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La transformation des abattoirs de Toulouse construits au dix-neuvième siècle en Centre d’art moderne et contemporain requiert une analyse et une interprétation de cette architecture. La vacuité des espaces extérieurs contre la qualité de la composition La composition de 1827 de Urbain Vitry est typique de l’adaptation du plan basilical aux nouveaux programmes architecturaux du début du dix-neuvième siècle.. Les modèles d’inspiration de l’architecte issus de ses visites parisiennes et de la lecture des traités seront adaptés à la forme triangulaire du terrain, et réglés sur les proportions de la nef de l’église Saint Sernin de Toulouse pour laquelle, la même année, Virebent, l’architecte en chef de la ville, projetait un plan d’aménagement et de mise en valeur de son successeur U.Vitry repris la forme et les dimensions pour la figure des abattoirs. C’est donc la monumentalité, la simplicité du langage néoclassique, le rationalisme du plan, la symétrie, les rapport géométriques et la terminaison en hémicycle qui confèrent à ce batiment un haut niveau d’abstraction, supérieur à celui d’un édifice utilitaire classique.
La modification de l’image du lieu doit tout d’abord porter sur le changement d’ambiance et de qualité des espaces extérieurs. Nous proposons de les recadrer par un système de cours continues, ouvertes sur la ville, s’articulant ensemble autour d’un parcours scandé par des traitements de sol différenciés. Sur les Allées Charles de Fitte, une grande cour d’honneur dallée accueille le public. Cette cour pourra servir de support à des sculptures, qui, vues de la voie, annonceront le musée. Les entrées latérales sur la rue Charles Malpel, ponctuées par des chênes verts sur des tables de buis ouvriront ces cours aux habitants du futur quartier. Afin de s’inscrire dans la composition du bâtiment, toute nouvelle transformation nous paraît devoir restituer les volumes originaux de Vitry en rétablissant "à l’identique" la pavillon latéral manquant. Le changement d’image des abattoirs en musée ne pouvait pas, pour nous, porter sur le pavillon latéral ; au contraire, une écriture contemporaine à cet endroit ne pourrait que distraire des enjeux essentiels à cette mutation. Nous pensons que cette transformation doit s’appuyer sur une intervention par touches et exploiter, dans une relecture contemporaine, les qualités d’équilibre et de symétrie de l’ensemble. Par exemple, l’utilisation de grandes plaques de verre en double peau sur la fenêtre thermale de la grande nef constitue un des points de modification de l’image, sans altération de la forme de l’édifice. Pour le musée, nous avons cherché à donner au parcours du visiteur un déroulement qui va dans le sens de la composition de Vitry. L’espace d’accueil occupe les trois premières travées de la halle en s’ouvrant d’un côté sur la librairie du musée et de l’autre, en balcon, sur l’escalier palatial qui mène au hall de la salle de conférences et s’ouvre sur un haut volume qui va du sous-sol à la toiture. Cet espace d’accueil est surbaissé par la création d’un premier étage et, ce n’est qu’une fois passée la billetterie, que le visiteur découvre l’espace majeur de la grande hall dans toute son amplitude. Les traitements de plafond et de lumière de l’accueil préparent à cette découverte. |
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