Musée d'art moderne et contemporain à Toulouse, FRAC Midi-Pyrénées

Art contemporain
en Midi-Pyrénées

Cyril Hatt | Artistes

Cyril Hatt

 

Fanatique du ciseau et de la photo, Cyril Hatt semble prendre un certain plaisir à jouer avec notre perception du volume.  Depuis 1999, il mène un travail dans lequel la photographie, envisagée comme matériau, subit une série de détournements. Ainsi, ses images sont morcelées, éclatées ou reconstruites, grattées, griffées, déchirées et « réagrafées ». A partir de 2003, apparaissent dans sa production des volumes photographiques. Les objets photographiés, souvent inspirés du Street-Art, sont reproduits à leur échelle en 3D, après avoir subi donc une série d'altérations et de montages. Ils tendent ainsi à recomposer des "paysages d'images" dépossédés de leur fonction originale, tout en restant des images issues de notre quotidien. Paradoxalement bricolé et sophistiqué, le résultat est particulièrement troublant. Ces objets n’ont finalement que leur fragilité à nous offrir, les rendant ainsi sensible et les détachant du ludique ou de l’anecdote. 

Nicolas Rosette.

 

 

Cyri Hatt, né en 1975.

Vit et travaille à Saint Jean de la Blaquière (34).

 

EXPOSITIONS PERSONNELLES

Coin cuisine, Guyancourt, 2012.

The Party, Espace Croix-Baragnon, 

 

Toulouse, 2010.

Atomic, Espace VOG,

 

Fontaine, 2010.

Sans titre, Galerie Bertrand Grimont, Paris, 2009.

Res duplicata, Lieu Commun, Toulouse, 2008.

De nature rerum, la Menuiserie, Rodez, 2007.

Road Kill Movie, co-réalisation d’ un long-métrage entièrement réalisé à l’aide d’un appareil photo numérique, Rodez, 2004.

Questa Macchina!, co-réalisation avec Thierry Fabre, Rodez, 2003.

 

EXPOSITIONS COLLECTIVES

Family and Friends, Backslash Gallery, Paris, 2012.

I

 

mages, Festival des arts visuels de Vevey, 2012. 21 x 29,7,

Galerie De Roussan, Paris, 2012.

Parcourir les puzzles, Théâtre de l’Agora, Évry Courcouronnes, 2012.

Fabfest, Gaité Lyrique, Paris, 2012. Garage, EsoxLucius, La Clayette, 2012.

Ultramémoire, galerie Jérome Nivet Carzon, Saint Petersbourg, Istamboul, 2011.

Révélation, co-réalisation avec Bertrand Planes, Galerie Bertrand Grimont, Paris, 2011.

Outre-Forêt, Espace 6B, Paris, 2011.

enferS-paradiS, co-réalisation avec Eve Maillot, Galerie Sainte Catherine, Rodez, 2011.

Figures libres, Agence pop, Guyancourt, 2010.

 

Duran Alternatif, Galerie Foch, Rodez, 2010.

Pol/A, Label hypothèse, Paris, 2010.

Imminence de la Catastrophe, Espace Croix-Baragnon, Toulouse, 2010.

Hors les murs, le BBB, Toulouse, 2009.

Portrait de chaussure histoire de pied, commissaire Yves Sabourin, Bangkok, 2009.

On the road, musée PAB, Alès, 2007. Sneakers, galerie XPRMNTL, Toulouse, 2006.

 

RÉSIDENCES et ATELIERS

Ecritures de lumière, collège Jean-Amans, Pont de Salars, 2012.

Onirique bestiaire, Damiatte, 2012. La tambouille, Centre d’art La Cuisine, Nègrepelisse, 2011.

Start, Kawenga - territoires numériques, Montpellier, 2010.

La vitrine, Théâtre de l’Agora, Évry Courcouronnes, 2008.

Un trésor, mon trésor, Centre européen de Conques, 2008.

DIVERS Déviation, Brigade A4, Toulouse, 2012.

FIAC, Galerie Bertrand Grimont, Paris, 2010.

Installation pour les vitrines Lanvin, Paris, Tokyo, 2010.

Slick art fair, Galerie Bertrand Grimont, Paris, 2009.

Prix d’aide à la création DRAC, Toulouse, 2008.

Deuxième prix du concours mécénat organisé par la CCI de Toulouse, 2009.

 

  • Converses
    2007 Tirages à sublimation thermique, 15 x 30 x 30 cm
  • Diana
    2007 Tirages à sublimation thermique, 15 x 18 x 11 cm
  • Frigo
    2007 Tirages à sublimation thermique, 127 x 57 x 57 cm
  • Sans titre 3
    2001 Tirages à sublimation thermique, 60 x 50 x 7 cm
  • Sans titre 5
    2001 Coupures photographiques, 12 x 12 x 12 cm
  • café de la paix
  • Tee-shirts
  • la cuisine
  • Alfa Roméo

 

De natura rerumLa stéréophotographie est un précédé qui permet de créer l’illusion du relief en superposant deux photographies prises d’un même objet ou lieu, mais à partir de points de vue légèrement différents, recréant la distance entre les deux yeux. C’est de centaines de points de vue qu’à besoin Cyril Hatt pour recréer le relief sans passer par l’illusion d’optique.Si l’on y regarde de plus près, l’illusion ne tient pas : mobylette, voiture, appareils électroménagers, paires de chaussures et tous les objets qui voudront bien se laisser prendre aux ambiguïtés photographiques de Cyril Hatt, sont non pas des reconstitutions mais des fantômes. Creux, vides, hâtivement collés avec les moyens du bord, ce sont à plus d’un titre, des illusions. Illusion de l’image, illusion du relief, tentation illusoire de posséder le corps et l‘âme de l’image. Avec des moyens techniques sommaires (un appareil photo numérique, une imprimante basique, du papier de consommation courante) et une patience à toute épreuve, Cyril Hatt reconstitue, souvent dans l’à peu prés causé par le calage des images, ce qui est tombé devant son objectif. Objets courants, tentation moderne, outils obligés, tout y passe. Pour dire que tout objet (même de consommation) est illusion ? Il rejoindrait alors l’ordre symbolique de la nature morte des seizième et dix-septième siècle. Un monde silencieux, une vie en attente.Observation et patience lui permettent donc de reconstituer des formes humbles où usage et usure se rejoignent. Ici mobylettes, voitures, appareils électriques et outils ménagers, paires de chaussures ou appareils photographiques ne sont plus pris dans la mode ou la tentation. En les privant de leur séduction, en les remontant comme des puzzles, en fragilisant tout ce qui faisait leur valeur marchande, Cyril Hatt les fait passer en contrebande du côté de l’art. François Bazzoli