en Armagnac

          «Ligne bleu de travers» installation in situ, Jardin du Palais de Justice, Cahors

          «Le silence de Poséidon» Lesalonreçoit, Toulouse

2008  «Tapis Rouge” 4 Installations in situ, Maison Salvan, Art et Science, Labège

          “Two works for Jonny Liesegang”, Installations in situ, Galerie Mastuhl, Berlin

2006  «Univers et Lieux» Installations in situ, Palais des Évêque et Cloître de St. Lizier

2005  «Nature morte» installation in situ, Art’Out in Arrout

2003  «Flügel und Formationen» installation in situ,Galerie 35, Berlin

          «C’est qu’une goutte d’eau» installation avec son, Chapelle de la Baroquerie, Albi

2002  «Tribalisation» installation, Otto Nagel Galerie, Berlin

2000  «MM» installations in situ, Espace Écureuil, Toulouse

          «Transpositions» installations in situ, Abbaye de Beaulieu, Centre d’art contemporain

1998  «Sichten-Sichtbar-Unsichtbar» Installation, Galerie am Scheunenviertel, Berlin;

          «Huit marches bleu = ESCALIER» installation in situ et conférence, CIAM, Toulouse.

1996  «Sans titre» Installations in situ et sculptures, Calvignac, Lot

          «Petitesse et grand horizons» installations in situ Théâtre de Montauban

1993  «Orte und Räume», Galerie am Scheunenviertel, Berlin

          Galerie Françoise Courtiade, Toulouse

1989  Galerie Françoise Courtiade, Toulouse

 

Expositions collectives sélection

2012  «Mes Moires Au Mirail» CIAM/ Le Tube, Toulouse

2011  «Banquet d'Elfes» Jardin des paradis, Cordes sur Ciel

2009  «Glissements» deux  installations in situ, Cahors

2006  «apostrophos – aposttrophê» installation pour ‘Heimweh’, Otto Nagel Galerie, Berlin

2003  «Des ailes et de la formation» installation in situ, Pati Llimona, Barcelona

2001  «Transmutation transitoire» installation in situ pour ‘Traversale’, Lectoure

2000  «Bâtimage» quinze artistes européens,St. Paul sur Baïse

1993  «Les Couleurs du Métro»,Centre Culturel de l’Aérospatiale, Toulouse

1990  «10X10X10», Kunsthaus Wiesbaden , Wiesbaden

          «Transfer», «Geh- Bogen»Galerie Lebendiges Museum, Berlin

1988  «Sockel - Pater Noster», Galerie Lebendiges Museum, Berlin

          Galerie Françoise Courtiade, Toulouse

          «Kunststück Farbe» installation in situ, Neue Gesellschaft für Bildende Kunst, Berlin

          «Female Flashes», Diego Rivera Gallery, San Francisco USA

Œuvres en public

1995  «Escala de la Vida» Trobada internacional d’escultors Calaf/Barcelona

1993  «Signes Lumineux», Station métro Basso Cambo, Toulouse
          Concours international pour 15 stations.

  • "Transformation - Meurtrière"
    Installation in situ, Laressingle, Chemin d'Art en Armagnac 2011
  • "Meurtrière" détail
    Installation in situ, Laressingle, plomb peint en rouge
  • "Transformation - Spirale"
    Installation in situ, 23 Coquilles St. Jacques, Laressingle 2011
  • "Spirale" détail
    Coquille, 40 X 50 cm, plomb
  • "Transformation - Livre"
    Livre détail,feuilles de plomb, plexiglas bleu, fer, Laressingle 2011
  • "Transformation - Livre"
    installation in situ dans l'église de Laressingle, 2011
  • "Le banquet"
    Plexiglas, pigments bleus, tiges de fer, fil de fer; 270 X 100 X100 cm; Jardin des Paradis, Cordes sur Ciel, 1985/2011
  • "Le silence de Poséidon"
    Série de 19 photos 24 X 30 cm, LeSalonReçoit, Toulouse 2011
  • "Le silence de Poséidon"
    Bulles d'air 15 X 15 cm, rejets de la mer, sable, élastiques; LeSalonReçoit, Toulouse 2011
  • "Tapis rouge" - salle de séjour
    installation in situ, interactive, Maison Salvan - art et science, Labège 2008. Gonfleurs à pied, polyuréthane expansive, mousse, tarlatane, ventilateur. 140 X 270 cm.
  • "Tapis rouge" - chambre
    installation in situ interactive, Maison Salvan - art et science, Labège 2008. Ressorts de lit et leurs chaines, polyuréthane expansive, oxyde de fer, fil de fer, cordes noir, rouleaux. 140 X 200 cm.
  • "Tapis rouge" - cuisine
    installation in situ interactive, Maison Salvan - art et science, Labège 2008. Polyuréthane expansive, plomb, supports métallique, moteurs, câbles, ordinateur, modules informatiques, moteurs. 400 X 500
  • "Tapis rouge" - remise
    installation in situ interactive, Maison Salvan - art et science, Labège 2008. Polyuréthane expansive, plomb, câbles, moteurs, télécommandes. 300 X 400 cm
  • "Lieux et Univers"
    installation in situ, Cloître de St. Lizier, 2006. Poyuréthane expansive, plomb, peinture bleue.
  • Signes Lumineux
    Commande publique, Concours international pour quinze stations, Toulouse, station métro : Basso Cambo, 1993

 

L'ESPRIT DES LIEUX

 

Vos œuvres sont construites in situ; comment concevez-vous le travail dans l'espace?

  Je me laisse toujours inspirer par le lieu même. Ma démarche, c'est de développer un imaginaire à partir du lieu, j'imagine quelque chose qui à habité là. Cela me vient de l'enfance : je concevais des petits espaces, des autels, des mises en scène – ce qu'on appelle aujourd'hui des installations - , et j'imaginais que je pouvais y vivre comme dans un îlot.

Le plus important est d'abord de trouver le lieu. Je ressent une nette attirance pour certains lieux où je veux rester, passer du temps. Certains endroits dégagent une énergie particulière. Ce n'est pas par hasard si beaucoup d'églises, de chapelles sont construites sur des lieux païens importants. J'aime particulièrement ces endroits chargés de passé.

Vous proposez avec les installations une nouvelle perceptions du lieu en lui redonnant un sens plus moderne...

  C'est une nouvelle lecture, mais est-elles plus moderne ? J'ai été surprise de constater que dans les années trente, l'art roman était considéré comme primitif, à cause des sculptures parfois 'naïves', voire abstraites. Maintenant on trouve cette art fascinant. Tout cela est dans notre tête ! Ce qui m'intéresse, c'est de permettre de voir les choses différemment.

Parmi les matériaux que vous utilisez, le plomb revient souvent.

Pour moi le plomb est vraiment extraordinaire. J'ai voulu le rejeter parce qu'il est toxique, et finalement je le réutilise... Il est à la fois malléable et très « têtu » : une mauvaise torsion le fait craquer. Il a sa propre direction, il faut le modeler en une seul fois, et ça, c'est très intéressant. En même temps, ce métal fait référence à un temps très lointain dans l'histoire de l'homme.

Mais le métal en général, m'intéresse, avec la possibilité de construction qu'il offre. J'ai commencer très traditionnellement avec la sculpture figurative en travaillant après modèle, ce qui demandait d'élaborer des constructions en métal. La structure est fondamentale: si la position n'est pas équilibrée, si les dimensions sont pas bonnes, vous pouvez ajouter du plâtre, de l'argile, etc., ça ne marche pas.Finalement j'ai toujours trouvé regrettable de mettre quelque chose sur cette structure !

A l'autre extrême, vous utilisez de la mousse de polyuréthane, qui est extrêmement contemporaine.

  Elle est diamétralement opposée au plomb. C'est la légèreté, la modernité et aussi la non-éternité. Cette mousse est un peu « gonflée » comme notre temps où tout doit être « événement ». C'est un matériau sans forme, imprévisible : j'essaie de le modeler, mais il a sa propre vie. En fait, je ne suis pas le maître définitif des formes que je crée. Je me considère comme étant de passage, et des choses vont me dépasser complètement.

 parcours des arts , n° 11, 2007 ( Extraits de l'interview avec Yann Le Chevalier )

 

 

« MM » une œuvre in situ ou la fortune d'une œuvre

Le lieu est son œuvre

  Du travail de Béate Honsell-Weiss, on dit qu'il « scénographie des lieux de l'art ». L'œuvre présentée ici renouvelle encore cette curiosité au monde et à ce qui le constitue. Cette ouverture est nécessaire à l'interprétation particulière proposée par l'artiste dans l'acte perceptif que l'œuvre reproduit et renouvelle. C'est ce dont chacune de ces œuvres témoigne. Et l'on retrouve « l'étonnement face au monde » dont parlent les philosophes.

Fortuna et Loci

  Or l'oeuvre de Beate Honsell- Weiss, dans ce lieu particulier qu'est l'Espace Écureuil, ancienne Caisse d'Épargne, sanctuaire de l'argent, de la fortune et de ses revers, engage ces thématiques et leurs enjeux.

L'espace, quand il prend sens, devient lieu, c'est à dire ce lieu particulier. Cet attachement du lieu au sens qu'il déploie, et que le sens explore, Beate Honsell-Weiss vient l'habiter de son œuvre.

Si nous « habitons le monde », notre manière spécifique de l'habiter guide et produit son occupation et sa représentation. L'un induisant l'autre et réciproquement, je n'occupe un lieu que selon la manière dont je me le représente et il ne devient ce lieu que selon la manière dont je l'occupe.

Ce que les phénoménologues appellent notre « investissement » au monde se donne en ce sens que le monde est donc ce que nous « habitons » au travers des particularités de notre présence et de ce qu'elle nécessite de sens pour nous.

« MM » Exposition à l'Espace Écureuil, Toulouse 2000 (Extraits du texte de Frédérique Boitel, catalogue « MM »)